‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 85 sur 122 · SGOLASTIQUES DE L'ÉGLISE D'AUXERRE, DITS DEPUIS PÉNITENCIERS · texte numérisé non relu

SGOLASTIQUES DE L'ÉGLISE D'AUXERRE, DITS DEPUIS PÉNITENCIERS

Le scolastique ou écolâtre dans les églises cathédrales, étoit le maître des écoles du clergé, autrement dit précepteur. Quoiqu'il y en eût dès le temps de la première race de nos rois» ces maîtres ne devinrent dignes d'une plus grande considération, qu'après que Charlemagne eut établi les écoles dans les monastères mômes. Pour lors celles d'Auxerre devinrent des plus célèbres, à cause de l'émulation qui se forma entre les maîtres de Tabbaye de Saint-Germain et ceux de la cathédrale. Saint Héribald, évoque sous Louis-le-Débonnaire, fit venir à Âuxerre da savants qu'il appela de tous côtés. Gharles-le-Chauve envoya au monastère de Saint-Germain son fils Lothaire pour y être élevé sous U discipline du savant Héric. Hugues de Yermandois, fils d'Héribert, comte ^'Aquitaine, fut pareillement envoyé dans le siècle suivant aux écoles de l'église d'Auxerre, et il y demeura plusieurs années (1). Le scolastique d'Auxerre fut choisi sur la fin du x® siècle parmi les plus savants hommes pour défendre la cause d'Arnoul, archevêque de Rheims, et même toujours nommé le premier avant les abbés qu'on lui associa. Dans lo temps que les évêques cessèrent d'enseigner par eux-mêmes on de veiller en personne sur leurs écoles, l'archidiacre fut celui sur lequel ils se reposèrent : d'où lui vint la nomination de l'office d'écolâtre oa de précepteur, et celle du lecteur dont les fonctions avoient aussi du rapport avec rinstruction de la jeunesse. Lorsque 1<; revenu en fut diminaé, personne ne l'acceptant plus, l'évéque de Seignelay la dota de nouveau ver» l'an 1210, s'en retenant la nomination. Gui de Mello lui attacha en 1249 la fonction de chapelain de l'évéque, et lui donna dix livres de revenu sur l'église de Betry, proche Vermenton. Gomme parmi ces fonctions étoient celles qui regardent la pénitence et les pénitents , ce fat de h que se forma peu à peu le nom de pénitencier, qui éclipsa celui de

;r Flodoard, Ub. 8. c. 20.

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âcolastiqne, d'autant plus facilement que les fonctions du tribunal étoient plus fréquentes que celKîs de la présidence aux écoles. L'évéque Erard de Lesignes ajouta encore dix livres de revenu k l'écolàtrerie vers Fan 1275. Pierre de Bellepercfae y réunit en 1507 la chapelle de Saint-Germain. Jusqu'alors le nom de pénitencier n'étoit pas d'usage dans les titres. Il ne fut introduit que dans ceux par lesquels une des cures du diocèse fut unie à ce bénéfice. Les évéques se sont réservé la collation de cette dignité, dont la place dans le chœur est auprès de Tarchidiacre de Puisaye.

ÂLAGus est le premier maitre de relise d'Âuxerre qui soit connu depuis le rétablissement des écoles fait au ix® siècle. Il vivoit en 875 et 880 : ce fut lui qui, avec le chanoine Rainogala et le moine Héric, rédigea en m corps les gestes des évéques d'Âuxerre jusqu'à son temps. Il mourut le onzième jour de janvier où le plus ancien Nécrologe annonce ainsi sa mort : c Obiit Âlagus Magistcr. x>

Voici ceux qu'on peut placer après lui, tirés du même Nécrologe :

Arnaud. Il est annoncé dans le Nécrologe au 16 janvier en ces termes : <x Obiit Ârnaldus Diaconus et Magister. »

ÂDELBAUD est daus le même livre au 5 octobre avec cette annonce : <i Obiit Àdelbaldus sacerdos et Magister hujus ecclesiae. >

Jean, scolastique et maitre de l'église d'Âuxerre, fut le premier des trois défenseurs d'Ârnoul de Rheims, dont il est fait mention aux conciles de Saint-Basle et d'Orléans, et dans Flodoard en son Histoire de Rheims ; il vivoit en 990. Il ne se trouve pas marqué en qualité de maitre ou de scolastique dans le Nécrologe du onzième siècle d'où je puise les autres, parce qu'il fut fait évéque d'Âuxerre l'an 995 et qu'il s'y trouve en cette qualité.

Odon ou Eudes est qualifié précepteur dans le Nécrologe, ce qui est équivalent au titre de maitre. On y lit au 16 août: « Ipsa die OdoPrae- » ceptor S.-Stcpbani praesentem finivit vitam. »

GiRBEBT paroit être le plus nouveau des maîtres auxerrois marqués dans le Nécrologe primitif. Son article au 4 mai est conçu en ces termes : a Eodem die Girbertns levita et preceptor et abbas S.-Eusebii n corpus tumulo, animamque reddidit Chrislo. » En ces temps-là

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c'étoit un chanoine de la cathédrale qui éloit abbé de Saint-Eusèbe. Hugues éloit précepteur dans le Chapitre d'Âuierre Fan 1100 , sousrévéqueHnmbaud, suivant la matricule des chanoines dressée en ce temps-lii (1).

GisLEBERT étoit daus le clergé d'Auxerre dès Tan 1110, suivant mi acte de l'abbaye de Fleury. On infère qu'il fut naaltre des écoles, de la qualité de magister qui lui est toujours attribuée, et de ce qu*oo(re sa science parfaite dans l'Ecriture sainte, ses autres connoissances Idi firent donner le surnom d'Universalts. Il avoit aussi été trésorier de Nevers, selon un Nécrologe de cette église. Il fut élu évéque de Londres en 1127. Il y a apparence que ce fut pendant qu'il brilloit k Âuxerre, que saint Thomas de Cantorbéry y fit quelques études de droit, comme Jean de Sarisbéry Ta écrit dansla vie de cet archevêque. Il estau Nécrologe par addition au 12 août.

Gomme il est très-certain qu'il y avoit longtemps que l'écolâtrerie étoit vacante lorsque Guillaume de Seignelay fut fait évéque au commencement du xiu® siècle , de Ik vient qu'on ne trouve point de titalaire dans les chartes du xii® siècle.

HuMBAUD Bastonnier paroii être le premier qui fit revivre le titre de scolastique, lorsque le revenu en eut été augmenté vers l'an 1210. Son obii est marqué le 8 février dans TObituaire de 1250. Il y est qualifié diacre et dit avoir donné une^ maison : a Ob. Humbaadi » Bastonarii, hujus ecclesie scolastici et lévite. »

Mathieu de Migny vivoit en 1256, auquel an le Chapitre lui vendit k vie une maison qui venoit de feu Jacques, chantre d'Ânxerre (2). Il n'étoit aussi que diacre. Il mourut le 28 décembre. Son obit est ainsi annoncé dans l'Obituaire de 1250 : a Ob. Matthei scolastice et lévite, D qui dédit nobis vineam suam de Moreto (5) , et prata sua de » Culliaco. »

Etienne de Mfiz, chanoine et scolastique d'Anxerre, est connu par le testament de Garnier de Saint-Renobert (4), aussi chanoine de la

(1) Voy, Preuves, n. 17. j (3; Moretum, Morot, près Auxerre et Curly.

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