FRANÇOIS DE DINTEVILLE II« DU NOM, XC1I« ÉVÊQUE D' AUXERRE
1530)1 1554, On sait déjà ce que François de Dinteville, second du nom, étoit à l'égard du premier qui a porté le même nom (1). Celui-ci l'avoit fait
(1 ) Voyez le commeDcement de TarUde précédent.
(a) On comprend Findigaation de labbé Lcbeuf contre Rabelais ; mais le curé de Meudon,' contemporain de l'évêque de Dinteville, devait savoir quelque chose de ce qu'il avançait. — Si Von pouvait regarder une note prise dans Punique compte de révèché que Foo possède et qui est de Tan 1517, comme venant à l'appui de cette pointe, nous rapporterions que Tévéque acheta alors douze muids de vin d'Irancj au ceUerier de Saint-Germain, et qu'il les fit conduire à sa maison de Paris avec 46 autres muids de vin dont la qualité n'est pas spécifiée. Et tandis qu'il payait le via d'Irancy 7 livres le muid, il achetait du vin de Varzy pour les redevances des semonces des chanoines. Il envoie aussi à Régennes 7 feuillettes de vin d'Auxerre et d'ïrancy. — Arch. de V Yonne, Pièces histor. {N, d. E.)
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chanoioe de la cathédrale d'Âuxerre , lorsqu'il n'étoit encore âgé que ^^ ^ ^^^^ de 22 ans, s'il est vrai, comme le P. Anselme Tiassure, qu'il fàt né le 26 juillet i 498. Il n'y a pas d'apparence qu'il eût alors fini ses études ; car l'auteur de sa vie qui nous apprend qu'il étoit fils de Gaucher de Dintéville, bailli de Troyes, et d*Anne du Plessis qu'il lui plaît d'appeler en latin a placida sede^ marque qu'après des études de grammaire dans la ville de Troyes, on l'envoya à Paris au collège de Navarre pour continuer ses classes ; qu'ensuite à Poitiers et à Padoue, il apprit le droit civil et canon, et que, retourné en France avec des témoignages de bonne conduite , il fut si bien venu auprès de Louise de Savoie, mère de Françj^is P', qu'elle le choisit pour son chapelain et son aumônier. Il possédoit, avec ce poste honorable, trois bénéfices, dont deux avoient déjà été tenus par son oncle, savoir: la cure de Ricey et le prieuré de Choisy. La princesse lui procura de plus la trésorerie de Poitiers, dignité très-considérable. L'évéché de Riez étant venu à vaquer en 1526, le roi l'y nomma. Le pape, qui vouloit en gratifier un autre, différa de confirmer cette nomination, mais le roi persista et écrivit au comte de Charny, son ambassadeur, de faire expédier des bulles pour François de Dinteville, trésorier de Poitiers. Il est resté une minute de lettre où le roi se plaint de ce que le pape alloit contre le concordat (1). François de Dinteville prit possession de l'évéché de Riez le 7 juillet i 527, suivant UD catalogue latin des évéques de ce siège, imprimé à Marseille en 1728. Cependant, les auteurs du nouveau Gallia Christiana écrivent que le 5 août de l'an 1527, il n'est qualifié qu'élu évéque de Riez. Quoiqu'il en soit, il n'étoit pas encore doyen d'Auxerre comme sembleroit l'insi. nuer le Gallia Christiana. Jean Sauljot, doyen de cette église, étant mort en 1528, il résolut, en acceptant ce bénéfice, de le desservir plutôt que l'évéché de Riez qu'il laissa administrer par des vicairesgénéraux , afin de rester auprès de son oncle , et de l'aider dans les fonctions pastorales en qualité de suffragant. Cela engagea l'oncle à se démettre entièrement de l'évéché en sa faveur quelque temps avant sa mort, et h lui résigner l'abbaye de Moniier-en-Der. A peine eut-il celle
(I) Cod. Bethun. Bibf. rcg. 8S65, fol. 8.
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1530 h 1554. abbaye, qu'il y fit venir de bons religieux pour la réformer. Mais comme le revenu en étoit considérable , les ennemis qui lui furent suscités Tobligèrent de s'en défaire après quelques années , et de la permuter pour celles de Moutier-Ramé et de Moutier-la-Gelle proche Troyes.
François deDinteville, après la mort de son oncle, resta peu k Auxerre. Le roi François I®^, connoissant la capacité et la probité du nouvel évêque (1), l'envoya k Rome vers Clément YII, en qualité d'ambassadeur, de sorte qu'il ne put faire son entrée solennelle qu'au retour de cette ambassade qui dura environ trois ans (2). Il ne partit cependant qu'au mois de juillet 1551, après avoir terminé une affaire où sa réputation avoit été intéressée (5). Mais quoiqu'il ne fût pas encore sur la route de Rome en 1550 au mois d'octobre , il étoit absent de son diocèse. Cela se prouve par deux commissions que Guillaume Chausson, vicairegénéral, donna k Philibert deBeaujeu, évêque de Bethléem» Tune, le 27 septembre, pour réconcilier l'église de Saint-Eusèbe d'Âuxerre pollue par effusion de sang (4), avec le pouvoir d'y conférer la prêtrise à deux diacres étrangers : l'autre, le 2 octobre, pour réconcilier le cimetière de l'église de Bréteau, qui avoit été pollue de la même manière (5). Il n'y avoit qu'un mois au plus qu'il étoit arrivé à Rome, lorsque sa ville
' épiscopale fut affligée de peste. L'évêque de Bethléem lui en donna avis
par une lettre du 14 septembre, et lui offrit ses services (6). François de Dinteville avoit mené avec lui, dans son ambassade, Pierre Chastelain, que quelques-uns appellent Castdlan ou du Châtel, en qualité de son homme de lettres (7), et il s'en servit pendant quelque temps. Oa peut voir dans les Mélanges historiques recueillis par Nicolas Camuzat^ chanoine de Troyes, et imprimé en 1609, de combien d'affaires différentes notre évêque fut chargé. Ce volume contient les lettres que le roi, les prélats et seigneurs, les ambassadeurs de Venise et de l'empereur lui écrivirent en 1551 et 1552, avec quelques-unes des réponses qu'i^ leur fit ou qu'il écrivit k d'autres. Il se trouvé de ces pièces k la Biblio-
(i) Il a cette qualité dans les registres du Vatican , au 4 mai 1550.
(2) Mém. de Gamuzal, part, ii, fol. 34.
(3) M* de M Dupay, coté 702.
(4) Ex veter. HanuaU Bretel
(5) làid.
. (6) Ex autographo.
(7) Bayles verbo Casteltan, ex vUà P. Catiellani per Gallandium.
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thèque du roi parmi les maDuscrits de Béthune. Le chanoine, aoteor de ^30 , 1554. sa Tie, fait valoir particulièrement le traité de mariage qu'il fit du danphin Henri, fils de François I^', avec Catherine de Médicis, nièce du pape ; et il ajoute cette circonstance honorable, qu'un jour comme notre prélat demandoit au pape le chapeau de cardinal pour quelques François, le pape, admirant son éloquence, sa modestie et sa candeur, loi dit, c qu'il lui convenoit bien plutôt de le demander pour lui-même c qui étoit connu, que pour des absents que Ton ne connoissoit pas; « à quoi il répondit : qu'il n'étoit pas venu pour ses propres afll^res, € mais pour celles de son prince ; qu'en qualité d'ambassadeur il ne c se regardoit pas comme personne privée, mais comme personne c publique, et qu'il n'ambitionnoit pour soi aucun des honneurs qu'il « demandoit pour les autres. » On peut compter parmi les négociations importantes qu'il eut k finir à Rome (I), la sécularisation de l'abbaye de Yézelay qu'il obtint sous prétexte qu'on alloit 7 ériger un évéché; l'exécution du concordat fait sous Léon X ; le renvoi de l'affaire du mariage du roi d'Angleterre Henri YHI hors de la cour de Rome (2); et la demande qu'il fut chaîné de faire au nom du roi, pour qu'il fût permis k Louis de Husson, évéquede Poitiers, sous-diacre (3), de se marier afin de soutenir sa famille. Parmi les minutes des lettres que le roi lui écrivit en 1531 (4), il y en a une écrite de la MeiUeraye, le 25 janvier, qui montre que cet évéque se comportoit k la cour de Rome en bon François, et qu'il étoit bien instruit jusqu'où s'étendent les pouvoirs de la puissance ecclésiastique. François I^' le loue d'avoir trouvé mauvais qu'on eût excommunié Jean, roi de Hongrie; et de ce que, sans l'avoir ouï ni donné audience k ses gens, il eût été en plein consistoire privé de son royaume» excommunié et chassé de l'église, c ce qui est, dit le roi, une injure et fortfait si grand et si éloigné de « raison, qu'il n'y a prince sous le ciel, de quelque qualité qu'il soit, c qui sçeut ne voulsist souffrir cela. )» Un an après, il reçut une lettre de H. de Montmorency, grand-maître, et de M. du Bellay, évéque de
(1) Mém. de Gamuzat, fol. 55. | (3) Gall. eh, nova in Ep. Pktav.
(2) Ibid. foi. 63 et 172. | (4) Cod. Beihun. 8616.