ANTHROPOLOGIE DE L\ BASSE BRETAGNE
mélangée de l’arcienne Gaule celtique, nous y trouvons 24 départements compris entre le numéro 53 et le numéro 8G, et donnant un chiffre d’exemptions qui varie entre 7o et 174 pour 1 000, et qui est en moyenne d’environ 103 pour 1 000. Sur la carte de Bretagne, il y a 74 cantons dont le chiffre d’exemptions dépasse 75 pour 1 000. La moyenne de ces 74 cantons est d’environ 103 pour 1 000 ; elle diffère peu de celle de nos 24 départements, et le maximum, qui est de 165, est peu inférieur à celui de 174 que nous venons d’indiquer. Voilà donc encore deux groupes très-analogues : l’un représente la partie de la France où la race celtique a subi le moins de mélange ; et il est permis d’en conclure que la même race prédomine également dans le groupe parallèle des 74 cantons bretons.
Gomme ce dernier groupe constitue la plus grande partie de la Bretagne, tandis que les cantons kymriques en forment seulement la sixième partie, il est facile de comprendre pourquoi, dans les relevés départementaux, où l’on prend tous les cantons en bloc, l’élément celtique masque l’élément kymrique, et pourquoi les trois départements de la Basse Bretagne sont teintés en noir sur la carte de France. Leurs numéros d’ordre (62 pour le Morbihan, 76 pour les Côles-du-Nord, 79 pour le Finistère) sont moins élevés que ceux de la plupart des départements du groupe central de la France ; en d’autres termes, le nombre des exemptions pour défaut de taille y est un peu moindre en moyenne que dans les départements les plus celtiques : ce résultat est dû à Finfluence que les cantons kymriques exercent sur l’ensemble des relevés de ces trois départements.
Nous trouvons dans les cantons de la Basse Bretagne les deux extrêmes de la taille française, c’est-à-dire deux })opulations juxtaposées, dont l’une compte parmi les plus grandes et l’autre parmi les plus petites. La répartition de ces deux populations présente une irrégularité géographique qui échappe à toute explication basée sur l’influence des milieux, et qui nous force à les considérer comme ethniquement différentes ; cette répartition ne se concilie pas davantage avec l’idée que la grande race se soit établie en Armorique par le fait d’une conquête effectuée à la suite d’un débarquement en masse, car les cantons qu’elle occupe ne se tiennent pas, ils sont dispersés sur
MÉMOIRES d’anthropologie.
quelques points du littoral, autour de la région qu’occupe la petite race-; et lorsqu’on examine notre carte, il est difficile de ne pas admettre que les immigrations des Bretons insulaires dans la péninsule armoricaine furent multiples, partielles et locales, ce qui s’accorde parfaitement avec les saines notions historiques.