RIQUET A LA HOUPPE. 46J
Mais vous aurez beau (es avoir, Pour votre avancement ce seront choses vaines, Si vous n'avez, pour les faire valoir, Ou des parrains, ou des marraines.
MQUET A LA HOUPPE.
11 était une fois une reine qui accoucha d'un fils si laid et si mal fait, qu'on douta longtemps s'il avait forme humaine. Une fée, qui se trouva a sa naissance, assura qu v il ne laisserait pas d'être aimable,. parce qu'il aurait beaucoup d'esprit : elle ajouta môme qu'il pourrait, en vertu du don qu'elle venait de lui faire, donner autant d'esprit qu'il en aurait à la personne qu'il aimerait le mieux.
Tout cela consola un peu la pauvre reine , qui était bien affligée d'avoir mis au monde un si vilain marmot. 11 est vrai que cet enfant ne commença pas plutôt à parler, qu'il disait mille jolies choses, et qu'il avait dans ses actions je ne sais quoi de si spirituel, qu'on en était charmé. J'oubliais de dire qu'il vint au monde avec une petite houppe ile cheveux sur la tôte , ce qui fit qu'on le nomma Riquet à la Houppe , car Riquet était le nom de sa famille.
Au bout de sept ou huit ans, là reine d'un royaume voisin accoucha de deux filles. La première qui vint au monde était plus belle que le jour; la reine en fut si aise, qu'on appréhenda que la trop grande joie qu'elle en avait ne lui fit mal. La môme fée qui avait assisté à la naissance du petit Riquet à la Houppe était présente , et, pour modérer la joie de la reine, elle lui déclara que cette petite princesse n'aurait point d'esprit , et qu'elle serait aussi stupide qu'elle était belle. Cela mortifia beaucoup la reine ; mais elle eut , quelques moments après , un bien plus grand chagrin;, car la seconde fille dont elle accoucha se trouva extrêmement laide. c< Ne vous affligez pas tant , madame , lui dit la fééi