‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 24 sur 122 · JEAN BAILLET · texte numérisé non relu

JEAN BAILLET

dans le diocèse la mémoire des martyrs de TAuxerrois du temps d^Aurélien. On les coonoissoit sous le nom de saint Prix , et ses compagnons, sans faire beaucoup de mention de saint Col, qui s'étoit détaché de la troupe et emportant avec lui la tête de saint Prix, avoit élé martyrisé sur la route d'Auxerre à Cbalon. Ce saint n'étoit connu qu*à Saint-Bris, lieu de sa sépulture. Depuis la découverte de son corps par saint Didier, évéque d'Auxerre au vu® siècle, ses ossements ctoient restés dans un tombeau de pierre derrière le grand autel. Ils ne paroissoient point assez précieusement renfermés li quelques bourgeois de la ville de Saint-Bris, témoins de guérisons miraculeuses opérées par son intercession. Etienne Regnauldin, l'un des notables du lieu, supplia le prélat nouvellement venu de les tirer de ce tombeau et de les renfermer dans une châsse de bois doré. Il s'y rendit, le 19 novembre 1480, avec Hugues de Thiard, abbé de Saint-Germain, Jean Bourgeois, abbé de Saint-Marien, et Jean de Baugis, abbé de Saint-Père. Là , s*étant fait lire l'inscription ancienne qui étoit sur le mur voisin, conçue en ces termes gravés sur une pierre : « Hic requiescit sanctus Cottus« qui cum n capite sancti Prisci martyris suscepit martyrium » , il fit ouvrir le tombeau, et ramassa pieusement la tête (1) et le reste des ossements qu'il renferma dans la nouvelle châsse, en présence des trois abbés cidessus nommés, d'Etienne Naudet, chanoine de la cathédrale d'Auxerre et curé du lieu, Jean Odry, son officiai et d'Edme Boileau, aussi prêtres et chanoines d'Auxerre. Cela rendit le nom de saint Cot plus célèbre qu'il n'avoit été auparavant (2) et servit par occasion à étendre le coite de saint Prix et de ses autres compagnons.

Après la petite ville de Saint-Bris, il ne s'en trouve point où la présence et le nom de Jean Baillet ait paru avec tant d'éclat que dans celle de Gien. De nouveaux établissements y donnèrent occasion. Anne de France, sœur de Charles VIII, dame de cette ville, y fit deux fondations considérables. Elle y établit les Minimes, du vivant même de

(1) Par la vUite faite de ces ossements en 1731 , le t septembre , lorsqu'ils furent transférés dans une châsse nouvelle, il parut que M. Baillet s'éloit défié d'un ou deux ossements qui poorroienf avoir été glisses

dans le tombeau par quelques fentes « lesquels, certainement, ne provenoienl pas du même corps.

(â; BoXland ad 26 Maii.

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saint François-de-Paule , leur institutear, et quelques années après ^^^ ^ ^^^^ des religieuses de Sainte-Claire, sous la réforme de Sainte-Colette. L'évêque d'Âuxerre appelé en 1494, fit la dédicace de Téglise des Minimes, sons l'invocation de Sainte-Hélène, le 28 octobre. En 1497, il dédia une chapelle de leur cloître, sous l'invocation de sainte Suzanne. Quant à rétablissement des Clarisses, il n'y fut point sitôt parlé d'alise ni de dédicace. Mais cet évéque étant k Cosne, en 1500, y reçut les bnlles d'Alexandre VI concernant celte nouvelle maison , et il leur donna toute Tauthenticité nécessaire, en convoquant ceux qui y étoient intéressés. De la ville de Gien y assistèrent ceux qui portoient les procurations de la fondatrice et de Pierre de Bourbon, duc de Bourbonnois et d'Auvergne, son époux, les députés du Chapitre de la collégiale, avec les procureurs de Frère Louis d'Ârfueille, prieur , et de Jean Secretin, bachelier en décrets , curé de Gien-le-Yieil , comme parties qai dévoient connoitre de ce nouvel établissement (a). L'élise collégiale de Saint*Etienne, dont je viens de parler, fut également l'objet des attentions du nouvel évéque. Le projet de l'union de la cure de Gien-le-Yieil à ce Chapitre, étant resté sans exécution, parce que l'abbé de Saint-Benolt-sur-Loire avoit refusé d'y consentir, il y annexa celle de Saint-Laurent de la ville même, l'an 1485. Le b&timent de cette collégiale étoit devenu si caduc , par l'effet de son exposition et par vétusté, que l'on ne pouvoit plus y faire l'office, surtout pendant l'hiver. Les chanoines exposèrent en 1485, au pape Innocent YIII, le louable dessein que le roi Charles YIII et Anne sa sœur, dame de leur ville, avoient de la rebâtir à neuf. Ce pape accorda une espèce de jubilé pour les trois premiers jours de la Semaine-Sainte de Tannée 148G et des deux suivantes, afin d'engager les fidèles à y contribuer, les aumônes ayant cessé avec le jubilé, Jean Baillet y suppléa par les indulgences épiscopales, le 6 août 1486. Il annonce dans ses lettres, comme la bulle du pape le marquoit, que cette église étoit dépositaire du corps de sainte Félicule, vierge. Quoique la vieille église fût abattue avant

(a) En 1727, les Clarisses étaient au nombre de 40 religieuses; dont 14 sœurs converses. Elles avaient 3,400 liv. de revenu et estimaient ce qui leur manquait à 2,700 liv. — Areh. de V Yonne, i^ {N. d. E.)

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icn 1 1513. '^ ^° ^" ^î^^^ ^^ rebfttie au moins en partie par les soids de la princesse Anne, il ne paroît pas qa'il y ait eu de nouvelle dédicace ; l'évêque en auroit pu faire commodément la cérémonie, lorsqu'il visita ce Chapitre en i509 et qu'il y fit des règlements touchant les chapelains. L'audition des comptes des marguilliers de Gien-Ie-Vieil et du maitre de THôtel-Dieu de Gien^ lui avoit été contestée par le seigneur de la ville^ qui avoit appelé d'une sentence de l'archidiacre de Puisaye. Quoique ce seigneur fût en possession d'entendre ces comptes par ses officiers, le parlement jugea, le 5(1 juillet 1495, qu'ils dévoient être rendus pardevant l'évêque ou ses officiers et commis, en appelant toutefois les officiers de la juridiction temporelle du lieu pour y assister si bon leur sembloit. De son temps, la dispute se renouvela entre le chantre de Gosne et le Chapitre du même lieu ; mais le prélat ne semble pas s'y être beaucoup intéressé. On voit seulement qu'afift de favoriser les chanoines qui avoient fait un compromis entre les mains de Guillaume Ragoneau, archidiacre de Puisaye, et de Jean Odry, officiai, il rendit à Yarzy une ordonnance expresse le 5 octobre 1490, pour qu'on eût à les aider des titres et statuts de leur église qui restoient cachés. Ses armoiries sont placées en plusieurs endroits de la belle chapelle de Notre-Dame-de-Galie située au milieu de la même ville, savoir audessus du grand portail et à plusieurs vitrages ; cela porte à croire avec assez de fondement qu'il a contribué à la bâtir ; effectivement, Fédifice est dans le goût dont on b&tissoit alors. Le Chapitre de Saint-Caradea deDonzy, a sujet de se ressouvenir particulièrement de cet évêque. Le 29 septembre 1496, il y renouvella les anciens statuts et en ajouta de nouveaux. L'église collégiale de Sainte-Eugénie de Yarzy se trouve presque dans le même cas que la chapelle de Cosne dont je viens de parler. Ses armoiries, en différents endroits, marquent évidemment les biens et les augmentations qu'il y fit (a). On a déjk vu, par plusieurs

(a) Voici encore d'autres actes qui prouvent sa sollicitude pour cet établissement. En 1478, il unit au Chapitre la cure de Saint-Pierre-du-Mont et Marcilly. Six ans après, il lui donna le tiers des revenus de l'hôpital. En 1487, ce fut le tour de la cure de fircugnon. Le Pape Clément VIII confirma ces réunions en 1593. — Areh. de V Yonne, ?9l {N. d. E.)

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aetes, qae pendant les visites de son diocèse, il se retiroit quelquefois ^^^j ^ ^5,3 dans le château situé proche cette église* Le i 8 juillet 1495, il y confirma la fondation qui venoit d'être faite d*un autel de Saint-Edme, dans Téglise paroissiale de Saint-Pierre de la même ville, par Bernard Galloys, nouvellement décédé (i). On présume aussi qu'il a donné à Téglise de Sainte-Eugénie la portion considérable qu'on y voit du crftne de saint Cot, martyr. Exact, selon les devoirs, à visiter les cures de la campagne, il ne négligea point le droit de procuration attaché à cette visite; s'il s'en étoit déporté k Tégard des paroisses dont les curés étoient chanoines de la cathédrale, il n'en fit pas de même envers les cures dépendantes des abbayes. Il l'exigea du prieur de la Charité, pour les trois curés de la ville de ce nom, de ceux d'Andrie, de Gienle-Yieil, de Saint-Sauveur et de celui de Bonny, après une enquête du 6 janvier 1484 par laquelle il apparut que Pierre de Longueil en ayoît ainsi usé (2). En 1497, le 19 septembre, l'abbé de Saint-Laurent s'obligea, tant pour lui que pour ses successeurs, de payer à ce prélat et aux futurs évêques d'Âuxerre, quatre écus d'or, de trois ans en trois ans après la visite (5) ; ce qui semble n'être fondé que sur le droit de la procuration des cures dépendantes de cette abbaye, qui sont en assez grand nombre dans le diocèse. Une espèce de tribut, qui étoit plus rare, et qu'il aida à lever, fut celui que le concile de Pise, transféré k Lyon, imposa sur tout le clergé de France, pour la défense des églises du royaume et pour les frais même du concile. Jean Baillet se déclarant commissaire de ce concile, en .celte partie, nomma, par des lettres expresses du 11 août 1512, Robert Pourcin, chanoine de la cathédrale, et Guillaume Grail, archiprétre de Yarzy, pour avertir tous les bénéficiers de satisfaire à leur cote , sous peine de suspense avant la huitaine (4). Ainsi traitoit-on alors ces sortes d'affaires. Le diocèse n'y fut compris que pour deux mille quatre cents livres. Le pape chargea Tévéque d'une autre icommission moins désagréable que la précédente : ce fîit de recevoir le serment de fidélité de Claude de Barsey, abbé de

(I) Ex autour, apud D. leclerc. 1 (5) G. Viole in Baillet.

(i) Voy. les Preuves i Fan 1484. (4) Ex Litt. ms^ ^

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