Livre vert, xxr1x bts, n
gouvernement et il demande un autre rapport détaillé, s’en rapportant à « ma courtoisie et à mes lumières!».
Avant que ne me parvint la lettre du 22 juin, j envoyais, le 27 juin, de l’Asmara, un autre long rapport, concernant les négociations et les manœuvres tentées, par moi, pour susciter des ennemis à nos ennemis : « Mais si, d'un côté, mon action politique est incessante et est d'autant plus active que les garnisons de la colonie sont plus faibles, on ne peut, d'autre part, compter sur le hasard, d'autant plus que /e moindre insuccès partiel, gonflé et exagéré, pourrait décider les indécis à se mettre contre nous et rendre neutres ou ennemis nos lièdes amis.
« Les effectifs sont faibles; la superficie de la colonie est plus de la moitié de celle de l'Italie. De Cassala à Adigrat il y a envi ron 600 kilomètres; et nous avons en tout moins de 3,000 blancs et moins de 7,000? noirs réguliers.
« Il y a une limite à tout, et la prudence nous engage à laisser la moindre marge possible à la fortune.
« Que Votre Excellence pense à ce qu'il faut de quadrupèdes, avec des distances aussi grandes dans des terrains montueux, quand il faut maintenir des garnisons italiennes à 200 kilomètres de la base, quand il faut transporter un nombre considérable de munitions, quand il faut être prêt à une défensive active contre un ennemi brave, adroit, mobile, connaissant généralement bien le pays, habile à la guerre de montagne et certainement bien plus nombreux que nous *. »
À la lettre ministérielle du 22 juin, reçue à l’Asmara, le 9 juillet, je répondis télégraphiquement le jour même: « Mes précédents télégrammes indiquent clairement que, si j'ai offert ma démission, c’est à cause de la prohibition catégorique de l’augmentation des effectifs, et à cause de l'ordre de diminuer les dépenses. Je
considère les préparatifs actuels comme insuffisants, pour nous per
mettre de maintenir, contre une attaque possible de Ménélick, en automne, les positions que le gouvernement du rot défend absolument d'abandonner. Je dois donc insister pour avoir l’autorisation
1. Lettre du 22 juin, livre vert, xxir1 bis, n° 68, arrivée à l’Asmara le
7 juillet.
2. Evidemment il y a une faute d'impression dans le livre vert, ou une
erreur de copie dans le rapport. Le document original que je possède dit
8,000, ainsi qu'il résulte des chiffres précédents. 3. Livié vert, xXIII bis, pages 84 et 85, Document n° 90.
de conserver les troupes italiennes existant actuellement, d'augmenter immédiatement les troupes indigènes ainsi que les moyens de transport; il est impossible d'improviser. Sans cette autorisation, ma conscience et mon patriotisme mn'obliscent à maintenir ma démission que j'ai donnée dans l'espoir qu’un autre pourra conserver la colonie, avec des ressources. moindres, et conclure une paix honorable et durable.
« Je vous prie de me télégraphier la ligne de conduite que le gouvernement du roi compte adopter.
« Capucci est prisonnier, et Felter expulsé !. »
Le gouvernement du roi était unanime pour me répondre par ce télégramme :
Rome, 8 juillet 1895.
Le gouvernement ne peut délibérer, sur un aussi grave sujet, sans avoir d'abord conféré verbalement avec Votre Excellence. Nous vous prions donc de prendre immédiatement les dispositions opportunes, pour votre courte absence de la colonie. Nous aurons ainsi le temps de nous entendre sur ce qu'il y à à faire et d’y pourvoir, le cas échéant, avant l’automne,
Crispr-BLaxc-MocEenxi.