Que l’on songe aux conséquences qui en seraient résultées
lon avait pu avoir immédiatement des nouvelles et envoyer $ LA Sordres à la brigade Albertone avant qu’elle ne s’engageit à # BMais c'était le commencement de cette série d’étranges LE
ts qui devaient décider du sort de la bataille. Le major © n'était pas à Yeha, et les postes optiques n'étaient pas Dies colonnes!
Mlmnen souvient bien, ma conversation avec le général Dam tida porta sur des suppositions au sujet de la colonne Albersur les incidents de la marche de nuit, — et naturellement les dispositions à prendre pour déployer les troupes et pour .
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aillon de milice mobile et compagnie du chitet d’Asmara; Fe
de,
obtenir un appui efficace de l'artillerie. En ce moment, nous croyions que les bandes qui précédaient la colonne Albertone, lancées très en avant pour assurer le service de sûreté, s’étaient heurtées à une forte grand’garde abyssinienne. Nous ne pouvions pas croire que la brigade fût aussi éloignée, bien que le manque de nouvelles nous donnût à penser.
Au sujet des ordres que je donnai au général Dabormida, le colonel Valenzano m'écrivit plus tard ce qui suit :
« Vous avez ordonné aussitôt au général Dabormida de s'avancer, de faire occuper par l'artillerie cet éperon qui barre presque le défilé, placé en avant, par lequel passe la route directe de Mariam Sciautu, et, sous la protection de l'artillerie, de porter rapidement en avant la brigade, en appuyant un peu à gauche, de facon à donner la main le plus tôt possible à la brigade Albertone. » |
Le capitaine d'état-major Caviglia, du quartier général, déclare que la brigade Dabormida « s'était portée pour occuper l'éperon qui se trouve à environ 700 mètres en avant du col que traverse la route de Mariam Sciautu ». C'était précisément là l’éperon de Belah.
Donc la brigade Dabormida avait un but bien précis : donner la main à Albertone; une localité à occuper bien nettement définie : les hauteurs placées en avant de Rebbi Arienni, qui avaient déjà éte explorées ; un devoir absolu : celui de se maintenir en liaison avec la brigade Arimondi.
Le général Dabormida connaissait le terrain pour lavoir ex ploré; il connaissait aussi la situation telle que je viens de l’exposer; il savait que là-bas, au loin, à environ 10 kilomètres, a milieu de la combe de Mariam Sciautu, presque en vue de Rebb, Arienni, il y avait un camp ennemi; il entendait de loin, vers Abb: Garima, le bruit de la fusillade. Peu de temps après, en se tenant sur la hauteur, il aurait pu voir sur sa gauche, vers le mon d'Abba Garima, dans la direction de l’ouest, les bataillons d’Al: bertone, vers lesquels on pouvait arriver par la route transversal (la deuxième) qui franchit le col Belah ; cette route était portée sui le croquis du quartier général donné aux chefs de brigade avan la bataille.
Au lieu de cela, la 2° brigade, en suivant le fond de la vallée marcha le long du torrent, en bas, vers le camp ennemi di
Mariam Sciautu. Elle échappait ainsi complètement à nos vues, et elle s éloignait de la brigade à laquelle elle devait tendre la main, soit pour aider sa résistance, soit pour protéger sa retraite. La rigade Dabormida s’éloigna tellement, qu’il ne semble pas qu’auun de ceux qui en faisaient partie se soit aperçu de l’action si ve qui, une heure après, se développa avec une intensité tou- Ours croissante sur son flanc gauche.
Ainsi, — peut-être deux heures et demie après son départ du ol de Rebbi Arienni {à 9 heures et quelques minutes), — le batailon de milice mobile (De Vito) fut attaqué à l'improviste, repoussé mis en déroute par une colonne ennemie, tandis que la tête de & brigade continuait à marcher vers Mariam Sciautu, sans se Jouter que sa propre avant-garde était détruite. « Ce bataillon De Vito) est détruit peu de temps après, sans que le gros s’en iperçoive ou se préoccupe seulement du manque de nouvelles. » Pelle est la déposition faite par le capitaine Bellavita, aide de amp de la brigade, au colonel Pittaluga!.
À ce moment-là même (9 heures un quart), le général Daborda m'avait envoyé l'avis suivant : « 9 heures un quart. On perçoit un vaste campement choan au nord d'Adoua; une Orte colonne quitte ce campement pour se diriger sur la brijade indigène; je tends la main vers celle-ci, tout en maintenant lassée une importante fraction de troupes près de la route qui, lücol de Rebbi Arienni, se dirige vers Adoua, et en surveillant és hauteurs de droite. »
“Donc, le général Dabormida n'était point alarmé de la situaion, et il n'était point relié à son avant-garde, qui le protégeait Mavant et à gauche; donc — tout en suivant une voie diverfente — il était convaincu de pouvoir satisfaire à l'obligation qui hbétait imposée de tendre la main à la brigade Albertone; donc Mtranquillisait le commandant en chef, au moment même où ses lopres ascaris venaient d'être mis en déroute et où il se portait avant, entraîné ou fasciné par un autre objectif.
“On lit ceci dans le Rapport officiel :
«Tandis que le bataillon de milice mobile, en suivant la gauche Wvallon de Mariam Sciautu, se dirigeait vers le débouché de
Ml Informations recueillies à l’Asmata auprès des survivants de la bataille Ë Mars. — Voir l'annexe 2 de ce volume,
la vallée, le général Dabormida allait reconnaître le terrain de. ce côté, et la brigade finissait de se masser au fond de la vallée:
« Cependant le bataillon de milice mobile après 9 heures au débouché de la vallée, et il commençait à tourner vers le. sud, dans la direction de la brigade indigène, quand, tout à coup derrière les hauteurs qui L'empéthaietl d’être vu et peut-être secouru du reste de la brigade, il fut, à très courte distance, attaqué avec furie par des ennemis très nombreux, qui se jetèrent, à l'improviste, sur son front et sur son flanc droit. Après avoir lutté pendant vingt minutes, le bataillon était obligé de battre” précipitamment en retraite, poursuivi de près par l'ennemi.
« Ce mouvement de recul subit obligea la brigade de batteries à se retirer, elle aussi, rapidement vers le gros des troupes, alors qu’elle était en marche pour prendre position vers le débouché de la vallée. Ceci se passait entre 9 heures et demie et 9 heures
trois quarts. » # |
Plus loin, le Rapport officiel dit encore : « La partie du vallon, de Mariam Sciautu où la brigade Dabormida arriva à 9 heures, et demie et combattit jusque vers le soir, se trouve à environ 6 kilomètres à l’ouest du col de Rebbi Arienni et à 3 ou 4 kilo mètres au nord de la localité où eut lieu la rencontre de la bri= gade Albertone avec les Choans!'. Ce vallon s'ouvre, pendant environ 3 kilomètres, presque directement de l’est à l’ouest; il est flanqué à droite et à gauche par des hauteurs faciles à par= courir ; puis, en tournant vers le sud-ouest, il s’élargit et se jette dans la plaine qui précéde Adi Abun. » h |
Le colonel Corticelli, dans son Verdict technique, à propos du mouvement du général Dabormida, fait cette observation : « La brigade Dabormida, au lieu de se maintenir sur le terrain qui lui. avait été assigné et au lieu de chercher le contact avec les trous, pes du général Arimondi, qui se rangeaient derrière sa gauche, | s’éloigna peu à peu en se portant en avant; attiré, on ne sait l comment, dans la combe de Mariam Sciautu, il avait pris une
1. En réalité, la brigade Dabormida, après 10 heures (ainsi que le raconte | ce même Rapport officiel), s'était avancée jusqu’au débouché de Mariam! Sciautu ; et par suite, au moment où les brigades du centre, enveloppées par Mono étaient contraintes à battre en retraite, elle fdianit face aux | Choans à environ 8 kilomètres à l’ouest de Rebbi at ainsi qu'il résulte | du croquis du lieutenant-colonel Arimondi et de mon esquisse de Sauria à | À doua jointe à ce chapitre. :
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direction absolument divergente de celle qu'il aurait dû suivre, en tout cas, pour appuyer efficacement Albertone. Quelle qu’ait été la cause de ce mouvement, soit la nécessité de se défendre contre le camp ennemi établi de ce côté, et qui certainement était sous les armes; soit le désir naturel d'attaquer dans l'espoir d’un succès partiel, qui en réalité fut obtenu pendant quelque temps, ét qui, s'il avait pu continuer, aurait pu changer l'issue de la bataille, il n en est pas moins vrai que le général Dabormida, en
se séparant des troupes placées à ses côtés et en arrière, a exé-
euté un mouvement que le commandant en chef ne pouvait absolument pas prévoir et qui, en se produisant à son insu, fit pencher définitivement la balance, en empéchant de porter remède au désastre résultant.
Dans la seconde partie du Verdict technique, au sujet du billet du général Dabormida dont j'ai parlé plus haut, le même colonel
-Corticelli dit : « Une semblable nouvelle tranquillisait le gouver-
neur, qui se trouvait avoir sous la main toutes les forces disponibles, de façon à pouvoir manœuvrer avec succès selon les événements. Mais, au bout de bien peu de temps, la brigade Dabormida,
“au lieu de se maintenir sur ses positions, ou mieux de se porter
L . , LI . LJ . L L vers la gauche, ainsi que l’exigeait logiquement la mission qui lui était confiée, à l’improviste, sans ordres, sans en aviser le
“oouverneur, se porta en avant, sur la droite, par la vallée de
Mariam Sciautu, en s’éloignant du commandant en chef, et des
“brigades Arimondi et Ellena, d’une distance d'au moins 5 kilo- - mètres. »
J’ai voulu raconter les faits en me servant seulement des docu= ments officiels. De mon côté, je sais que j'ai ordonné au général
Dabormida d'occuper la position qui était devant nous (à droite
de cette position passe la route pour Mariam Sciautu, et à gauche la route pour Abba Garima) et de tendre la main au général Albertone. Ceci était incontestablement imposé par la situation;
“et je suis toujours de plus en plus convaincu que la manœuvre aurait dû se développer ainsi : obliquer à gauche vers Alber-
tone, et non pas à droite dans la direction opposée; c’est-à-dire
Suivre la route qui conduisait vers Albertone, et non pas celle qui
en éloignait. Le mouvement de Dabormida est toujours pour moi une énigme. Je ne puis me l'expliquer même pas en supposant la plus étrange des équivoques, parce que, tout en accordant
que le général Dabormida se crût autorisé à occuper, de sa propre initiative, une position située en avant de celle qui lui était prescrite, il ne pouvait pas y avoir équivoque sur les secours, sur le soutien, sur l'appui que la 2° brigade devait donner à Albertone.
La seule explication admissible est peut-être la suivante :
Le bataillon de milice mobile occupa rapidement l’éperon Belah, et, entraîné par son propre élan, il descendit un peu au delà du versant ouest; peut-être quelque détachement descendit-il dans le vallon et continua-t-il sa marche, en le suivant. Le bataillon blanc qui marchait rapidement en tête, et auquel, par malheur, on n avait indiqué aucun objectif, excité par l’imminence du com bat, et entraîné par la route bien battue, suivit le mouvement; les autres bataillons marchèrent derrière lui. Au détour, très marqué, vers le sud, au delà de l’éperon Belah, tout le monde, vic= time d’une hallucination fatale, crut remonter vers Albertone, ou, à plus forte raison, vers la position indiquée, ou bien encore vers une position plus en avant; on le crut d'autant mieux que les fractions du bataillon indigène avançaient par les hauteurs dé gauche {sud) et que l'écho des montagnes pouvait tromper sur là direction du bruit des coups de canon et de fusil. L'horizon était borné, la colonne longue et sans liaison, les crêtes uniformes, les pentes couvertes de cailloux, l'orientation toujours extrême ment difficile en Afrique, la communication des ordres lente et peu sûre. On peut encore supposer que les compagnies indigènes de milice mobile, fatiguées de servir si longtemps, n'étaient plus celles qui avaient fait leurs preuves à Coatit.
Dans le procès de l’Asmara (audience du 8 juin), le capitaine Bellavita, aide de camp de la 2° brigade (Dabormida), sur la de” mande du général Heusch, répondit que Le général Dabormidt reçut les ordres du commandant en chef, avec lequel il eut un. entretien d’un quart d'heure, au col de Rebbi Arienni, vers six heures du matin; mas il n'en communiqua rien à ses inférieurs. Le colonel Ragni, commandant le régiment qui marchait en tête de la brigade, confirme le fait, en ajoutant qu'il n'avait jamais été informé de l'objectif.
De mon côté, j'étais certain que le général Dabormida devait déployer la 2° brigade sur l’éperon de Belah, ou sur une position en avant. Je ne pouvais suivre des yeux les mouvements de cette
brigade que jusqu’à l'éperon de Belah, sur lequel je remarquai les troupes indigènes, tandis que les troupes blanches parcouraient la vallée et disparaissaient dans les anfractuosités du sol et dans les tournants.
Je fis plusieurs fois activer le mouvement, ainsi que le prouvent les ordres envoyés par les lieutenants Marozzi et Macagni, à 1 heures trois quarts et à 8 heures un quart. Je ne doutais pas que cette brigade ne se dirigeât vers l'objectif indiqué; aucun des officiers du quartier général qui observaient, comme moi, le mouvement n’en pouvait douter et n’en douta pas, ainsi que cela résulte de ce que j'écris dans les chapitres suivants. Je conservai cette conviction jusqu'au moment décisif !.
Mais revenons à 6 heures et demie. Dès que j’entendis la fusillade, que j'espérais devoir attribuer aux bandes de l’extrême avant-garde de la brigade Albertone poussées vers Abba Garima, après les ordres et les instructions verbales déjà donnés à Dabormida, je prescrivis au général Arimondi, qui était, lui aussi, monté au col de Rebbi Arienni, de se placer avec la 1"° brigade au point occupé jusqu'alors par la brigade Dabormida, sur le col de Rebbi Arienni, et J'envoyai l’ordre, au général Ellena, de serrer avec la brigade de réserve jusqu'auprès du col de Rebbi Arienni.