‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 36 sur 122 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Des deux évéqoes d'Auxerre tirés de la maison de Lenoncourt. ROBERT DE LENONCOURT, XCIIIÉVÊQUE D'AUXERRE.

La vacance du siège épiscopal d'Auxerre ayant commencé à la fin ^^ ^ ^^' de septembre 4554, le Chapitre qui a de droit l'administration du

(1) Voy- les Preuves des lib. de lEg^l. gaU. p. 16 3 et 164.

(a) Le fait dont parle Lebeaf est probablement relatif à un nommé Thomas Godon, qui est mentionné dans les pièces d'un procès entre M. de Dinteville et Té- Yéque de Lavaur. (H^ Dupuy, Bibl. nat.) Ce Godon était un garde-chasse que M. de Dinteville avait fait inhumainement crucifier, pour avoir vendu à son insu quelques oiseaux de fauconnerie. (Ste-Palaye, Mém. histor. sur la chasse note 5.) L'évéque veut que les lettres qu'on lui a accordées soient de déclaration et non d'abolition ; ce mot est trop mal sonnant pour sa dignité, et il se plaint de l'évéquc de Lavaur dans celte affaire.

— C'est sous répiscopat des évêques du nom de Dinteville que furent reconstruites un grand nombre d'églises des paroisses du diocèse. Les grands travaux de la cathédrale avaient amené dans le pays des maitres-des-iBuvres, des sculpteurs^ des maçons, qui répandirent leurs œuvres de tous côtés. On remarque surtout au sudouest d'Auxerre une suite d'églises qui semblent coulées dans le même moule, à la richesse près. C'est le style ogival flamboyant complet. Les dais, les clochetons, les feaiUages contournés, les moulures prismatiques annoncent la première moitié du xvi« siècle, en même temps que la décadence et la fin de ce style d'architecture qui devait fleurir avec le moyen-âge et mourir avec lui.

Nous citerons quelques-uns de ces édifices : le sanctuaire et le chœur de Saint- Easèbe d'Auxerre (1530); la tour de Saint-Père de la même ville (fondée en 1536); Chevannes, Ouannes, Molême, Thury (riche portail de 1521, dont le marché est aux Preuves, t. iv); Lainsecq, Perreuse, Sainte-Colombe, Etais, Treigny (surnommée la cathédrale de la Puisaye), ete. Dans le Nivernais, Surgy, Colmery (1536); Saissy-leS'Bois (1548) Cier, Bitry, Dampierre, Cosne, etc. {N. d. E.)

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1554 h 1560. temporel et du spirituel (a) , aussitôt après la mort de l'évéque^ créa des officiers (!)• Les archidiacres soutinrent que c'éloit à eux ^ instituer des officiaux chacun dans leur détroit; cependant le Chapitre nomma, en attendant, pour officiai principal , Àlmaric de Talon, chanoine, et le doyen Florent de la Barre, qui en avoit alors un pour la banlieue d'Auxerre, se choisit Germain de Gharmoy. La régie du temporel de Tévêché ne se passa point si tranquillement, non plus que la collation des prébendes. On essaya d'introduire pour le roi, dans l'église d'Auxerre, le droit de régale, dont Philippe-Auguste Tavoit affranchie ; ce qui lui avoit été tant de fois confirmé, et nouyellement encore par un arrêt du parlement du 23 mars 1515. Le Ghapitre se donna tous les mouvements nécessaires pour soutenir le droit ecclésiastique ; il employa même le crédit du cardinal de Plaisance, légat en France ; et le parlement, informé de la possession du Ghapitre d'Auxerre, ne tarda pas à l'y maintenir par un nouvel arrêt (2). Deux contendants se disputèrent une prébende de la cathédrale : Tun nommé Jean Sonnoys étoit aux droits de Michel l'Enfant , secrétaire du roi, pourvu par Henri II en 1554, et l'autre nommé Jacques Boucher, pourvu par le Ghapitre , le parlement adjugea la prébende à ce dernier, le 23 mars 1559 avant Pâques (3). Deux évéques in partibus suppléèrent aux fonctions du ministère épiscopal, sayoir : Filbert de Beaujeu, évêque de Bethléem,

(1) Aeff. Ocip., âSsep ,2ctôoct. I lô) Regiit parlam. Reg. Cap.^t 1554, 2 i

(4) Beg, Cap., 24 avril 1556. I nov.; 1 déc. 155G, juin 5, 12 et 25.

(a) Pendant la Yacance du siège épiscopal, le Ghapitre prit des décisions sur divers objets qui sont devenus des faits historiques.

Le 11 mai Itftftf, on permet la publication des indulgences des moines de Morigny dont le monastère venait d'être ruiné, ainsi que cette ville. Les chanoines de Térouanne obtiennent la même faveur ; mais les quêteurs ultramontains sont repoussés par ordre formel du roi^ à moins que les bulles qui les autorisent ne soient visées à Paris.

La peste sévissait à l'hôpital de la Madeleine au mois de juin ItfKtf . Le Ghapitre décide que, pour empêcher autant qu'il est en son pouvoir aux pauvres et aux malades de vaguer dans les rues, il donnera 100 sous par semaine d'aumône. — Le chapelain de Vhôpital s'étant enfui, il en nomma un autre.

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