‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 30 sur 122 · FRANÇOIS DE DINTEVILLE II DU NOM · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE DINTEVILLE II DU NOM

1530 k 1554. BiiyoDne (1), OÙ on lui marquoit qu'il n^auroit pas dû laisser passer Tambassadeur de Ferdinand, roi des Romains avant lui, quoique le pape eûl commandé k cet ambassadeur de précéder celui de France. On y ajoute que c si le pape veut encore faire cette bonté au roy, il lui fera ressentir o de telle façon , qu'il connoitra qu'un pape n'est pour donner loix » ne faire bonté à un roy de France ; » mais qu'beureusement le roi n'a pas été informé de cet événement. Il y a apparence que ceâ dernières leitres ne furent point envoyées a François de Dinteville; dès le mois de janvier , le roi l'avoit rappelé , et avoit ordonné à deux cardinaux de rester à Rome en sa place. C'est ce qu'on apprend de la lettre que Clément VII écrivit de Roulogne à François I«^, le 8 février 1555 selon le calcul de Rome, et 1552 selon celui de France (2). Le pape y certifie au roi qu'il a toujours reconnu dans son ambassadeur qui retourne, un très-grand zèle pour le service de la France. Mais François de Dinteville avoit été desservi auprès du prince, ainsi que la suite le fera voir.

Son diocèse l'altendoit avec empressement. Les chanoines de la cathédrale ayant su qu'il devoit faire son entrée le dimanche quatrième mai (5), et qu'il apportoit un jubilé, remirent leur chapitre général au huitième du mois. Ils transférèrent pour la même raison la fête de sainte Hélène , qui alors se faisoit le 4 mai de rit double. Malheureusement personne n'écrivit les circonstances de cette entrée; on ne s'étoit pas trompé dans l'attente d*un jubilé. Le vendredi 50 mai, Louis Bride, chanoine, son secrétaire, apporta la bulle de ce jubilé (4) et d'autres indulgences qu'il avoit obtenues du pape, pour la veille et le jour de l'Assomption et qui dévoient durer ces deux jours pendant la vie de l'évéque ; des chanoines furent députés, au mois de janvier suivant, pour le remercier à Régennes. Il doit paroitre extraordinaire qu'on eût tant attendu. Hais certains Mémoires, restés autrefois dans le château de Yarzy, nous ont appris qu'il fut en difficulté avec le Chapitre, peu de temps après son arrivée , en ce qu'il voulut officier et qu'effectivement il officia sans

(1) Cod. Belhun. 9568, fol. 32. Lettres de Dieppe, du 17 janv. et 9 ter. 155â.

(i) Voy. les Preuves.

(4) Reg. Cap., 30 maii 1533 et ^'Sjannar,

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avoir de bulles. Cette difficulté terminée, il communiqua au Chapitre, irgoi 1554. le mois suivant , le dessein qu'il avoit de réparer ses maisons épiscopales, lani celle de Paris que celle d'Auxerre, et le château de Régennes ; il requit la compagnie, par l'organe de son secrétaire ci-dessus nommé, de le gratifier de quelques arpents de bois. Les chanoines lui accordèrent d'en faire couper trois dans leur forêt de Merry , en quel endroit il voudroit (1); et pour marque d'une paix entière, ils s'en rapportèrent k lui, après Pâques, sur les difficultés qu'ils avoienl avec le trésorier. Il en survint une assez nouvelle , lorsqu'il fallut donner un successeur à Jean le Roi, chantre, n'ort le 11 janvier 1554 (2). Il y eut dès le 5 février de si grandes difficultés sur l'élection du nouveau . * chantre, que le Chapitre résolut de les communiquer au prélat, et même à son conseil. L'embarras, venoitde ce que le roi, en vertu des induits à lui accordés par le pape , avoit nommé Jean Coqueré autrement dit Baron. Les droits de l'évéque et du Chapitre y étant lésés , on ne se pressa point d'entrer dans les vues du prince ; Tévéque en reçut une lettre de reproches , datée de Saint-Germain-en-Laye, le 26 février 4554. Il la communiqua au Chapitre le 10 mars. La compagnie en avoit reçu de pareilles qui tendoient k faire élire ce chanoine appelé Baron, en cas d'élection. Le lundi 5 avril, lendemain de la Quasimodo, indiqué pour l'élection, on conclut de remettre la nomination entre les mains de l'évéque, avec protestation de continuer dans le droit qu'on avoit d'élire, toutes les autres fois que le cas y écherroit. Tous les chanoines furent de cet avis, excepté Laureht Bretel qui crut qu'il valoit mieux renvoyer la nomination, pour cette fois, au cardinal-légat Antoine Duprat, archevêque de Sens. Il n'a pas été possible de découvrir quel train prit celte épineuse affaire, sinon que Jean Baron qui éloit vicairegénéral, et Louis Bride, avoient chacun des provisions, et que le premier permuta avec Ârnoul Gonthier, chanoine, «léjà pourvu de plusieurs antres bénéfices ; en vertu de quoi Ârnoul Gonthier fut reçu à la dignité de chantre, le 10 janvier 1555, nonobstant les oppositions de Pierre Magnen et d'Innocent le Caron, chanoines. Le nouvel évêque d'Auxerre différa beaucoup, et peut-être plus qu'aucun de ses prédécesseurs, à

(I) Reg, Cap., 23 /c-ôr. 1555. | {2, dcQ. 1531, 9 apr. et 15 maiû

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1580 k 1554. prêter le serment \k Tégiise de Sens ; encore n'alla-t-il pas en personne rendre ce devoir. II chargea de sa procuration Florent de la Barre, doyen, le même jour que Louis de Bourbon se fit recevoir à Sens, en place du cardinal Duprat, le 22 janvier 1535, suivant le calcul de France. Le doyen, délégué , se rendit à Sens , et fit la soumission au délégué de Tarcbevéque Tan 1536.

François de Dinteville tint ses synodes régulièrement , il y fit des statuts dont le recueil, publié sur la fin de ses jours, a. été très estimé ; il dressa des règlements, en particulier Tan 1536, pour la collégiale de Saint-Martin de Clamecy. La même année on imprima à Paris le Manuel des prêtres y selon Tusage de l'église d'Auxerre. Ce livre contient l'administration des sacrements qui sont de la compétence des prêtres, les bénédictions qui sont de leur ministère, la formule des inhumations et autres semblables usages des Chapitres ou des paroisses ; c'est la première édition de ce manuel (1). Ces sortes de livres ont aujourd'hui le nom de rituel. L'année suivante fut imprimé le processionnel ; on croit qu'il parut pour la première fois à une célèbre procession générale, qui se fit au commencement de mai par tout le clergé en chapes , le prélat à la tête. Dans la chaleur de ces éditions se fit celle du Missel d'Auxerre, la plus belle qu'on eût vue jusqu'alors : le calendrier contient des fêtes inconnues dans la cathédrale avant l'an 1535. On lit dans les registres du Chapitre, que le prélat en fit présent le 28 février 1538. 11 avoit établi dès l'an 1531 , lors de son ambassade à Rome , Filbert de Beaujeu, évêque de Bethléem, pour son sufiragant quant aux fonctions épiscopales. Cet évêque vice-gérant avoit visité les paroisses de la ville, et fait les ordinations suivant le besoin. On croit qu'il lui continua les mêmes pouvoirs depuis son retour de Rome, au moins pendant quelques années; cela est d'autant plus vraisemblable, qu'il fut obligé de faire plusieurs voyages, à l'occasion d'un bâtiment qu'il entreprit k Tonnerre, en 1535, et qu'il fut détourné de ses fonctions par une autre

(1) Il porte pour titre : Manuale seu O/JIeiarium êocerdolum secundum uium ecclesiœ cathedrali$ AntUsiodorensis. 11 sert merveilleasement à proaver combien on a innové dans le siècle dernier, sartont en fait

de suppressions de prières. Les éditeurs, par une fausse application de la langue grecque, changèrent alors l'ancien mot Autistiodorum en celui û^Antissiodorum,

QUATRE- VniGT-DODZIÈBIE ÉVÊQUB d'aUXEBRE. 125

affaire pios embarrassante; Use rétoh attirée en voulant ponir lui-même 1530 ^ 1554. un chasseur qu'il avoit trouvé dans ses forêts de Yarzj (a). L'année 1537 il fit commencer le pont de Régennes, et donna h son église cathédrale une conque marine très-précieuse, garnie d'un pied et d'un couvercle d'argent doré pour l'infusion de l'eau dans le calice, aux messes des grandes fêtes; elle a été conservée pendant un siècle entier. Le Chapitre qui attendoit de lui plusieurs autres dons plus considérables, ne refusa de son côté aucune des grâces qu'il demanda pour les chanoines dont la présence lui fut nécessaire. C'est ce que les curieux peuvent vérifier au sujet de Louis de Dinteville, d'Etienne le Muet, pénitencier et de Guillaume le Marchant , dans les années 1557 et i558 (1). Pendant cette dernière année il mit en règle quelques uns des vassaux de son église, savoir Anne d'Anjou , comtesse de Dammartin, pour la baronnie de Toucy, le 2 juillet (2), et Biaise de Lamoignon chevalier, pour le fief de la Rivière, le 5 décembre. Cette précaution lui parut d'autant plus nécessaire et avantageuse, qu'il prévoyoit devoir être éloigné pendant quelque temps de son diocèse.

On lit, dans l'histoire de France, qu'un seigneur Ferrarois nommé Sébastien de MontecucullOf fut condamné k mort par le conseil tenu \k Lyon, le 7 octobre 1556, pour avoir empoisonné le dauphin de Viennois, doc de Bretagne, fils aîné du roi, et avoir voulu attenter également k la vie du roi. Ce comte Sebastiano avoit quelquefois parlé à Guillaume de Dinteville sieur d'Ëschenetz, que le roi avoit envoyé en 1555 à laMirande en Italie, pour travaillera la conservation de cette place ; peut-être que le prélat, frère de Guillaume, durant son ambassade, avoit aussi connu Sebastiano. On sait seulement que Sebastiano déclara pour confident de son secret Guillaume de Dinteville , qui apparemment étoit encore en Italie. Mais quoiqu'on eût reconnu la fausseté de l'accusation intentée contre le frère de notre évêqne, et que

(I) neg. Capit.

(S) BI. Martineaa de Maire ni*a fait Toir, en 1735, l'original de Taveo de cetle comtesse, aa dos doqael sont les contredits de

révéque. Elle y fait aussi hommage de Fontaine, Molins, Dracy, Yillotte, Bazarneen-Yermenton, le Beagnon.

(a) On rapporte quUl avait fait pendre ce chasseur à un arbre. (N, d, E.)

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1580 k 1554. prêter le serment h Téglise de Sens ; encore n'a! rendre ce devoir. Il chargea de sa procuraiic» doyen, le même jonr que Louis de Bourbon s place du cardinal Duprat , le 22 janvier i ' France. Le doyen, délégué , se rendit a Sei délégué de l'archevêque l'an 1556.

François de Dinteville tint ses synodes statuts dont le recueil, publié sur la fin d< il dressa des règlements, en particulier V Saint-Martin de Clamecy. La même an nuel des prêtres , selon l'usage de l'é^ l'administration des sacrements qui s' les bénédictions qui sont de leur mii et autres semblables usages des C première édition de ce manuel (i).

le nom de rituel. L'année suivm croit qu'il parut pour la première qui se fit au commencement d prélat à la tête. Dans la chal« d'Âuxerre, la plus belle qu'on des fêles inconnues dans la les registres du Chapitre, qn 11 avoil établi dès l'an Ibo de Beaujeu, évêque de B< tiens épiscopales. Cet é\ la ville, et fait les ordin tinua les mêmes pouvoi quelques années ; cela de faire plusieurs vo^ Tonnerre, en 1535.

' Y fut bien l'ambassa-

«)va2fe de manière

api

. u roi, de crainte de l'onnul la vérité. Il fut avoit été favorablement prit aussi, avec le temps, . aussilôi après le départ de icniporel, ses meubles et ses .oiiiaux ; des commissaires avoient nu (le ses bénéfices (2). Pierre de reau, évêque de Lavaur, déclaré admi- , expédia en celte qualité des provisions .Miieville, rappelé par ordre du roi, revint il 1542. Il se rendit d'abord en Cham- .\es de Moulier-la-Celle et Moutier-Ramé. . j%aur ne vouloil point lui rendre la jouîs- .«^^ ni ces deux abbayes, a moins qu'il ne ^.iccJa-Celle, il fit,à Joinville, le 26 juin, une «1^ notaires, contre cet évêque, par continua-

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^ft eu roi â ] (2) Reg. Capit. 1561, in Rccept. ^larlini

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[r>) Reg.Cap.Voï^, 15H.

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