‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 72 sur 122 · M. DE LA TOUR-DU-PIN, ARCHEVÊQUE-ÈVÊQUE DE TROYES ET D'AUXERRE · texte numérisé non relu

M. DE LA TOUR-DU-PIN, ARCHEVÊQUE-ÈVÊQUE DE TROYES ET D'AUXERRE

1803 à 1807. M^ (Je la Tour-du-Pin (Louis-Apollinaire), ancien évêque de Nancjft pais archevêque d'Auch , né en 1744, avait donné sa démission en 1801 , sur rinvitation du souverain-pontife. Il succéda à M. de Noé dans le siège de Troyes, fut nommé le 1®' octobre 1802 et prit possession le 6 février suivant. Il prenait le titre d'archevêque-évêque de Troyes et d'Auxerre.

M. Leduc, nommé vicaire général du diocèse de Troyes par Tarehevêque de Paris, métropolitain, continua quelque temps encore après la promotion de M. de la Tour-du-Pin , et à cause de son absence, à exercer les pouvoirs épiscopaux.

Cependant le nouveau prélat parvint enfin, après quelques difficultés administratives , à organiser le personnel de son clergé dans le département et il annonça sa visite pour le 12 floréal an xi (2 mai 1803}. Le préfet en en prévenant les sous-préfets de Sens et de Joignyleur écrivait : c Je vous recommande de lui rendre et de lui faire rendre, par > les maires des principales villes où passera Tévêque , tous les hon- » neurs qui lui sont dus. A Auxerre , tout est disposé pour faire, à ce » prélat respectable, la réception la plus honorable. >

Il y avait longtemps qu'on n'avait entendu rien de semblable. M. de la Bergerie, empressé de se conformer aux dispositions du gouvernement, s'était mis à Tunisson du nouveau langage officiel.

Lorsque M. de la Tour-du-Pin arriva à Auxerre , il y tut-, en effet ^ accueilli avec beaucoup d'empressement. Sa présence était un gage da rétablissement complet du culte. Le 5 prairial (25 mai), les curésdesservants réunis dans la grande salle de la préfecture prêtèrent devant le préfet le serment prescrit. Ce magistrat leur adressa ensuite une allo-

ARGHBVÊQUE DB TROTES. 595

CQtion j OÙ après avoir tracé le tableau des malhears qu'ils venaient de i^ ^ i^, traverser, des persécutions qu'ils avaient éprouvées, il les invita k Toubli, k la charité et à la paix. Il r^e dans toute cette pièce un air de respect pour la religion et pour ses ministres, un ton de vérité et d'élévation remarquable. On y trouve ces passages :

a Le département de TYonne est signalé par le gouvernement

> comme un de ceux où le schisme a disparu, où toutes les dissidences » d'opinions sont fondues et se rattachent au concordat, où règne entre

> les ministres du culte, les magistrats et les administrés, une harmonie » parfaite.

» Faites donc tous vos efforts, MM. les curés, dans vos communes » respectives, pour concourir k l'exécution des lois et des mesures du

> gouvernement, pour reconnaître les bienfaits que vous devez, avec la » France, au héros qui a donné la paix au continent ; etc. »

Quelques jours auparavant le prélat recommanda k son clei^é et aux fidèles une nouvelle institution due k M. de la Bergerie, celle d'une caisse de secours pour les incendiés. Déjk en 1790, M. de Loménie avait proposé aux administrateurs du département d'étendre cet établie sèment k tout le ressort, tel qu'il existait dans son ancien diocèse.

H. de la Tour-du-Pin, entreprit de réaliser l'œuvre réparatrice k peine ébauchée par M. de Noé. Le prélat rendit, le 1®' août 1805, une ordonnance pour le rétablissement de la discipline ecclésiastique. Il y révoqua les pouvoirs extraordinaires qui avaient été accordés k cause de la diificulté des temps et prescrivit instamment aux desservants de se rendre dans leurs paroisses et d'y résider. Il recommanda k son clergé la prudence et la modération, le soin de l'instruction des pauvres et des domestiques et donna des règlements sur les cérémonies du mariage, l'administration des fabriques, etc.

II y interdit expressément aux laïques de remplir les fonctions sacerdotales dans les paroisses où il n'y avait pas encore de curés « k cause du » petit nombre de prêtres dont on peut disposer ; d il déclare que c'est la, non un culte, mais un simulacre de culte religieux et un grave abus.

L'arrondissemept d'Âuxerre forma alors un vaste doyenné lequel fut dévolu k M. Viart, qui avait été nommé curé d'Âuxerre. On voulut

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