LECTEURS DE L'ËGLISE D'AUXERRE
A considérer le nom de lecteur ou litre dans la simplicité de son origine, cette fonction seroit aussi ancienne, dans l'église d'Auxerre, que Test celle d'archidiacre, puisque si saint Corcodome, diacre, compagnon de saint Pèlerin, put être regardé comme archidiacre; saint ïovinien, h plus forte raison, qui étoit de la même compagnie, dut être considéré comme lecteur dont il portoit le titre. Depuis l'établissement régulier de l'office divin, en même temps qu'il y eut un ou plusieurs chantres préposés pour conduire le chant, il y eut aussi un ecclésiastique constitué pour marquer ce qui devoit être lu aux assemblées des fidèles, soit k la messe, soit à l'office de la nuit. Cet ecclésiastique, chaîné de la garde des actes des martyrs, des bibles et des livres d'homélies, devoit montrer à chacun ce qu'il avoit a lire, et souvent lire luimême le premier, comme les deux chantres principaux dévoient inculquer le chant aux psalmistes et aux enfants. Ses fonctions lui assurèrent encore davantage le nom de lecteur, lorsque les biens de l'église furent augmentés. Car ce fut pareillement sous sa garde qu'elle en remit les
tiires ; de sorte que c'éloit lui qui en donnoil communication dans le besoin, qui rédigeoit les nouveaux et qui les écrivoit. De là vint sa dépendance de l'archidiacre qui étoit comme Tintendanl du temporel de la mense épiscopale (1). Cet office étoil''à sa nomination encore au commencement du xiu® siècle; mais comme personne ne vouloit l'accepter, Tévéque Guillaume de Seignelay lui annexa une demi-prébende et s'en retint la collation. A mesure que les biens augmentèrent dans les derniers siècles, il se trouva soulagé par ceux qui en gardèrent les nouveaux titres, et l'invention de l'impression ayant rendu les livres communs, les fonctions du lecteur devinrent inutiles. De manière qu'il ne conserve qu'un reste de celles qui sont attribuées ailleurs aux chanceliers, comme de dresser la table des officiants et autres. Les anciens lecteurs "du xi^ et xii® siècle prenoient quelquefois le titre de chancelier. La place du lecteur est dans le côté septentrional du chœur, proche la tribune où se chantoient les épitres et leçons , en mémoire de quoi il a encore en ce lieu un pupitre, de même que le chantre et le sous-chantre en ont chacun un à l'angle opposé et du côté du sanctuaire , où primitivement le chant' de la messe s'exécutoit.
Saint Jovinien, lecteur de l'église de Rome, le devint de celle d'Âuxerre, en accompagnant saint Pèlerin qui vint la fonder au lu^ siècle.
Les lecteurs sont inconnus depuis lui jusqu'environ le xi® siècle, auquel il faut placer ceux que l'on trouve dans le Nécrologe écrit alors.
Jean vécut avant le xii^ siècle, paraissant être des premiers ajoutés au Nécrologe dont on vient de parler, en ces termes, au 21 juillet : Obiit J6hanne$ lemta et canonicuSf lectorutnque magisUr.
Rodolphe écrivit vers l'an 1076 un titre qui regarde la fondation du Chajïiire de Clamecy, rapporté dans les Preuves, n. 14, et prend le titre de chancelier.
Bladim paroit être plus nouveau que Jean et avoir vécu avant ceux
(2) Gloss, Cangii, voce Notarii abbatnm.
DE l'église d'adxerre. 489
qui suivent. Il se trouve dans le Nécrologe susdit. On y lit eu second lieu, au 25 août : Ipsa diê obiit Bladinus lector et canonicus.
JoNAS, lecteur, est nommé comme témoin dans la donation que l'évéque Hugues de Montaigu fit, en 1 1 25, de Téglise d'Augy aux chanoines de Saint-Père d'Auxerre (1); au lieu que dans la charte par laquelle Tévêque et le Chapitre confirment, en 1120, une donation faite à Tabbaje de Ponligny par Etienne, trésorier, il est qualifié chancelier. Ce qui prouve que les deux titres étoient arbitraires. Voyez encore Preuves, n. 14.
Ildebert fut présent , en qualité de chancelier, quand Tévèque Humbau<baccorda, l'an 1110, les seigneurs de Toucy avec Tabbé de Fleury.
Hugues souscrivit, vers Pan 1158, avec Tévéque d'Auxerre, Hugues de Màcon , à la ratification que fit Gervais, abbé de Saint-Germain , d'un échange entre les clercs de Saint-Florentin et les religieux de Pontigny. Les additions k l'ancien Nécrologe se contentent de marquer an 8 juillet : € Obiit Hugo lector; » mais TObiluaire de 1250 marque, au même jour, qu'il avoit donné aux chanoines trois arpents de vignes 60 Montdefois, m Monte defenso, et un bâtiment de pierre situé devant l'église, camerœn lapideam ante ecclesiam nostram, laquelle étoit alors occupée par maître Anselme. Un titre de Moléme de l'an 1 157, un autre de Clamecy de 1145 , Preuves, n. 55 , et d'autres , n~ 45 et 49 , le qualifient de chancelier. Saint Bernard, écrivant, en 1155, au pape Eugène HI sur l'élection de l'évéque Alain, lui donne le même titre et le met dans le rang des prêtres. Il vivoit encore en 1159.
Pierre Sevenet. Ce lecteur est connu par le Nécrologe de Tan 1250, où il est de la première main, au 29 août, en ces termes : « Ob. Pétri » Seneveti lévite et lectoris hujus ecclesie» lx s. super domum suam > sitam ante ecclesiam B. Marie in civitate, quam propriis sumptibus B edificavit et nobis dédit. » Je ne puis guère le placer qu'ici, le reste du siècle et la moitié de l'autre étant remplis par les suivants.
Robert Abolant fut un lecteur très-célèbre qui mit à profit le dépôt
i) Voy Preuves, n© i2.
des archives naissantes du Chapilre, dont il éioit chargé* Il composa la Chronique d'Auxerre qu'il acheva à l'abbaye de Saint-Marien, Ordre de Prémontré, où il se fit religieux sur la fin de ses jours. Voyez son testament qui est fort curieux (i). Il avoit fait écrire des volumes de vie des saints, dont il en reste un à l'abbaye de Saint-Germain (2). Son anniversaire est au 21 février dans l'Obi tuaire de 12^0, en ces termes : « Ob. magistri Roberti Abolant canonici et presbyteri c. soi. etc., > et fl est un de ceux qui n'ont point été compris dans la réduction. Il étoit du clergé de la cathédrale, au moins dès l'an 1180. (3).
A.«...* Ce lecteur d'Auxerre, dont nous n'avons que la lettre initiale du nom, n'est connu que par une lettre tirée d'un manuscrit de l'abbaye de Preuilly, au diocèse de Sens (4). Il y paroit comme délégué du cardinal Octavien avec Arnaud de Saint-Père d'Auxerre, dans des poursuites touchant les dettes d'un curé de La Celle qui s'étoit fait moine à Barbeau. Il a dû occuper le lectorat d'Auxerre entre l'an 1205 que Robert Abolant le quitta, et l'an 1225 ou environ qu'Arnaud n'étoii plus abbé de Saint-Père (a). Ce fut à lui, en sa qualité de chancelier, ou au suivant, que le pape Innocent III adressa, aussi bien qu'à l'archidiacre, un rcscrit en faveur de son légat, contre le grand archidiacre de Chartres qui avoit disposé d'un bénéfice de sa dépendance, quoique avant la vacance ce légat s'en fût réservé la disposition.
Brice, lecteur d'Auxerre, est qualifié procureur du Chapitre d'Auxerre, dans une sentence de Renaud» officiai de l'évéque, eo 1221 (5).
Robert de Dijon doit avoir ici sa place, parce que TObituaire de l'an 1250, marque sa mort. On y lit au 1<»' juillet: Ob. Roberti de
(1) Voy. Preuves, n^lOO. i (3j Voy, Preuves, n» 72.
(S) Celui ob sont les légendes de mai, I (4) T. i, The$, anêcd., p. 775. juin, juillet et août. I (5) Cartul, Capit., fol. 321.
(a) Il faut placer entre ces deux dates un maître Hervé de Gien, qui porte le titre de lecteur d'Auxerre sur son sceau appendu à une charte de Tabbaye Saint- Marien, de Tan 1223. -* Arch. de l'Yonne. Saint-Georges. [N. d. £.)
DE l'église d'auxerre. 491
Dwione cananici et lectoris. Il avoit légué à Tégiise deox pièces de vigne du côté du pont.
Guillaume li Boez ou Boerius^ lecteur, fut fait arbitre, en 1241, avec Hugues, prieur de Saint-Germain, touchant le différent qui éloit entre les chanoines d'Âuxerre et la même abbaye, au sujet des chanoines tortriers, et ils prononcèrent leur sentence en 1242. Il vivoit encore en 1250, selon une note de TObituaire au 21 mai. Il paroit qu'il mourut l'année suivante , puisque son obit fût ajouté alors à celui du 20 janvier, en ces termes : « Item ob* Guillelmi Boêriî lectoris canonici et sacer- » dotis.
Jean le Roux, qui étoit chanoine dès Tan 1245 , selon un acte d*ar« bitrageconcernantrabbaye de Saint-Germain, et qui étoit sous-chantre, en 1251 , fut par la suite revêtu de la qualité de lecteur ou litre. Il fut délégué sous ce titre, en 1260 et 1263, pour juger le procès de Jean, abbé de Saint-Germain, et Milon, de Saint-Florentin, touchant les coûtâmes de Villiers- Vineux. Je trouve, dans un Obituaire d'environ ce temps-là, qu^il occupa au cloitre la maison d'Etienne de Lésignes, qu 'avoit tenu en 1250 Henri Cornut, archidiacre de Chartres. Son obit est, par addition, dans ce même volume à la fin de février (1). Il falloit que ce Jean le Roux fut considéré par Jean de Ghanlay, évéque du Mans, puisqu'il donna, au Chapitre de Notre- Dame-de-la-Cité, une rente sur un pré de la rivière de Beauche , pour la fondation de son anniversaire.
Henri de Vézelai, personnage illustre, qui fut aussi trésorier de Téglise de Laon. Gui de Mello, évéque d'Âuxerre, le choisit, en 1265, pour l'un des exécuteurs de son testament. Saint Louis, roi de France, dont il éloit un des chapelains (2), lui fit le même honneur à Tégard du sien, l'an 1269. Un titre du vendredi d'après l'Epiphanie 1282, le suppose mort chanoine et lecteur d'Âuxerre. C'est un bail fait de quelques vignes du territoire d'Âccolai, a que fuerunt bone memorie defuncti » magistri Henrici de Yezeliaco quondam Àutiss. canonici et lectoris, > que ad ipsum magistrum Henricum devenerant ratione excasure. »
(1) Ex NecroL B M, in Civ. \ 2) Duchénc, t v, pag. UO.
Guillaume le Bret» lecteur, n'esl connu que par les addilious faites aux Obituaires sur la fin du xiii® siècle. Dans Tune de ces additions, on lit au 20 octobre : « Obitus magistri Guillelmi le Bret qnondam lecn toris et presbyteri ; » et dans l'autre, au même jour : « Item ob. n magistri Guillelmi de Diseia lectoris ecclesie Âutiss. et sacerdotis. »
Guillaume, surnommé en latin CtUini, est connu comme lecteur de l'église d'Auxerre par deux actes du Gartulairc du Chapitre, Tun de l'an 1500, où il paroit avec Hugues de Herment, en qualité d'exécuteur du testament de Vincent de Méve ; l'autre, de 1504, est un accord du Chapitre avec les habitants de Chichery, fait par Tévêque Pierre de Mornai, dont il est dit témoin : € G. Catini lector. Vers le même temps, il fut l'un des arbitres sur le différend entre Gilles, abbé de Saint- Père et les paroissiens , touchant les réparations de leur église. Il est encore désigné en sa qualité de. lecteur, en 1509, dans des lettres de Tévéque Pierre des Grez (1).
Félix de Goudun, qui n'est qualifié que de chanoine-prétre dans les partitions de 1511 (2), paroit en qualité de lecteur dans l'acte dq 25 juin 1515, qui regardoil la confraternité du Chapitre d'Auxerre avec celai de Saint-Martin de Tours (5). Il futaussi l'un des chanoines qui visitèrent, l'an 1520,1a châsse de saint Âmatre dans la cathédrale (4). En 1524, ce chanoine-lecieur légua, par testament, à l'Hôtel-Dieu de la cathédrale, tous ses livres , au nombre de seize ou dix-sept volumes , ii condition que Gilles de Paisy, son neveu, ecclésiastique, en auroit l'usage sa vie durant (5). Coudun, dont ce lecteur tiroit son surnom, est un village du diocèse de Beauvais, peu éloigné de Compiègne.
Pierre le Blanc , appelé Petrus AWi dans les titres latins. Il est qualifié professeur ès-lois, clerc du roi et lecteur d'Auxerre , dans l'acte qui le députa pour aller demander, en 1525, k Charles-le-Bel, la permission d'élire un évêque, après la mort de Pierre des Grez. Il prend les mêmes qualités, ec 1528, dans la quittance qu'il donne au Cha-
(I) Voy. Preuves, n© ibQ. I (4) Voy, Preuves, n*- i67.
(i) Voy. Preuves, n® 260. ^5) Voy. Preuves, n* 27i.
3) Voy. Preuves, n" 263.
DE l'église d'auxerrb. 495
pitre d'Auxerre , de douze livres qu'il lui avoil payées sur les meubles de Guillaume de Lésignes, cbaDoine, sou ancien débiteur.
Pierre de Dicy, chanoine et lecteur, fonda, en 1540, son anniversaire (1). Il obtint en même temps, à cause de ses fréquentes infirmités, d'être tenu présent à matines , le reste de sa vie , les jours qu'il seroit à Auxerre. De son temps, en 1556, il fut conclu qu'on feroit un recueil de toutes les chartes et titres. V. Preuves , n. 286. Il y a apparence que ce lecteur donna tous ses soins à la confection de ce Cartulaire, parce que comme on lisoit autrefois dans la préface , cela épargnoit au lecteur la peine de recourir aux originaux en y trouvant la copie des actes. Il fonda la chapellenie de Saint-Jacques-le-Majeur, Saint-Michel etSaint-Eloi, auprès de laquelle il est inhumé et où on lisoit autrefois sur sa tombe ce qui suit : « Hic jacet discretus vir
> Petrus de Diciaco quondam Autiss. canonicus et lecior, qui fundavit » hoc altare in honore Dei et V. M. et Jacobi apostoli, Michaëlis
> archangeli, et sancli Eligii conf. ; obiitautem anno domini MGCG- 9 LVIII die XII mensis maii. » Gette chapelle est celle qu'on appelle aujourd'hui le nouvel autel de saint Michel, proche la porte méridionale de la croisée, au-dessus duquel sont représentés, dans le vitrage, les trois saints nommés dans l'épitaphe, et Pierre de Dici à genoux en soutane violette. Saint Eloi est aussi peint k fresque sur le mur voisin avec une mitre h l'antique.
Bernard de Pierre-Late, en Dauphiné, ou de Pierre Laye, près Pontoise (2) , étoit chanoine et lecteur d'Auxerre , au moins dès l'an 1569, mais il ne résidoit pas, sa prébende et sa lectorie étant dans le rang des bénéfices forains (5). On trouve, dans le testament d'Audoin Albert, cardinal, fait k Avignon, en 1565, ce même Bernard avec le titre de chanoine de Limoges. Il possédoit encore, en 1585, la lectorie, selon une quittance des décimes apostoliques de cette année. Il fonda son anniversaire qui se trouve marqué en février dans les anciens comptes.
(1) Cartul Capit . fol. 363. l (4) Comput. hor. annor.
(2) {DeLatapetra}. \
Jean Camuset étoit lecteur en i395^ mais il résidoit à la cour de Rome. Il donna, en 1598, des ornements à Notre-Dame-des-Verlas. On lui fit grâce, en 1599, d'une partie du stage. Il rédigea son testament le 16 septembre i400. On y lit qu'il fut curé de Golanges*les- Yineuses et que sa famille éloii d'Âuxerre, de la paroisse Notre-Damela-d'Hors. Il mourut au mois d'octobre ou de novembre suivant.
Jean de Marat, chanoine dès le 17 mai 1400, fut installé k la lectorie, en personne, le l^*" juin 1401. Il est aussi qualifié trésorier de Notre-Dame-de-la-Ci(é, en février 1401. On conclut de son temps de faire deux sceaux (1), Tun qui seroit de forme ronde pour les actes judiciaires et lettres clauses, qu'il devoit garder par devers soi, juxta fundattonem et consuetudinem suibeneficiiy et l'autre pour les contrats qui devoit rester au trésor.
Guillaume le Bègue ou Blesi^ chanoine depuis l'an 1401 , quitta la sous-chanlrerie qu'il avoit tenue pendant cinq ans, et fut reçu k la lectorie le 2 mai 1415, en vertu de lettres du cardinal de Bar, évéque de Porto (2). Le Chapitre fit de son temps une déclaration des charges du lecteur. On croit qu'il mourut en janvier 1425; au moins il est qualifié défunt, le 20 de ce mois, lorsqu'il s'agit de la vente de sa maison.
Simon Beghu, du diocèse de Troyes, qui avoit été reçu chanoine le 17 septembre 1417, non sans peine, parce qu'on le croyoit serf, eut la lectorie par grâce apostolique et y fut admis le 25 janvier 1423. Il céda, le 8 novembre 1424, sa maison canoniale à M. de Chastellux, qui en cherchoit une à acheter. Il étoit économe du temporel de l'évêché, sede vacante, le 11 mars 1428. Il quitta la lectorie pour devenir sous-chantre à la mort d'Etienne Moron, arrivée le 10 octobre
Jean Vimont fut reçu lecteur entre la Sainte-Luce 1429 et le l^'^mai 1450 (5). Il jouissoit de ce personnal en 1459 et même en 1448 (4).
{i) Regist. Capi t., A mai 1A09. 1 [Tt] Compot.
(2) 9 octobre 1410. | (4 Ibid.
DE L*ÉGLISC d'aUXERRE. 495
Il vWoit encore en 1458. On croit qae ce ne fut qu'après sa mort qu'il eut un successeur.
Jean Cboin n'est connu comme lecteur que par les provisions de son successeur. Il y a quelque preuve qu'il étoii lecteur en 1458. Les registres marquent, au 15 avril 1460, que ce Jean Choin donna cent livres pour faire des orgues.
Etienne Naudet, chanoine dès Tan 1457, permuta avec Jean Choin, en 1461, son canonicat de Notre*Dame-de*la-Gité, pour le personnat de lecteur dont Tévéque lui fit expédier les provisions à Varzy, et fut installé le 16 octobre. Il exerça l'office de secrétaire des conclusions capitnlaires, depuis l'an 1456, au moins, jusqu'à Tan 1475. Il fnt élu gouverneur ecclésiastique de l'Hôtel-de-Ville, en 1480. Son testament du 25 janvier 1491, nous apprend qu'il étoit curé de Chasnay. Voyezen ci-dessous quelques particularités (1). Il vécut vraisemblablement encore quelques années depuis la date de cet acte, puisqu'on ne trouve de réception de lecteur que six ans après. Il fut inhumé au mois d'octobre, au bas des degrés du grand portail.
Guillaume Rousseau fut reçu à une prébende canoniale et au lectprat, en 1497, et mourut en 1500.
Pierre Obbe ne fut lecteur guère plus de temps. Un compte de 1505 le suppose mort.
HicmsL LE Caron, chanoine dès l'an 1495, n'est connu en qualité de lecteur que depuis l'an 1505. Il est présent, en 1515, à la conclusion sur l'élection de Tévêque. Pendant la peste de l'été 1515, le député pour l'élection du chantre le trouva retiré dans sa maison des Chasnées qu'il avoit fait bâtir. Il étoit natif d'une paroisse voisine de
(1) Etienne Naudet veut qu'autour de son corps « p«r quatuor pueros thnrihula tene-
> anturin quibus fùmus thuris semper ema-
> neat et appareat durante suo servitio.»
Il lègue 15 sols aux Jacobins, autant aux Cordeliers « proviso quod quilibet conven- » tus tenebitur decantare ante ostium suc » habitation is vigilias defunctorum ad no-
» vem lectiones, proutconsuelum est.
» Ordinat quod dicu die sui obitus pre- » sentetur omnibus personis .. ad offerto- » rium ire volentibus nnum parvum dena- » rium secundum consuetudinem in dicu » dicta Eccl. et civitate Autiss. observari so- » litam. »
Clermont en Beauvoisis, appelée Noiotel. Eianl expert dans la médecine, il fut appelé à Auxerre dans un temps de peste et établi médecin de la ville. Il fut depuis l'un des médecins du roi Charles VIII. Etant chanoine, il fit construire, dans la calhédrale, l'image d'Eccehomo derrière Tauiel de la comtesse, et Tarcade qui est au-dessus, où Ton voit ses armes et son emblème : largesse en vertu. Par son lestament, il voulut être inhumé proche cette image; il demanda qu'on augmentât la fête de saint Cyr et de sainte Julite , et que leur châsse fût descendue la veille. Il donna à Téglise de Saint-Bris pour enchâsser en argent le chef de saint Col ; ordonna de garnir une salle séparée k Thôieldieu, pour le temps de peste, et rebâtit plusieurs chambres de la léproserie de Saint-Siméon. On lisoil autrefois sur sa tombe les vers suivants :
Siste gradus qni curris et hoc mirare cadaver , Tertia cui cursu parta corona fuit.
Gonsilii medicesque mihi decrevit honorem, Tum spes GaUiœ, timor Karolus Italise; At tibi si medici superest cura ulla sepuUiy Ut mentis curet vulnera, posce Dcum (1).
Il étoit mort le 15 mai de Tan 1528.
Guillaume Chausson, né à Chablis, fut pourvu de la lectorerie par Tévéque le 14 mai 1528 et mis en place le i5. Il fut vicaire-général de celui qui administroit févêché d'Âuxerre pendant la résidence de François de Dinteville en Italie. Il mourut en 1548.
Nicolas Davt succéda au précédent. On le trouve qualifié lecteur dans le registre de 1550. Il est aussi mommé parmi les chanoines présents, en 15G1, à la rédaction de la coutume d*Auxerre. Il mourut durant l'été 1565.
Gaspard Damy Tainé, natif de Châlons-sur-Marne, officiai de Tévéque, fut pourvu le 14 septembre 1565 et reçu le 22 octobre. Il s'en démit en 1566, et Gaspard Damy le jeune, clerc de la même ville de Châlons, fut pourvu par M. de Macheco, vicaire-général.
(1) IViin manuscrit de Bureteau, célestin de Sens, en la bîbl. du Chap. de Sens
DE l'église d'auxerre. 497
Gaspard Damt le jeune prit possession par procareor le 2 décembre 1566, et jouit de ce personnat jusqu'à sa mort arrivée le 20 décembre 1614. Il fut aussi curé de Lindry.
François Pelle, prêtre du diocèse d'Angers et déjà chanoine, fut reçu le 42 janvier 1615, mais il ne posséda ce titre que durant quelques mois, étant mort le 6 avril suivant. Il avoit été secrétaire de M. de Donadieu, cvéque. ^
Charles Thiot, prêtre romain, venu d'Italie avec le cardinal de Lenoncourt, prit possession du lectorat le 15 avril 1615, et mourut Iel0*mar8l621.
Germain Bardolat, prêtre du diocèse d*Âuxerre, fut reçu le 20 mars 1621. Il quitta, en 1649, et se fit chanoine régulier en l'abbaye de Saint-Père (a).
Laurent Odinet^ prêtre auxerrois, fut fait lecteur le 18 mai 1650/ Il fut vice-gérant en Tofficialité sous> l'épiscopat de M. de Broc, et promoteur sous Nicolas Golbert, son successeur.
Edme Odinet commença à posséder la lectorie, le 14 juillet 1682.
Jean Marie, natif d*Auxerre, docteur de la maison et société de Sorbonne, a exercé le lectorat depuis le 1^' mars 1686 jusqu'au mois d'août 1696.
Guillaume de la Chasse, reçu chanoine en 1681, fut installé au ' lectorat le 7 septembre 1696. Il a conservé ce personnat jusqu'à son décès arrivé le 16 avril 1725.
Dominique le Clerc, chanoine depuis l'an 1715, a été installé lecteur le 9 mai 1725. * Il est mort en fonctions en 1755.
* Nicolas Crétbé prêtre du diocèse d'Âuxerre, fut pourvu dn lectorat par lettres de l'évêque du 51 décembre 1755, et installé le 14 mai
(a) Il est auteur d'un recueil manuscrit contenant les faits intéressants qui se sont passés dans l'église d'Auxerre, depuis 1626 à 1648.— Voy. ci-dessus, note À , p. 216.— Archives de ITonne. (JV. d. E.)
498 GANONICAT DE LA MAISON DE CHASTBLLUX
suivant. Â sa mort an mois de novembre 1759, M. Vieil fat ch<argc du leclorat jusqu'à une nouvelle nomination.
*M. Vaultier, pourvu du lectorat, fut installé le 22 décembre 1 769. Il donna sa démission en 1787 pour devenir chantre.
* Joseph-Marie Closet, prêtre du diocèse de Rouen, chanoine d'Yvctot, pourvu du lectorat le 14 juin 1787. Il étoit aussi officiai et vicairegénéral de l'évéque M. de Cicé, et fit en cette qualité une translation de reliques dans Tabbaye des Islos, le 27 octobre 1789. (Procès -verbal de la petite châsse de saint Just à la cathérale). ^