‹ Mémoires d'Afrique, 1892-1896Chapitre 50 sur 156 · Livre vert, xxr1r bis, n · texte numérisé non relu

Livre vert, xxr1r bis, n

s. compris les officiers, les carabiniers, les artilleurs, les soldats du | génie et du train, ainsi que les télégraphistes. Voir la situation militaire à la fin du chapitre VIIL, |

vons ni reculer, à notre gré, l'ouverture des hostilités, nt en limiter le champ. C’est ainsi qu'il ne nous a pas été possible de nous arrêter à la victoire de Sénafé... Je n'ai pas besoin de dire combien je désire la paix, ni avec quel plaisir je l'aurais conclue avec Mangascia, méme au lendemain de Sénafé, si J'avais pu croire que ce traître eût voulu et pu réellement la maintenir. Et main tenant, comme alors, la paix me semble très difficile. D'ailleurs, Votre Excellence elle-même, dans son télégramme du 7 courant (mai), dit ne pas croire à un arrangement, ni avec Mangascia nr avec Ménélick. Donc una salus pour la colonie : se préparer & la guerre... »

Le 24 mai, nouvel avertissement de ma part, par télégramme : « On fait, dans le Choa, de grands préparatifs de guerre, proba- | blement pour octobre. On nous annonce, du Harar, à la date du 22 maï, que Maconnen est de retour. Il ordonne de préparer les | sandales: on dit que c’est pour faire la guerre à l’Aussa. Dans le Harar, se succèdent les impositions extraordinaires, les extor= sions, les prêts forcés, même pour les Européens qui ont de” l'argent : toutes ces sommes sont envoyées dans le Choa. Les, courriers du Choa manquent, probablement parce qu'ils sont, séquestrés. Ménélick invite le Goggiam à envoyer des en | gents... » |

Nienubtt ensuite d’autres télégrammes et d’autres dépêches, — | tous publiés dans le livre vert, — avec les renseignements sur les préparatifs ennemis et sur les dispositions prises par P? Érythrée pour faire face aux éventualités de l'automne, en dehors de la, préparation militaire. « Ce serait une folie que de compter sur l'incertain, et, pour la fin de septembre, il nous faut être prêts à la guerre. » Voilà ce que j'écrivais le 7 juin. Et trois jours après, : ne recevant pe de réponse sur cette question si capitale de la préparation à la guerre, j'offrais, pour la seconde fois, par télégramme, ma démission : « Je considère comme possible, pour l'a, tomne, une grande guerre avec Ménélick. Le travail dissolvant que je fais dans le camp ennemi pourrait échouer, ou ne réussir. qu'en partie. Par suite, les augmentations que j'ai indiquées comme un minimum absolu sont nécessaires pour parer aux éventualités. Le devoir m'impose d'insister. Il me semble impossible d'augmenter les recettes; et les gros transports, les fortifications, etc., rendent impossible la diminution des

dépenses. Un autre pourra, soit faire la paix, soit défendre la colonie avec des ressources moindres. Je renouvelle donc la demande que J'ai faite, par ma lettre du ?3 avril, d'être rapatrié. »

Le silence du ministère continuant, le 18 juin, je lui annonçai la capture de l'ingénieur Capucci, notre chargé d’affaires au Choa. J’exposais un plan d’après lequel les Abyssiniens, en octobre, devaient s’avancer avec toutes leurs forces disponibles, et je sollicitais une réponse à ma demande de rapatriement.

Le baron Blanc répondait, à la date du 22 juin : « Loin d’accepter votre proposition du 10, j'espère que Votre Excellence trouvera, dans ma lettre d'aujourd'hui, un encouragement à continuer son œuvre patriotique*. »

Mais la lettre tant attendue ne contenait que des paroles de courtoisie. Point de réponse à ma demande catégorique d’une augmentation d'effectifs; point de directive, pour les préparatifs en vue des prochaines hostilités; aucune allusion au dilemme essentiel que je posais dans toutes mes notes, mais principalement dans ma lettre du 7 juin.

« Je ne sais si le gouvernement croit possible de faire la paix avec Ménélick, ou s’il a des raisons pour l'essayer. Ménélick craint, dit-on, notre future expansion, et l’on prétend que, pour l'empêcher, il s’est adressé à la Russie. Peut-être pourrait-il voir la paix d’un bon œil. Mais sur quelles bases? Pouvonsnous céder le territoire conquis? Pouvons-nous traiter avec le rebelle qui revient du pays des Vollamos avec des milliers

d'esclaves? Je sacrifierais tout au développement pacifique de La PP P q

colonie... Mais il faut se décider : trois ou quatre mois passent vite; et nous aurions affaire à un grand nombre d'ennemis. Je sens la nécessité de connaître nettement la volonté du gouvernement*. »

Au contraire, le ministre des affaires étrangères s'étonne que J'aie demandé mon rapatriement, en un moment où ma « pré= sence dans la colonie est si nécessaire et si précieuse pour que

l'on puisse tirer profit d'une ‘situation qui touche, en ce moment, à

Son point culminant et qui doit tendre à la solution du problème africain ». Il affirme, par deux fois, la complète confiance du

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