‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 73 sur 122 · M. DE LA TOUR-DU-PIN , ARCHEVÊQUE DE TROTES · texte numérisé non relu

M. DE LA TOUR-DU-PIN , ARCHEVÊQUE DE TROTES

im à 1807. dÎQ&i honorer les travaux apostoliques du digne vieaire de M. de Cicé, son zèle et son dévouement pour la foi pendant la terrible époque qu'on venait de traverser. Il continua, comme nous le verrons, d^exercer les pouvoirs d'administrateur de cette partie de l'ancien diocèse d'Âuxerre sous les successeurs de M. de la Tour-du-Pin.

Les mandements épiscopaux de ce temps révèlent l'état déplorable dans lequel était l'Église de France. M* de la Tour-^u-Pin , pour en préparer le remède, autant qu'il était en son pouvoir, établit un séminaire dans sa ville épiscopale de Troyes, pour l'entretien duquel il convia les fidèles par son mandement du 5 mai i804. Les départements chargés par la loi de contribuer k Tentretien de la cathédrale et de l'évéché (1) ne faisaient rien alors pour cette institution. Cependant, à partir de 1806 et pendant tout le temps de l'empire, le conseiU général de l'Yonne « convaincu des heureux effets que produira la » renaissance de la religion > lui accorda annuellement 2,400 fr. (2). Chaque année les mandements se renouvelèrent pour recommander le séminaire qui reçut quarante jeunes gens la première année* Hais qu'était ce chiffre en face des trois cents paroisses dépourvues de pasteurs !

La mort vint surprendre M. de la Tour-du-Pin au milieu de ses travaux et arrêta ses projets. Un mandement des chanoines et Chapitre de Troyes pour l'administration du diocèse, le siège épiscopal vacant, l'annonça aux fidèles. Le prélat avait succombé le 28 novembre i807. Les chanoines faisaient dans cette pièce le panégyrique, de M. de la Tour-du-Pin, qu'on appelait le saint archevêqtie.

Les édifices les plus importants du diocèse; comme l'ancienne cathédrale d'Auxerre, commencent en 1806 h attirer l'intérêt du conseilgénéral du département. On n'avait fait aucune réparation dans ce vaisseau pendant la révolution de sorte qu'il était dans un état déplorable. Le conseil accorda 6,000 fr. en 1806, «regrettant, par des motifs d'économie, de ne pouvoir faire davantage pour ce précieux

(1) Depuis l'an x jusqu'à 1820, le déparlement de l'Yonne contribua pour des sommes notables à l'entretien de la cathédrale de Troyes et du palais épiscopal.

(2) Procès-verbaux du conseil général.

M. DE BOULLOGffE, ÉTÊQCE DE TROYES. 597

monnment» dit M. Olivier Chardon, secrétaire de rassemblée. Chaque isoâ à laor. année on fit des instances auprès du gouvernement en faveur de cette basilique, mais sans succès.

L^église Saint-Germain de la même ville, ce vénérable monument qui renferme les tombeaux des saints du diocèse, après avoir été condamnée à la démolition, y échappa, et, sur une réclamation del'évêqueetdes habitants catholiques de la ville, fut conservée pour servir d'oratoire (l).

Pendant que le pape rétablissait pleinement son autorité sur l'Église de France, les débris des jansénistes essayèrent de se reconstituer. Mais comme leur nombre avait sensiblement diminué ils ne formèrent plus qn^une petite église. La ville d*Auxerre en posséda une chapelle dont les rares sectateurs passèrent presque inaperçus jusqu'à nous.

M. J.-B. Villetard, ancien chanoine de la cathédrale, qui avait survécu aux orages révolutionnaires, en était le représentant. Au moment de sa mort , en 1805, il était en train de rétablir les écoles de Saint-Charles, fondées par M. de Caylus et que la révolution avait fermées. Il transmit ce devoir, par son testament, à M. Boui^in Fainé et k trois autres personnes honorables d'Auxerre, en même temps que la dotation importante attachée k ces écoles qui existent encore aujourd'hui (2).

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