NOUVEAU GONIOMÈTRE
Il eût été bien préférable, toutefois, d’obtenir directement la mesure de l’angle facial ; je me suis donc demandé si l’on ne pourrait pas construire un goniomètre qui joignît à la solidité, à la légèreté et à la précision, l’avantage de la simplicité et du bon marché. Il m’a paru qu’il était possible d’utiliser à cet effet le mécanisme fort simple du crâniomètre de M. Bush, que M. Kollmann nous a fait connaître il y a deux ans (1). J’ai donc fait adapter, sur l’un des côtés de la branche transversale, un petit appareil goniométrique. M. Mathieu, à qui j’ai confié l’exécution du nouveau goniomètre, s’en est acquitté avec son habileté ordinaire, et il est maintenant en mesure de fournir cet instrument au prix de 2o fr., boîte comprise.
Le goniomètre que je vous présente est construit en buis et en cuivre. Le quadrant, les coins, les coulisses et les charnières sont en cuivre, les tiges sont en buis et graduées en millimètres ; les tourillons mobiles qui pénètrent dans les conduits auditifs sont également en buis, comme dans le crâniomètre de M. Busk.
Fig. 5.
L’instrument se compose de deux parties : la base et l’appareil goniométrique.
La base n’est autre chose que le crâniomètre de Busk. Elle est formée d’une tige transversale qui vient s’appliquer sur le point
(1) niiffetiiii fil’ Ifi Sorif’lf' fl'aiif/iropolnf/i'rj t , IM (i™ si'rie) 1862, p. Q.*).
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sous-nasal, D (ou sur tout autre point choisi pour être le sommet de l’angle facial), et de deux tiges antéro-postérieures ou branches^ l’une droite, fixée à angle droit sur l’extrémité de la précédente, l’autre gauche, glissant à l’aide d’une coulisse le long de la tige transversale, pour se prêter à la largeur variable de la tête. Sur ces deux branches glissent d’avant en arrière les deux tourillons auriculaires, O, que l’on amène aisément au niveau des deux conduits auditifs, et que l’on y introduit en poussant la branche gauche vers la branche droite. La base de 1 instrument, étant ainsi appliquée, occupe le plan d’une coupe qui passerait par les deux conduits auditifs et par le sommet de l’angle facial. La longueur AO, comprise sur chaque branche antéro-postérieure, entre le conduit auditif et la tige transversale, représente donc la largeur de la base du triangle facial. Cette longueur se compte sur l’échelle millimétrique.
L’appareil goniométrique est articulé dans l’angle rentrant que forme la tige transversale avec la branche droite. Il se compose : 1° d’un quadrant vertical en cuivre OQA à divisions nonagésimales, adapté sur cette branche droite, et susceptible de se replier à plat lorsqu’on transporte l’instrument j 2“ de la tige ascendante AB, articulée à charnières près de l’extrémité de la tige transversale, immédiatement en dedans du quadrant et du bord interne de la branche droite. Cette tige ascendante est graduée en millimètres, le zéro en bas, et creusée d une coulisse longitudinale. Lorsqu’elle se meut, elle décrit une courbe comprise dans un plan vertical et antéro-postérieur, et son bord externe aminci marque sur le quadrant le degré d’ouverture de l’angle qu’elle intercepte avec le plan de la base; 3° enfin d’une petite tige exploratrice BF qui glisse dans la rainure de la tige ascendante en restant toujours parallèle à la tige transversale de la base AD, c’est-à-dire en restant toujours transversale et horizontale.
Pour mesurer l’angle facial, on marque d’abord sur la ligne médiane du front le point sus-nasal ou sus-orbitaire dont j’ai ailleurs indiqué la situation (1), ou tout autre point choisi pour le sommet supérieur du triangle facial. La tige ascendante.
(1) Voyez plus haut, page 76 et siiiv.
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préalablement ramenée en avant, est alors reportée en arrière, jusqu’à ce que la tige exploratrice arrive au contact du front; on fait glisser cette tige exploratrice de manière à l’amener au contact du point sus-nasal ; dans cette position, la tige ascendante marque sur le quadrant Vouverture de l'angle facial. En outre, la distance comprise sur l’échelle millimétrique de la tige ascendante, entre le zéro et le bord inférieur de la tige exploratrice, donne la longueur delà ligne faciale., AB.
On a dès lors tous les éléments nécessaires pour construire le triangle facial, puisqu’on connaît l’angle facial et les deux côtés qui l’interceptent, et on pourrait, en construisant le triangle sur le papier, abaisser du point sus-nasal une perpendiculaire divisant la base en deux parties dont l’antérieure donnerait en millimètres la mesure du prognathisme, mais on peut prendre directement cette dernière mesure. Il suffit pour cela d’appliquer sur la branche droite une équerre dont le côté vertical BP va affleurer, sur la tige ascendante, l’extrémité externe de la tige exploratrice. Le sommet de l’équerre correspond ainsi au pied de la perpendiculaire abaissée du point sus-nasal sur la base du triangle facial, et, en lisant le nombre de millimètres marqué par ce sommet, on obtient la longueur de la ligne qui mesure le prognathisme.
Toutes les pièces de l’instrument peuvent se rabattre sur' le plan de la base, ce qui permet de le transporter avec la plus grande facilité.