QUI LIMITENT LES ANGLES AURICULAIRES
(üutletins de la Société d'anthropologie, t. III, série, I86î, p. 17-23).
Dans la dernière séance j’ai fait voir à la Société un instrument que j’ai nommé crâniographe et qui permet de reproduire sur le papier les principales courbes du crâne, et spécialement la courbe antéro-postérieure. Sur cette dernière courbe, il est nécessaire de fixer d’avance certains points qui doivent être notés par un trait vertical sur le dessin, et qui servent à établir les angles auriculaires dont le centre commun est placé au niveau du conduit auditif externe. C’est sur la détermination de ces points que je désire appeler l’attention de la Société ; aisée pour certains d’entre eux, elle présente pour d’autres des difficultés qu’il est utile de connaître. Je n’insiste pas sur la détermination du bregma^ que je nomme ainsi en souvenir de la fontanelle bregmatique. C’est le point où la suture sagittale rencontre la suture coronale, et, quelque avancée que fût l’ossification des sutures, j’ai toujours pu jusqu’ici, sur les quatre cents crânes que j’ai examinés, retrouver ce point, en examinant de près la surface du crâne préalablement brossée et lavée (I). Le lambda, situé à l’intersection des sutures sagittale et lambdoïde, est très- facile à reconnaître tant que ces sutures persistent. Lorsqu’elles sont effacées par les progrès de l’ossification, il y a presque toujours entre les pariétaux et l’occipital une différence de niveau qui indique très-exactement la limite de
U) J’ai vu depuis lors un petit nombre de crâues de vieillards sur lesquels le bregma étai tout à fait invisible (noie ajoutée en 1870),
l’angie supérieur de l’occipital. On sait que les os wormiens sont très-fréquents sur cette partie de la voûte crânienne ; s’ils existent et qu’on éprouve de la difficulté à savoir s’ils sont occipitaux ou pariétaux, il suffit de prolonger au crayon la suture occipito-pariétale que l’on retrouve toujours un peu plus bas de chaque côté. L’intersection de ces deux lignes avec le prolongement de la suture sagittale est précisément le point cherché.
La protubérance occipitale externe a une importance de premier ordre, car c’est la ligne menée du conduit auditif sur elle qui sépare l’angle cérébral proprement dit de l’angle cérébelleux. Mais cette protubérance offre de nombreuses variétés ; tantôt elle fait une saillie exagérée, tantôt elle est à peine apparente, ou tout à fait effacée ; je m’étonne même que les auteurs qui ont mesuré le diamètre occipito-frontal et la courbe occipitofrontale du crâne aient accordé si peu d’attention à cette dernière difficulté. Ils auront sans doute pris le point le plus saillant en arrière de la courbe crânienne pour la protubérance, ce qui est une erreur grave, car il suffit d’examiner un certain nombre de crânes dont la protubérance occipitale est bien marquée, pour reconnaître que le point le plus postérieur du crâne est le plus souvent situé à plusieurs centimètres au-dessus de cette protubérance.
Quoi qu’il en soit, lorsque la protubérance est effacée, mais que lesdeuxlignes courbes occipitales supérieures persistent, rien n’est plus aisé que de rétablir à leur rencontre le point occipital demandé. Si au contraire la protubérance est très-saillante et déjetée en bas, ce qui n’est pas très-rare, il faut se garder de placer le [loint occipital sur son sommet, parce que celui-ci peut descendre à plusieurs millimètres au-dessous de la limite postérieure du cerveau, et empiéter d’autant sur la région cérébelleuse ; ici encore il faut prendre la rencontre des deux lignes courbes, ou, !i leur défaut, la partie supérieure de la base de la protubérance.
Mais il y a des cas assez communs où l’on n’aperçoit à l’extérieur ni protubérance ni lignes courbes. On ne doit pas pour cela renoncer à déterminer la situation du point occipital.
N’oublions pas que ce point est destiné à marquer, sur la courbe de profil, la ligne de démarcation de la région du cerveau et de celle du cervelet. Cette ligne de démarcation est