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conversation a été fort diverse. Madame d'Hoiuîeior m'a demandé du bout de la table où en était ma bouteille. Je lui ai répondu qu'elle devait le savoir mieux que moi. On a trouvé que je n'étais pas trop malheureux de boire de bon vin , et d'enivrer ma voisine. Et puis on a parlé nouvelles. On a dit que le roi de Portugal introduisait le jansénisme dens ses États ; cela m'a déplu. J'ai dit que, religion pour religion, quand un monarque faisait tant que d'en adopter une, il valait mieux la choisir plaisante et gaie que triste et maussade; que la mélancolie religieuse inclinait au fanatisme et à Tintolérance, et madame d'Épinay me faisait des yeux ; et à la ûh quand j'ai eu tout dit, j'ai compris que je désobligeais madame d'Esclavelles, sa mère, qui est janséniste jusqu'à la pointe de ses cheveux blancs. On parla tendresse. Le curé, qui n'est déplacé dans aucun sujet, dit que les amants malheureux disaient tous qu'ils en mourraient; mais qu'il était rare d'en rencontrer qui tinssent parole; qu'il en avait cependant vu un : c'était un jeune homme de famille appelé Soidpse. Il s'éprit d'une fille belle et sage, mais sans biens et d'une famille déshonorée. Son père était alors aux galères pour faux seings. Ce jeune-homme, qui prévoyait toute l'opposition et toute la raison de l'opposition qu'il rencontrerait dans ses parents, fit ce qu'il put pour se détacher ; mais. quand il se fut bien assuré de l'inutilité de ses efforts, il osa s'en ouvrir à ses parents, qui allaient s'épuiser en remontrances , lorsque notre amant les arrêta tout court et leur dit : Je sais tout ce que vous avez à m'opposer, je ne saurais désapprouver des raisons que j'opposerais moi-même à mon fils si j'en avais un. Mais voyez si vous m'aimez mieux mort que mésallié; car il est sur que si je n'ai pas celle que j'aime j'en mourrai. On traita ce propos comme il le méritait; l'événement n'y fait rien. Le jeunehomme tomba, dépérit de jour en jour, et mourut. Le curé ajouta : Cest un fait dont j'ai été témoin. « Mais , curé , lui « dis-je, à la place du père, qu'auritz-vous fait? — Monsieur, « me répondit le curé, je ne saurais me mettre à celte place; « les sentiments d'un père ne se devinent point et ne peuvent « se suppléer. — Cela est vrai ; mais enlin vous auriez pris « un parti d'après ce que vous êtes ; dites-nous quel il eut été ?
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- — Volontiers, j'aurais appelé mon fil?.; je lui aurais dit : « Soiilpse a été votre nom jusqu'à présent ; souvenez-vous qu'il « ne l'est plus. Appelez-vous comme il vous plaira. Voila « votre légitime. Allez vous marier avec celle que vous aimez, « si loin d'ici que je n'entende plus parler de vous, et que Dieu « vous bénisse. — Pour moi , dit madame d'EscIavelles , qui (i craignait peut-être que la décision du curé ne fit impression « sur son petit-fils, si j'avais été la mère de ce jeune fou, j'au- « rais fait comme son père, je l'aurais laissé mourir. ^ Et puis, voilà les avis partagés, et un bruit à faire retentir les voûtes du salon, qui a duré longtemps, et qui durerait encore si le curé n'avait rompu la dispute par une autre histoire que voici. Un jeune curé mécontent de son état. se sauve en Angleterre, apostasie, se marie selon la loi, et a des enfants de sa femme. Au bout d'un certain tcmps.il regrette son pays; il revient en France avec sa femme et ses enfants. Au bout encore d'un certain temps, il a du remords; il revient à sa religion, prend du scrupule sur son mariage , et songe à se séparer de sa femme; il s'en ouvre à notre curé, qui trouve le cas fort embarrassant, et qui, n'osant rien prendre sur lui, le renvoie aux casuistes et aux juriconsultes. Tous décident qu'il ne peut en sûreté de conscience rester avec sa femme. Losque leur séparation, à laquelle la femme s'opposait de toute sa force, allait s'entamer par voie de justice , mais un peu contre le gré du curé, l'époux tomba malade et assez dangereusement pour qu'il n'en revînt pas. il envoie chercher le curé : « Mon « ami, lui dit-il, vous connaissez mes intentions; je touche « au dernier moment; je veux montrer du moins qu'elles « étaient sincères. Je veux faire amende honorable publique, « et recevoir les sacrements, et mourir à l'hôpital; ayez la « bonté de m'y faire transporter — Je m'en garderai bien , « lui dit le curé ; cette femme est innocente. Elle vous a épousé « selon la loi ; elle ne connaissait rien des empêchements qui « ne lui permettaient point d'accepter votre main. Et ces en- « fants, quelle part ont-ils à votre faute? Vous êtes le seul « coupable, et ce sont eux qui vont être punis ! Votre femme «sera déshonorée, vos enfants seront déclarés naturels; et « où est le bien de tout cela? La raison est pour eux : certai- I. 12
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« nement, et jusqu'à ce que la loi ait prononcé, nous ignorons « si elle serait contre eux. Attendons, et en attendant, mon « ami, demeurez dans le lit de celle vous appelez votre femme « et qui Test, et où vous avez eu d'elle ces enfants, qui vous « ont appelé leur père et qui sont vos enfants. » Jamais le curé n'en voulut démordre. Il confessa son homme ; le mal empira, il lui administra les derniers sacrements. Il mourut, et la femme et les enfants restèrent en possession des titres qu'ils avaient. TVous avons tous approuvé la sagesse du curé. Grimm l'a fait peindre : il prétend en faire quelque jour un personnage de roman. Nous sommes revenus un peu tard ; cet homme singulier et ses histoires aussi singulières que lui nous ont défrayés en chemin.
A propos je ne vous ai pas dit que M. le comte de Bissy (1) avait envoyé au marquis de Ximènes pour moi une tragédie anglaise, en un acte, tout-à-fait dans le goût du Jcurvr. Elle est intitulée VExiravagance faivJc TTn homme de naissance a été conduit par la dissipation à l'extrême misère, il ne peut supporter l'idéede l'avilissement oij il va tomber, lui, sa femme, et ses enfants. Il se persuade qu'il vaut mieux qu'il meure. Mais. si la mort est lueilleure pour lui que la vie, pourquoi la vie vaudrait-elle mieux que la mort pour sa femme et ses enfants? il vient à bout de se persuader qu'il leur manquerait d'une manière indigne, s'il ne les associait pas à un sort qu'il croit préférable à celui dont il est menacé. Il se défait donc de lui-même, de sa femme, et de ses deux enfants. Cette catastrophe est d'une atrocité qui révolte; cependant la dernière scène est d'un pathétique qui déchire, imaginez que cet homme était sur le point d'être saisi et précipité dans une prison. Sa femme vient à lui, et lui propose de prendre ses enfants entre ses bras et de se sauver avec lui en quelque lieu de sdreté. Toute la dernière scène roule sur la double acception des termes de voyage, d'asile, de demeure paisible, d'éloignement des hommes, de dernier terme des revers et des maux, de re-
(i) De r Académie Française, où il fui reçu coninie honmie de cour. On l'appelait Bissii-Vicrre, pour le distinguer de son frère qu'on avait nommé liissij-Tlwmns , par une plaisante allusion aux deux Corneille, avec lesquels les deux Uissy u'avaienl aucune espèce de rai)porl iulcllccluel.
pos, quî conviennent à une fuite réelle ou à la mort. La femme les entend toujours de la fuite , et l'époux les lui dit toujours de la mort. L'ignorance de cette femme qui a reçu le breuvage fatal de son époux et qui l'a donné de sa propre main à ses deux enfants, la tendresse de ses discours , la présence de ses enfants en qui la mort c;rcule, font un effet plus terrible mille fois que le spectacle d'OEdipe qui a les yeux crevés et qui se baisse pour chercher ses enfants. Cependant, si vous avez le pèreBrumoy, voyez cette scène au cinquième acte de VOEdipe de Sophocle.
•Te viens de recevoir votre numéro 21. .Te n'ai point la tête trop mauvaise. Quant à mon pied, il est guéri. Nous avons joué; le Baron a oublié son serment; mais comme la fortune a été assez égale , je ne saurais vous dire comment il soutiendrait son caprice. Il faut qu'il y ait une espèce de contrecoup à ma chute ; car j'ai eu la tête étonnée pendant les deux premiers jours. Les jours suivants j'ai senti une douleur passagère au côté opposé, et depuis j'éprouve comme des envies de moucher, et la sensation comme de quelque chose d'arrêté au-dessus du nez et qui voudrait tomber. Ils m'ont conseillé le sel ammoniac. Mais je bois, je mange, je dors, je n'ai ni chaleur ni fièvre, et tout ira bien.
O femme ! serez-vous toujours femme par quelque endroit ! Jamais la fêlure que nature vous lit ne reprendra-t-elle entièrement ? Je n'ai pu m'empêcher de rire de tous les mouvements que vous vous êtes donnés pour un coliOchet. Je sais bien ce que vous répondrez à cela ; mais je sais bien aussi comment on s'en impose. Je le voudrais bien que vous en fussiez de nos causeries, et vous et la chère sœur. A propos de ces Chinois, savez-vous que l'illustration remonte chez eux et ne descend jamais ? Ce sont les enfants qui illustrent et ennoblissent leurs aïeux, et non pas les aïeux leurs enfants. Ma foi cela est encore bien sage. Nous sommes plus grands poètes, plus grands philosophes, plus grands orateurs, plus grands architectes , plus grands astronomes, plus grands géomètres que ces peuples-là; mais ils entendent mieux que nous la science du bon sens et de la vertu; et si par hasard cette science était la première , ils auraient raison de dire qu'ils ont
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deux yeux , et que nous en avons un , et que le reste de la terre est aveugle.
Oui, je co'inais vos Intérêts de la France mal entendus. C'est un livre qui a du succès (I). M. Gaschon m'a fait dîner une fois avec l'auteur. Cet homme connaît assez bien le mal ; mais il n'entend rien aux remèdes. Il a des observations assez justes qui marquent un homme instruit, mais sans génie. Il a un monde de choses dont il ne sait rien faire ; et le génie sait faire un monde de rien.
TNon, non, mon ami vaut mieux que moi ; personne ne peut lui être comparé, soit qu'il plaisante , soit qu'il raisonne , soit qu'il conseille, soit qu'il écrive, soit qu'il. ..
( La suite manque.) LETTRE XLIE
Le 7 0(;lobre 1760.
Pas un moment de repos, comme vous disiez à la fin d'une de vos lettres; non, pas un moment! J'arrive, je jette en passant mon sac de nuit à ma porte, et je vole sur le quai des Miramionnes ; j'y trouve une de vos lettres; j'en achève une que j'ai commencée à La Chevrette. Je m'en retourne chez moi à minuit. Je trouve ma fille attaquée de la fièvre et d'un grand mal de gorge ; je n'ai pas osé m'informer de sa santé. Les questions les plus obligeantes amènent des réponses si dures de la part de la mère , que je ne lui parle jamais sans une extrême nécessisté ; mais j'ai interrogé l'enfant, qui m'a trèsbien répondu ; j'ai donné des ordres qui marquent l'attention et l'intérêt. Voilà ce que c'est que de se brûler le sang à crier et à travailler. Je devais partir demain pour le Grandval ; voilà un accident qui pourrait bien retarder mon voyage. INous
(I) Les Intérêts de la France mal entendus (par Ange Goudar, de Moiilpollicr.) Le premier voUiiiic, qui Irailc de ragrieuUure el de la population, parut au coninieueenioiil do 1756; le second, qui traite des finances el du couinierce, parut à la fin de la nièuic année; et le troisième, qui traite de la marine cl de l'industrie , no fut publié qu'en 1757.
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avons dîné, M. Grimm et moi , sous un des chevaux des Tuileries. Longue promenade avant de dîner; dîner d'appétit; longue promenade après dîner; et , dans cet intervalle, de la morale et de l'amour, et de l'amour et de la morale ; et le résultat, de se rendre meilleur, de pardonner aux méchants, assez punis parleur méchanceté même; défaire le bonheur de tous et surtout de son ami etde son amie. Je quitte M. deMontamy; je l'ai trouvé avec une grosse dondon, dont je vous dirais volontiers, comme du curé de La Chevrette , qu'on la baiserait pendant deux mois sans la baiser deux fois au même endroit; c'est une amie de madame Riccoboni , nous en avons causé. Celle-ci vous régalera cet hiver de deux nouveaux romans. Je les verrai sûrement avant qu on les imprime, et vous aussi, si vous êtes à Paris. Mais dites-moi donc que vous y serez, s/ vous ne voulez pas que je périsse. J'avais deviné, comme vous verrez parla précédente, et la possibilité du voyage de madame de Solignac, et les inquiétudes de madame Le Gendre, et votre indifférence.
Toutes ces dates ne m'apprennent rien ; je voulais savoir s'il n'y avait eu aucune de mes lettres d'égarées. Voici l'histoire de ma chute. J'ai connu chez Le Breton un ex-oratorien, homme d'esprit dont je suis devenu la passion, mais non pas la plus forte ni l'unique. Cet homme s'appelle M. Destouches; il est secrétaire de la ferme générale ; il y demeure ; il s'était engagé à m'introduire à l'endroit où l'on fabrique le tabac, afin que je pusse connaître et décrire cette manœuvre ; j'étais allé avec mon dessinateur le sommer de sa parole. Il était de bonne heure. Il est jeune. Je le trouve engagé de conversation avec une fille; je renvoie mon dessinateur; je m'assieds, et je me mets à causer avec ces fous-là. I-e temps se passe; l'heure du dîner vient ; nous allions dîner, Destouches et moi, cliez Le Breton. Chemin faisant, nous devions jeter sa demoiselle rue des Prouvair'es. Mais crac ; à l'entrée de la rue voilà une des soupentes qui casse, et Destouclies qui va donner de la tête contre celle de sa fille, et moi de la tête contre un des côtés du carrosse. Destouches descend par le côté renversé, moi et la demoiselle par l'autre côté, et cela à la vue de la compagnie la plus nombreuse et la moins choisie. Heureusement la demoi-
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selle avait l'air plus honnête que peut-être elle ne l'était ; je vous ai dit le reste. J'ai encore de temps en temps des sensations au haut du nez comme de quelque chose qui voudrait comber prir-là; mais ce symptôme se dissipera comme les autres. Je vous demande en grâce de prêcher l'indulgence à notre chère sœur. Si, par hasard, nous n'occupions que le milieu entre les êtres les plus parfaits et les êtres les plus imparfaits, en regardant avec mépris ceux que la nature a placés au bas de la grande échelle, n'accorderions-nous pas le même droit à ceux qu'elle a placés au premier échelon, et qui sont autant au-dessus de nous que les objets de notre dédain sont au-dessous? Dans une machine où tout est lié, comme il n'y a rien d'inutile, pas même le gros ventre, le gros appétit et les fréquents besoins de madame Gillet , s'il y a quelque chose d'indifférent et d'abject , c'est une suite de notre ignorance. Quelquefois je m'amuse à attacher tous ces objets sur une toile et à m'en faire un spectacle. Je ne saurais vous dire combien l'imbécillité, l'impertinence, la sottise, les airs de la coquette, les pirouettes du petit-maître, etc., etc., m'amusent sous ce coup d'œil.
Cette jalousie d'ami à ami, de sœur à sœur, de mère à fille, de fille à mère, me passe ; je n'y entends rien. Si je connaissais quelque être au monde qui pût, en m'éclipsant à vos yeux, contribuer infiniment mieux que moi à votre bonheur, quel mérite plus grand me resterait-il à ambitionner, après celui d'être ce qu'il serait, sinon de vous le procurer? S'il n'est pas en moi d'être le mieux qu'il est possible pour vous, faut-il que je me prive de l'avantage de vous présenter ce mieux, si je le connais ailleurs? Voilà des raisons que l'amour n'entend pas ; mais je ne conçois pas que l'amitié puisse s'y refuser.
IMademoiselle Clairon joua mal à la première représentation de Tancrè'J.c. Ses fanatiques mêmes en conviennent; mais ils disent qu'elle s'est bien corrigée dans les suivantes. Je n'en sais rien. Nous nous aimons tous de toutes nos forces. Il y a bien peu de gens à qui nous ne nous préférions; il n'y a personne au monde avec qui nous voulussions dianger de sort. IM. Vialet est comme les autres qui laissent un j)eu moins percer leur impertinence. Vous êtes à peu près contente de mes
letlres, surtout des endroits où je vous dis que je vous aime; tant mieux, je ne m'intéresse qu'à ceux-ci; et comment seraient-ils mal? Le modèle d'après lequel je peins est si bien ! Tous nos portraits de La Chevrette ont réussi , excepté celui de madame d'Épinay. M. Grimm prend cet accident comme un autre. Je vous ai dit que nous avions été peints et dessinés ; Je lui ai demandé une copie des deux dessins, et je les aurai. Les dix lignes où vous me dites qu'il n'y a rien dans vos lettres, valent mieux que toutes les miennes; si je vous avais dit les choses quej'y lis, et que j'eusse eu le bonheur de vous les persuader de moi comme je les crois de vous, je n'aurais plus qu'un souhait à faire; c'est que le temps et ma conduite vous entretinssent à jamais dans cette douce opinion. Le bonheur ou le malheur de votre vie est entre mes mains , dites -vous? Ce n'est pas comme cela ; le bonheur de votre vie est entre mes mains ; le bonheur de la mienne est entre les vôtres : c'est un dépôt réciproque confié à d'honnêtes gens. Uranie ne veut donc pas croire que je la haïsse; absolument elle ne le veut pas- J'en ai pourtant bien des raisons, et, quand il n'y aurait que celle de m'humiîier souvent aux yeux de la personne que j'aime, c'en serait bien assez pour me faire croire. Pardonnez! qu'avez-vous dit là? Elle n'a pas vu ce mot, j'en suis sûr. Je serais trop fier qu'elle se fut avouée coupable. M. Gaschon a été faire sa cour à madame de Solignac- M. de Prisye ira. Que j'y aille aussi ! ma foi je n'en ai ni le temps, ni la volonté, ni le courage. Quoi qu'en dise madame de Solignac, il est sur que je n'ai jamais eu l'honneur de la voir.
Si cependant la maladie durait, si mon voyage était renvoyé à la semaine prochaine, par exemple, je ne répondrais de rien. Je n'aime point les occasions de balbutier, et balbutie toujours de timidité la première fois que je vois, et puis tout se réduit alors à des phrases d'usage dont on se paie réciproquement. Je n'ai pas un soii de cette monnaie. Adieu, ma tendre amie. Je ne vous recommande plus votre santé ; il y a quelqu'un à présent qui en aura soin pour vous. Il y avait avec ma dernière lettre un papier d'agriculture pour madame votre mère ; le lui avezvous remis? Adieu, encore une fois ; mon dévouement et mon respect à madame votre mère. Dites à madame Le Gendre...,
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dites-lui que vous m'aimez à la folie , et vous verrez que ce petit mensonge la fera pâlir... Et je ne la haïrai pas .. Hélas ! non...