J£A?« BAILLET
1477 à 1513 » cerlains articles qui seront baillez par ladite cour audit commissaire, » et leur déposition ou confession jointe au procez principal d*cntrc x> les parties, pour sur ce en ordonner ainsi qu'il appartiendra, despens » réservez en diffinitive. » Yoilk tout ce qu'on sait de ce procès ; comme les registres du Chapitre manquent pour ces anaées-là, sans qu'il en paroisse aucuns extraits sur cette matière, il n'y a pas lieu d'espérer de plus grands éclaircissements. Le procès ayant obligé Jean Baillet de rester a Paris durant Tannée 1479^ il n'est pas étonnant qu'on le voie h la rentrée du Parlement au 12 novembre : mais on peut être surpris qu'il ait fait un concordat avec le Chapitre de la cathédrale avant le gain de son procès. Ce traité est du 5 janvier i478, environ quatre mois après son entrée : il se transporta dans la salle du Chapitre, et y représenta que le revenu de l'évêché éloil beaucoup diminue par les dernières guerres du duc de Bourgogne feontre le roi de France ; que le château de Rogennes avoit été détruit, et quantité de maisons de cette terre réduites en cendres ou inhabitées; qu'il se trouvoit chargé d'une pension envers Enguerrand Signart,son prédécesseur; et il conclut à ce qu'on lui accordât diminution sur la somme de cent quatorze livres que l'évêché dcvoit annuellement au Chapitre. Les chanoines, dont les terres n'avoient pas été moins maltraitées, et qui connoissoienl qu'il y avoit déjà un terme de six mois échu a la fête de Noël, modérèrent celle somme à quatre-vingts livres par chaque année, pour six ans, avec la restriction qu'au cas qu'Enguerrand Signart vint a mourir avant les six ans, cette grâce n'auroit plus lieu. Il falloit que la somme de trente-quatre livres fût encore alors un objet considérable, puisque, pour en obtenir la remise, le prélat accorda aux chanoi-* nés des faveurs singulières (a). 1^ Que tous ceux d'entre eux qui avoieut des cures, ne seroient point tenus d'y résider, et ne paieroieut aucun droit de non résidence , mais qu'ils pourroient placer des vicaires pour gouverner ces paroisses, et que les officiers de l'évé-* que ne pourroient exiger de ces vicaires que cinq sols par an ^ chaque
(a] Ce ne dut pas être seulement à cause de Timportance de cette somme que l'évéque se montra si généreux , car au pouvoir actuel de Targent, ces 34 livres ne vaudraient pas plus de 178 francs. (;Y. d. E.)
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reDOuvellement d'approbation ; 2® que Tévéque visitant les cures dont les chanoines seroieni titulaires, n'exigeroit aucun droit de procuration, el que le Chapitre ne payeroit aucun droit pour héritages situés dans la censive et justice de Tévéque à Âppoigny. Ces clauses paroissent empruntées d'un autre traité dont j'ai parlé ci-dessus. Jean Baillei avoii exercé les pouvoirs spirituels de son ministère avant la contestation de Jacques Juin. Etant h Varzy le 19 décembre, il y accorda aux Dominicains d'Âuxerre des indulgences semblables à celles que ses trois prédécesseurs avoieut données pour la confrérie des Trépassés accréditée par les guerres. Jean Baillet, dans ces lettres, se qualifie évéque d'Auxerre Deiet sanetœ Sedis apostolicœ gratta; c'est le premier de nos évéques qui ait employé ce langage ; encore ne s*en servit-il que dans les actes latins. Le notaire qui dressa la transaction du 5 janvier suivant, continua toujours dans l'ancien style : « Révérend Père en » Dieu, parla permission divine évesque d'Âuxerre. »
Jean Baillet se fit rendre exactement les hommages dûs. Il s'en troave deux actes pour la terre de Toucy. Celui du i5 janvier i479 ou 1480 fut rendu par Antoine de Chabannes comte de DammarJn ; l'autre fut rendu le i5 août 1495, par Jean de Courtenay chevalier seigneur de Bléneau, au nom d'Haimar de Prié comte de Dammartin, et d'Âvoye de Chabanne son épouse. Il reçut en 1482 de Charles de Lamoignon, les hommages pour le fief de la Kivière; en 1484 celui de Château-Censoir et les dépendances (1), que lui rendit, à Yarzy, Jean de Ferrières chevalier seigneur de Champlenas et de Presle; en 1490 celni de la baronnie de Donzy, par Marie d'Albret, veuve de (Charles comte de Nevers, et celui de la terre de Beauche, par Jean duc de Brabant. Le Chapitre de la cathédrale , auquel il avoit accordé les privi léges dont je viens de parler, conclut par reconnoissance, le 20 février 1486, de le traiter sur l'article de ses redevances comme il avoit fait à Pierre de Longueil; ce qui revenoit à la modération qu'on lui avoit accordée au commencement de son épiscopat, et dont il continua de jouir comme d'une grâce singulière. Le prélat rendit a Téglise beaucoup
au delà des remises que le Chapitrelui avoit faites : on eut de lui de beaux
(1) Voy. les Preuves, à l'an 1484.
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U77ki5i3. ornemeDts et de magnîGques tapisseries (a); il contribua notablement pour achever le portail septentrional de la croisée de l'église, et pour avancer la tour méridionale du grand portail, qui est restée imparfaite (6) On voit ses armoiries en l'un et l'autre endroit. La communauté des habitants ne lui fut pas moins redevable : il empêcha, par le crédit de ses parents, que la donation du comté d'Âuxerre, faite en i490 par Charles VIII k Engilbert de Clèves, n'eût lieu, parce qu'elle éloit préjudiciable h leurs privilèges. Par le même moyen il affermit l'étendue du ressort de la juridiction du bailliage d'Auierre que plusieurs seigneurs contestoient. Il se soumit sans diflSculté à la rédaction de la coutume d'Auxerre en i 507. Crespin Prévôt, son officiai, y comparut au nom de Tévéque. Les habitants de Yarzy firent des remontrances sur leurs coutumes locales ordonnées par ses prédécesseurs ; Jean Baillet ne s'y opposa pas (1).
Il fut le premier qui rendit utile à l'église d'Âuxerre la nouvelle invention de l'imprimerie; il fit imprimer le Missel et le Bréviaire à l'usage du diocèse. L'édition du Missel ne marque ni l'année, ni le lieu de l'impression; mais elle peut avoir précédé l'an 1483, parce qu'on y trouve la fête de saint François élevée au degré des fêtes doubles, article statué dans le synode de cette année, où se publièrent des indulgences accordées par Sixte lY à ceux qui célèbreroient cette fête sous ce rit. Pour ce qui est du Bréviaire d'Âuxerre, il s'imprima à Cbablis en 1445; la fêle de saint François n'y est que par supplément» avec la remarque dont je viens de faire mention. On prétend que Jean Baillet ^ établit dans son diocèse la coutume de sonner le soir V/îngelus à l'heure
(1) Procés-yerbal.
(a) Ces tapiseries furent vendues/au milieu du dernier siècle, par le Chapitre à PHôtel-Dieu d'Auxerre qui les possède encore. Ces tissus sont aussi magniûques que le dit Tabbé Lebeuf, et représentent fort en détail l'histoire de saint Etienne. Deux morceaux ont été distraits de cet ensemble dans un temps déjà ancien, et après avoir passé en plusieurs mains sont maintenant à Paris. {N. d. E.)
{b) Les travaux de construction des tours du grand portail avaient recommencé en l'an IttOO. Le Chapitre s'était imposé du sixième de son revenu pour faire avancer l'œuvre.— Foy. Preuves, t. iv, n" 418.— On lit sur la cage de l'escalier de la tour du nord, h des hauteurs différentes, les dates de 152K, 1530. {N. d. E.)
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du ctiuvre-feu, et même le matin au point do jour, en assignant du ^477 ^ ^^,3 revenu pour cela, quoiqu'il 7 ait apparence que ces coutumes sonl plus anciennes. Du moins, il étendit cet usage et le fit pratiquer avec distinction la veille de la fête de TAnnonciaiion, à Theure à laquelle on croit pieusement que Fange Gabriel vint saluer la Sainte-Vierge. Il donna pour cela, en 1502, k la cathédrale, la terre de Cbivre proche Varzy, qui produisoit soixante livres de rente, ajoutant que ce revenu seroit aussi appliqué pour son anniversaire. Cette prière fut nommée le Missus ; c'est le premier mot du répons qui la commence ; elle fut depuis appelée Salui, et peut passer pour le premier des Saints fondés. Par la suite, on établit d'autres prières sur le même plan; elles eurent le même nom» quoique le motif qui faisoit agir Jean Baillet n'ait point lieu dans les autres fêtes. Ainsi, le Missus des matines du mercredi des qaatre-temps de TÂvent n'est pas ce dont il s'agit dans la fondation de Jean Baillet. Cette solennité pour la lecture de l'évangile Missus se pratiquoit dans la cathédrale d'Âuxerre, au moins dès le xiii* siècle (i), et la messe, célébrée ensuite par le prêtre qui a lu cet évangile, n'est que depuis l'an 16i9 (a). Les confréries se multipliant avec le temps, il s'en établit une h Auxerre, dans toutes les paroisses, en l'honneur de la Trinité. Hugues de Boulangiers, abbé de Saint-Père, fut le principal auteur de cette nouvelle dévotion. Il sollicita les statuts de la confrérie, et les fil rédiger et approuver par Jean Baillet, en 4501. Depuis ce temps les différentes révolutions avoient réduit cette confrérie à la seule église de Saint-Pierre-en-Château, première paroisse de la ville; et enfin, de nos jours, on en a vu la fin, quoiqu'elle ne fût composée que d'ecclésiastiques et surtout de curés de la ville et du voisinage. Jean Baillet contribua, autant que Pierre de Longueil, k faire revivre
(1) Sx 0Muar. xiij Sœc.
{a) Sous le gouYernement de Jean Baillet, le Chapitre cathédral obtint de Louis XI la confirmation de plusieurs privilèges. Ce prince lui accorda de ne plaider que devant les gens des Requêtes du Palais à Paris, s'il lui plaisait. 11 exempta ce corps du logement des gens de guerre dans les maisons du cloître (Trésor des Chartes, rcg. 212, n9 4i, an. 1484). (A', d. E,)