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POINTS SINGULIERS DE LA VOUTE DU CRANE

déterminée, à l’état frais, par la tente du cervelet, qui s’insère, comme on sait, latéralement, sur les gouttières de l’occipital, et qui correspond, sur la ligne médiane, à la protubérance occipitale interne. A vrai dire, ce serait la situation de cette protubérance interne qu’il faudrait toujours marquer à la surface extérieure du crâne, pour obtenir le point occipital. On peut le plus souvent se dispenser de faire cette recherche, parce qu’il existe ordinairement, à l’extérieur du crâne, une marque qui correspond assez exactement au niveau de' la protubérance interne ; cette marque, c’est la protubérance occipitale externe, ou, à son défaut, c’est la ligne d’insertion supérieure des muscles de la nuque. Ce n’est, il est vrai, qu’une approximation, parce que la protubérance externe ne correspond pas toujours rigoureusement à la protubérance interne ; elle est quelquefois située un peu plus bas, mais jamais plus haut^ d’après mes observations. Quoi qu’il en soit, cette approximation est parfaitement suffisante, et, dans les cas ordinaires, on fait bien de[)lacer le point occipital sur la protubérance externe, ou sur le niveau des deux lignes courbes occipitales. Ce sont des marques toutes faites, des marques naturelles, qui ne trompent jamais beaucoup, et qui ont l’avantage de simplifier beaucoup les recherches.

Mais lorsque ces points de repère naturels font défaut, il est facile de marquer au crayon, sur la face extérieure du crâne, le point où devrait se trouver la protubérance externe si elle existait. Il suffit pour cela de mesurer intérieurement, à travers le trou occipital, la distance qui sépare le bord postérieur de ce trou de la protubérance occipitale interne, et de reporter extérieurement, à partir du même bord, une longueur égale sur la surface externe du crâne. Le doigt introduit dans le trou occipital reconnaît toujours aisément la saillie de la protubérance interne ; si celle-ci est peu prononcée, ce qui est très-rare, on trouve toujours, en suivant le bord des gouttières occipitales internes jusque sur la ligne médiane, le point où s’insérait à l’état frais, la partie moyenne de la tente du cervelet. Pour mesurer la distance qui sépare ce point du bord postérieur du trouoccipital,jemesuisd’abord servi d’un petitcrocliet métallique; mais j’ai bientôt reconnu qu’avec un peu d’habitude on peut arriver au même résultat avec l’index recourbé en crochet.

MÉMOIRES d’anthropologie.

J’arrive maintenant au point cérébral antérieur, que j’appelle le point sus-nasal ou sus-orbitaire. La plupart des observateurs, cherchant avant tout pour leurs mensurations un point de départ fixe et apparent, ont choisi la suture fronto- nasale ; cela est très-commode ; mais ce qu’on veut étudier en mesurant le crâne, ce sont les dimensions de l’encéphale, et non celles de tel ou tel os. Or, la suture fronto-nasale est située bien au-dessous delà limite du cerveau ; elle appartient à la région de la face et non à la région du crâne. Plusieurs auteurs, frappés de celte circonstance, ont pris pour point de départ antérieur de leurs mesures le milieu d’une ligne horizontale menée d’une arcade sourcilière cà l’autre. C’est déjà mieux. On remarquera toutefois que ce n’est pas l’arcade sourcilière qui indique la limite du cerveau, car elle descend notablement plus bas que la paroi supérieure de l’orbite, sur laquelle reposent les lobes antérieurs des hémisphères ; à proprement parler, elle ne fait pas partie de la boîtecrânienne ; c’est une sorte d’apophyse, formée de tissu compacte, et dont la hauteur varie considérablement suivant les individus. La ligne sourcilière manque donc de fixité par rapport au cerveau ; en outre, elle empiète sur la région de la face ; elle est donc encore défectueuse.

M. Jacquart, dans son Mémoire sur le Goniomètre^ préoccupé surtout de la mesure de l’angle facial de Camper, propose de prendre pour le point cérébral antérieur un point situé à trois centimètres au-dessus de la suture fronto-nasale. En s’élevant Jusque-là, il veut échapper à l’erreur qui résulte de la présence des sinus frontaux. Ses recherches lui ont montré, en effet, que les sinus frontaux ne remontent presque jamais au-dessus de cette limite. Mais je ferai remarquer que chez les sujets qui n’ont pas dépassé l’âge mûr, les sinus frontaux sont très-petits; qu’ils sont rudimentaires chez les jeunes gens; que, chez les vieillards mômes, ils vont rarement jusqu’à la limite indiquée par M. Jacquart ; qu’enfin ils se développent principalement aux dépens de la cavité crânienne, lorsque le volume du cerveau diminue parles progrès de l’âge ; or on ne peut pas s’astreindre à prendre pour point de repère général et applicable à tous les âges, une limite qui n’est réelle que chez quelques vieillards. Il est bien évident d’ailleurs que les sinus frontaux, en atteignant ce développe-

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