‹ Mémoires, contes et autres uvres de Charles PerraultChapitre 25 sur 102 · LIVRE · texte numérisé non relu

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gent et un marteau de fer poli , avec un manche de bois violet, tourné aussi fort proprement.

M. Colbert, suivi et accompagné de MM. les officiers des bâtiments, se rendit dans le milieu de la fondation, où étaient les entrepreneurs et le sieur Yiliedot, maître des œuvres. M. Colbert tenait la toise, qu'il me donna à tenir ensuite, les entrepreneurs la truelle , l'auge et les pinces , et le maître des œuvres tenait le marteau. Le journal de M. de Ghantelou porte que le cavalier Bernin tenait la truelle. Le roi vint, suivi de plusieurs seigneurs de la cour. Quand Sa Majesté fut arrivée , l'un des entrepreneurs donna la truelle à M. le surintendant : il la présenta au roi , qui prit du mortier dans l'auge, et le mit dans l'endroit où se devait poser la première pierre. Les entrepreneurs l'ayant placée sur le mortier, le marteau fut présenté au roi par le sieur Yiiledot, et Sa Majesté en frappa deux ou trois coups sur la pierre.

La médaille et l'inscription furent aussi présentées à Sa Majesté, qui, après les avoir regardées, les mit dans le creux de la pierre faite exprès , sur laquelle la seconde pierre fut mise. Après quoi Sa Majesté se retira , et ordonna qu'on donnât cent pistoles aux ouvriers, pour boire.

Des trompettes, que l'on avait fait venir sur le bord de la fondation, jouèrent des fanfares, comme ils avaient fait à l'arrivée de Sa Majesté. Le surintendant et les officiers des bâtiments accompagnèrent le roi jusqu'à la sortie de l'atelier, à la réserve du contrôleur et du premier commis du surintendant, qui demeurèrent sur le lieu , et qui n'en sortirent point qu'elles ne fussent recouvertes suffisamment pour ne pas appréhender qu'on vînt la nuit enlever la médaille.

L'inscription française, mise dans les fondations du Louvre, sur une grande plaque d'or, portait ces paroles :

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