‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 88 sur 122 · GANONICAT DE LA MAISON DE CHASTELLUX DANS L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

GANONICAT DE LA MAISON DE CHASTELLUX DANS L'ÉGLISE

DAUXERRE.

La singularité du canonicat de Téglise d'Âuxerre, attaché depuis trois cents ans à la maison de Chastellux, m'engage à en dire quelque chose à la fin de ce volume, quoique ce ne soit pas un bénéfice ecclésiastique. Les chanoines d'Auxerre, par reconnoissance de ce que Claude de Chastellux, maréchal de France , leur avoit restitué gratuitement la ville de Crçvan dans le temps des guerres des Ânglois (1), crurent lui devoir accorder le droit de se placer au chœur parmi eux, en habit partie militaire, partie ecclésiastique, et d'y avoir les distributions qui s'y feroieni : de sorte que, depuis ce temps-là, celui de ses descendants qui possède la terre de Chaslellux (2) s'étant présenté en Chapitre et y ayant prêté serment de défendre les droits, terres et possessions des chanoines, se revêt ensuite des habits dont je viens de parler ; et étant boité, éperonné, couvert d'un surplis, le baudrier avec Tépée par dessus, ganté

(1) Voy. les Preuves, t. iv, an i423. i paroisse esl du titre de saint Germain, éré-

(2) Cette terre est au diocèse d'Autun, à que d'Auxerre. trois lieues d'Ayallon, du côté du midi. La i

DANS l'église d*auxerre. 499

des deux mains, opol sur le bras gauche une aumusse, et sur le poing un oiseau de proie, tenant de la main droite un chapeau bordé, couvert de plume blanche, est conduit depuis la grande porte du chœur et installé dans les hautes chaires du côté droit, où il reste pendant ToiTice. LMncomroodité de cet habit fait que le possesseur du cânonicat n'assiste pas souvent au chœur; et comme sa prébende n'est point à la collation de l'Ordinaire, mais héréditaire dans la maison de Ghaslellux, il s'écoule souvent plusieurs années, sans qu'elle soit remplie. Ainsi, lorsque dans la famille du possesseur de la seigneurie de Ghaslellux, les aines étoient occupés à l'armée ou ailleurs, la prébende restoit vacante jusqu'à ce que la suite des temps pût déterminer quelqu'un à venir en prendre possession. Voilà pourquoi depuis trois siècles qu'elle est créée, celui qui en jouit aujourd'hui n'est que le huitième du nom. Il semble au reste que ce qui fut prescrit pour le cérémoniel des sieurs de Ghaslellux n'étoit qu'une imitation de ce que praliquoit déjà le trésorier de Téglise d*Âuxerre (1) , comme un vestige du privilège dont jouissoient les anciens protecteurs des biens du Ghapitre. Il falloit même que cela (ût alors assez commun dans les cathédrales, puisque dans plusieurs sialuls on trouvoit quelque chose de semblable à ce qui se lit dans ceux Ju Ghapitre de Toul, de 1491, en ces termes : « Nobiles scutiferi et mi- » lites, specialiter hujus ecclesie vassalli cum inirant chorum, admitti » debent poriare calcaria et arma, et collocantur inter archidiaconos et 9 canonicos, quia defensores sunt ecclesie pro debito sue nobilitatis. » Et si eo tempore intraverint quo fit disiributio... oflerri débet eis gra- » tuita portio juxta discretionem officiarii. » La place de M. de Ghastellux, dans le chœur de Saint-Etienne d'Âuxerre, est entre la stalle du pénitencier et celle du sous-chantre. Outre le Glossaire de Ducange, au mot Cananicus^ on peut voir, sur le droit de MM. de Ghastellux, les Mercures des années 1683, 1701 septembre, 1752 juin,, 1758 mars et avril.

(1) Voy. Preuves, no 354.

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