‹ Mémoires d'Afrique, 1892-1896Chapitre 20 sur 156 · Fragments omis dans le livre vert, xixr, document n · texte numérisé non relu

Fragments omis dans le livre vert, xixr, document n

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car, jusqu’au mois de novembre, aucune hostilité n’était possible. On chercha des alliés dans la colonie de l’Érythrée et l’on ouvrit des négociations avec le degiac Batha Agos, nommé par le général Baldissera chef de l'Oculé Cusai, et jusqu'alors sujet fidèle du gouvernement italien.

En tout cas, il était plus urgent que jamais de se délivrer des Derviches, pour ne pas avoir, en automne, à lutter à la fois con= tre les Derviches et les Abyssiniens. Du reste, ras Mangascia, humilié par la cérémonie de sa soumission à Ménélick, déçu dans son espoir d'être nommé negus, n’osant pas empêcher Les manifestations des principaux Tigrins contraires au Choa, fut, un moment, disposé à accepter, probablement avec sincérité, les conseils de l’eccighié Theofilos et prêt à faire cause commune avec les Italiens. Nous trouvons la trace de cette attitude dans ma lettre du 5 juillet, dont le livre vert ne rapporte que la partie concernant le Soudan *.

Le gouvernement central ne m'avait pas répondu officiellement, au sujet de notre action contre les Derviches : et pourtant cette question était à l'ordre du jour, depuis la réunion du corps d'observation de Chéren, en février, et elle avait déjà pris un carac-

tère précis et déterminé, dans mes lettres du 11 maïet du 8 Juin.

Par suite, comme je voyais s'approcher la très courte période de temps pendant laquelle l'opération contre Cassala avait toute probabilité de succès, je me rendis à Agordat, et, à la date du 9 juillet, je télégraphiai ceci au ministère :

« Le plan des Derviches est de concentrer, pour l'automne, un gros corps de troupes à Cassala. La situation équivoque, en

Éthiopie, nos conditions militaires actuelles et les razzias auda= |

cieuses de la cavalerie derviche, m'amènent à exécuter contre

Cassala le coup de main indiqué, dans mes rapports du 11 mai et | du 8 juin. Si la situation se maintient telle qu’elle est aujourd’hui, je compte commencer l'opération le 13 juillet; j'en prends la Ï

direction, d'accord avec le commandant des troupes. »

Le mot coup de main, indiqué, répété et souligné dans mes | lettres du 11 mai et du 8 juin, se rapportait évidemment à la des”,

truction du camp mahdiste, et non à l'occupation permanente de

Cassala. Il n’était donc pas possible que l’on se trompât, à Rome’ }

1. Lettre du 5 juillet 1894, n° 1333. — Situation politique et militaire au com: | mencement de juillet, avec une annexe contenant le journal du mois de juin \

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Ch. IV

Je télégraphiais sous cette forme et assez à temps, afin de permettre au ministère d'empêcher le coup de main, s’il le Jugeait à propos, et aussi pour assumer sur moi la responsabilité de l'opération.

Le ministre répondait le 12 juillet: « Le gouvernement du roi vous laisse libre de prendre les dispositions qui vous sembleront opportunes, pour agir contre Cassala!. »

Voici comment, à la même date, je voyais la situation : « L’opération militaire se présente clairement et nettement. La tranquillité absolue de la colonie permet de concentrer, sur l’extrèôme frontière occidentale, la plus grande partie de nos forces régulières. Ici, à Agordat, tout est prêt : vivres, munitions, chameaux pour les transports, télégraphe, etc. Actuellement, l’eau se trouve en quantité suffisante, le long de la route; les pluies torrentielles qui pourraient retarder la marche ne sont pas encore commencées. Le service d'information nous donne, chaque jour, des nouvelles de tout et nous garde des surprises. L'opération, préparée de longue main, était, jusqu'à hier, un mystère pour tout le monde. Elle s’exécutera avec la plus grande rapidité, grâce aux besoins limités et à la résistance à la marche de nos troupes indigènes. J'espère qu’elle sera couronnée de succès.

« Je ne me dissimule certes pas les difficultés: mais J'ai laissé la moindre marge possible à l'imprévu. Les officiers ont un moral excellent et tiennent leurs troupes en main ; les soldats sont pleins d’élan, disciplinés, dressés à tout, même aux formations de l'ordre serré : tous ont la plus grande confiance. Je vois la responsabilité qui m'attend, et, par suite, bien que je sois décidé à donner à fond, je suis prêt à changer l'attaque en une reconnaissance ou en une démonstration offensive, si je n’ai pas toutes les probabilités de la victoire.

« Je marcherai avec les troupes groupées en une seule co= lonne, prête à faire face à une attaque de cavalerie, d’où qu’elle Provienne. L'ordre de marche sera à peu près celui-ci :

€ Avant-garde : bandes du Barca, trois compagnies ;

« Gros : six Compagnies, une section d'artillerie de montagne, ‘un escadron :

« Convoi ;

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