DEUX INSCRIPTIONS DE THRÀGE
huit OU dix lieues environ vers Test d'AndrinopIe. Sur une sorte de base rectangulaire :
AnOAAnNI Âir^XXwvc AAIHNn àXw5
Il s'agit là d'un Apollon local^ d'un Apollon tbrace, qui porte un surnom inconnu jusqu'ici. L'adjectif ak<nr»6ç, si OU le tire du grec, se rattachera r^lièrement au mot oO.^oç, bois sacré ; ce sera « TApollon du bois sacré. » Quant à itp^ovc, s'il faut y voir aussi un mot grec, il n'y a guère moyen de comprendre cette ^itbète qu'eo y voyant un dérivé barbare de icpoyovoc, a&côtre^ et lui synonyme inconBu de ««tp^^ de np^ovix^. Ces Boms topiques de divinités sont fréquents en Tbrace, comme notre confrère M. Heuzey Ta montré dans le travail qu'il a lu devant l'Académie des inscriptions sur le sanctuaire de Baccfafus Tasibastenns, dans le canton de Zikhna,, en Thrace (l).
A VpzOj l'ancienne Byza, à la métropole* Yyza est à quelques «lilles au sud-est de Kirk-Rilisseb.
(fj Voir les 'Comptes-rendus de rAcadémie des inscriptions pour 1868, p. 919 à S31, et MiêsUm arekéohgéjue de ^aeédoint, p. liMdi.
DEOX iNSCftIPTIOHS I» THRÀCB. Sl$
fiAZIAEYZKOTYZBAZIAEAZAAAAAN
KAIBAZIAIZZANnOAEMOKPATIAN
TOï2EAYTOrrONEI2eEOI2nATPnOI2
BctffcXiùç Korvç ^ounïJa Soc^oXav
xeà ^offiktccon IloXcfiOxpocrcav
Tovç cauTov yovcTç Ococç iroerpuotç.
« Le roi Cotys consacre aux dieux patemeLs ses parents^ le roi Sadalas et la reine Polémocratia (1).
Il faut sous-entendre àv^xc. Rien de plus naturel, dans les idées grecques, que cette consécration faite par un fils des statues de ses parents aux dieux paternels ; je ne trouve pourtant pas dans ma mémoire d'autre exemple de cette formule.
Ce qui fait l'intérêt de cette inscription, c'est qu'elle parait contenir les noms de trois membres de la famille qui, pendant longtemps, r^a en Thrace sur la puissante tribu des Odryses; or, nous n'avons jusqu'id, sur cette dynastie^ que de bien courtes mentions éparses chez les auteurs, et les noms gravés sur des médailles qu'il est souvent difficile de classer. Voici, si nous ne nous trom-pon^, la première inscription historique qui vienne
(1; Cette inscription a été publiée — je m*en suis aperçu après avoir écrit ce Mémoire — par M. A.-R. Rangabé, dans les Antiquités helléniques, t. JI, p. 78i, .d» 1236; mais comme M. Aangabé ne cherche môme pas à déterminer quels sont les personnages royaux ici mentionnés et quand ils ont vécu, nous croyons devoir reproduire ce texte avec les explications et les conjectures qu*il nous avait suggérées. Quant au texte précédent, nulle part je n'en.ai/setrouvé trace.
216 DEUX mSGRlPTlOllS DE THRÀGE.
ajouter quelque chose à ces maigres renseignements. Il s'agit seulement de déterminer quel est le Cotys qui se donne ici comme fils de Sadalas et de Polémocratia.
Au premier moment, la chose parait difficile. En effet, pendant le dernier siècle de notre ère, on voit sans cesse alterner, dans la famille à laquelle obéissent les Odryses, ces noms de Sadalès ou Sadalas et de Cotys ; c'est ce dont on se convaincra en jetant les yeux soit sur les listes dressées par Mionnet (1) et par Ch. Lenormant (2), soit sur l'ouvrage déjà ancien, mais encore utile à consulter, de Cary (3).
Nous trouvons mentionné dans Cicéron, comme régnant en Thrace vers Tan 80 av. J. C, un Sadalas (4), auquel succède un Cotys. Il ne serait évidemment pas impossible que ce Sadalas ait eu une femme appelée Polémocratia et qu'à lui se rapporte notre inscription. Nous avons pourtant, pour douter qu'elle remonte si haut, une première raison, une raison préjudicielle. On n'a jamais beaucoup écrit en Thrace, comme le prouve la rareté des textes épigraphiques provenant de ce pays, et surtout on n'y a que peu ou point écrit avant que Rome, plus puissante que la Grèce, eût subordonné à l'empire ces vaillantes et sauvages tribus,
(1) Description, 1. 1, p. 447. Supplément, L U, p. 555 et 557. 0t) Tréêor de numismatique. Rois grecs, p. 9, pi. VL ^ Histoire des rois de Thrace et de ceux du Bosphore Cimmérien éclaireie par les médailles, Paris, Desaint, 1752, in-4. (4) In Verrem U, 1. 1, chap. xxnr.
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et fait passer a travers leur territoire, dont les Grecs avaient à peine entamé la lisière, de grandes voies militaires et commerciales. C'est à la suite des conquérants romains que se répand en Thrace la pratique habituelle et familière de la langue et de récriture; aussi, pour tout l'intérieur de la Thrace, n'avait-on jusqu'ici que bien peu d'inscriptions antérieures au second siècle de l'empire (1). A quelque Sadalas qu'on la rapporte, notre inscription de Vyza e$t certainement, à ma connaissance et à en juger d'après le Corpus inscriplionum Grœcarum^ une des plus anciennes inscriptions grecques que nous possédions de l'intérieur de la Thrace. Or, vu la barbarie du pays, plus nous ferons descendre notre inscription vers le temps des derniers rois de Thrace, vers le temps où la Thrace, méléé aux luttes des chefs romains et traversée en tous sens par des armées romaines, sort de son isolement, plus nous serons dans la vraisemblance historique.
J'avais cru devoir me borner à cette indication trè»-générale encore et très-vague, quand j'ai découvert un texte d'Âppien qui permet de serrer de plus près ce document épigraphique et de proposer.
(1) M. Albert Damont, dans son rapport au ministre sur son exploration de la Thrace (Archivée des missUma, nouvelle série, t VI, p. 447-&15), parle d'une inscription de Tatar-Bazardjik, dans le district de Philippopolis, qui remonterait presque jusqu'au temps d'Alexandre, à en juger par la forme des lettres et le caractère de la langue. Nous regrettons que ce texte n'ait pas encore été publié.
2{8 IMDIX nSCMPIMlM DE TSEACK.
smr l'iépoqav à laquelle a[^rtieDnent les trois personnages ici menj^Miiiés, iine c<Nijeetnre au moins très-ispëcieasè. Y<àà un épisode que nous raconte Ap^nen du «éjour qne BnUii6 fit en Macédoine, avant de passer «n Asie-Mineure pour s'y joindre à Cassîiis (43 av. J.-C) (1). « An moment <iù Brutus cherchait ainsi à rassembler des soldats et de Taisent, ¥oki rheopeose surprise gœ lui fit Ja Tbraoe. Polémocratîa, femme d'un des petits rois de ce pays (2), ayant vu son mari succimiber «ous les coups de ses ennemis, et craî- ^ant pcmr ma Sis, qui était encore tout jeona, l'amena a ftnitus, et le lui remit entrée mains; elle lui confia aussi les trésors de son mari. BniUis donna Tenfant à élever aux Cyzioéniens, en attendant qu'il eki le loisir de le rétablir dans sa royauté. Quant au trésor, il y trouva une énorme
(2) Il y a dans le texte (édit. Bidot) : ywh rcvoç rûv Poc^t^Uxâv, ce qui voudrait dire femme d*un couttiitn; iumb inâtâBom 'comne si le texte portait yvwi rcvoç rûv pceo'e^U'ffxwv, et nous ne doutons pas que ce ne soit là la vraie leçon. D*abord il serait bizarre que Thistorien pariât tÊÛmi dm cAOtisanB 4îcfn vcà, vues avoir dit un in«t de ce roi ; il y aurait là quelque chose d'inattendu et de gauche. Puis Fimportance de ce trésor montre qull B*agit du trésor d*un roi, d*an de ces amas d'or, d'argent et idtolyets précieux ^qœ lesidieAi enlénnaient dans une forteresses, éKDBunyaÇofukâxioVy comme dit Strabon : c'était avec cela que, comme un déré-bey turc, ils pouvaient payer le grand nombre de servita«ys-tHOTlte' (fBi wf «teMtappBèstL'eQK et A)leim>ittpênft.)lEt]fin, ce<qui est cendkMmt, t^estque .trois -ligneB^pluB loin, Appien t lit que Brutns ÛiepmtL l^nftmt chez 1» OyxioAnieiiB, jut^c vy^pkiamdÊv M tviv f^ùttx» MJKULynpfêè». n 6*4t|^t dmc bien d'un Sis ée roi ou plutôt -de roitelet Itaiace. Un manuscrit ^aimKnnis le ff, et les éditeurs n-auroiit jamais songé à le restituer.
quantité dW et d ai^idit, ^'H &*a|fM^ pour «en faire de la OHMiiiaie. »
L'bistoire de cette l*eMM^ Aemt foutue >utilisa m Cavalièrement le tfësoT, 8*arl*éle ik^ Appien ne nouB donne |»Ditit -d'aMres détails ni sur elle, ni rarTenfant qui fiitcoftfiéattï Cyzicéiiiens ; il a des événeittents ^^ttos importaiits à )raicôûti3r> Voyons done, k l'aide d'autres textes, si le mari de Poléuocratia -poiMiit s'appeler Sadalàs*. Or, nous trou- YOM préoîséineiit au temps de la guerre dtile entre GéfiM* et Pofiq)ëe,^6n 4i^, un Sadalas qui oommande les troupes eavoyéciis par son «père Cotys, roi des Odrysès, au secours de Pompée (i). Cotys iparait être «ftort pendant la ^guerre, ear Dion, racontiuat que César toe dépouUla pas les. princes d'Orient qui s'-étaient montrés dévoués aiàx intérêts de Pompée^ cite cotiane ayant obteiïti^u vainqueur leur pardon « le Galate D^jotare «t le Tlirace Sadalas (2). »
Plus loin («3), Dion, en «racontant les -événements de l'année 43^ |>arle d'une expédition de Brutus en Xhrace pour y prendre possession du territoire de Sadalas; caa>, ^oute*t-^il, « meurant sans enfants, il avaitléguésoniH^yaume aux Aomaias. ») Cette prise de{K)ssession iat suîivie d'«ûe inoursion^dans le;pays des Besaes^ .{ptands «ennemis de ces Odryses qui se trouvaient ainsi rangés sous la .protection de Rome.
(1) Caesar., De Bel, Civ., IH, 4. Dion, XLl, 51. Lacain, V, 54.
(?) xLi, es.
(S) ftLVU,i5.
230 DEUX IlfSCRlPTIOIfS DE THBAGE.
Il semble que le texte de Dion devrait nous arrêter dans la conjecture que nous avons formée, dans la tentative que nous faisons pour rattacher la Polémocratia qui vint implorer le secours de Brutus au Sadalas qui combattait à Pbarsale. Nous croyons pourtant qu'il ne faut pas s'exagérer la gravité de l'objection. Quoique Âppien et Dion ne nous parlent pas dans les mêmes termes de cette promenade militaire de Brutus en Tbrace, et que cbacun d'eux ait des détails qui manquent à l'autre, ils placent tous les deux ces événements au même moment, et, dans l'ensemble, leurs récits sont trop concordants pour que l'on ne voie pas qu'il s'agit ici des mêmes faits diversement racontés. Nous ne verrions donc dans cette parenthèse de Dion : u mort sans enfants, il avait laissé son royaume aux Romains, » qu'une explication que l'historien avait cru devoir ajouter pour expliquer ce fait de la remise du royaume des Odryses aux Romains, explication que lui avait suggérée l'analogie d'autres cas semblables. Les fils devaient bien rarement manquer dans ces familles des chefs thraces, qui paraissent avoir pratiqué la polygamie ; ce qui est continuel au contraire dans cette histoire, ce sont des guerres de succession entre plusieurs fils qui se disputent le royaume. Nous croirions volontiers que Dion, manquant de détails sur cette occupation du territoire des Odryses et ne se souciant guère d'ailleurs d'en chercher, a légèrement altéré en les
BEin INSCRIPTIONS BB THRÀG£« 221
interprétant des faits qu'Âppien aurait présentés d'une manière plus exacte. Ce n'est pas parce qu'il n'avait point de fils, mais parce qu'il n'avait qu'un fils mineur, que Sadalas, au moment de périr, aurait légué son royaume aux Romains, ou plutôt, comme cela arriva plusieurs fois pour ces royaumes d'Orient, le leur aurait confié à titre de dépôt, en nommant le sénat tuteur de son fils en bas âge. L'arrivée de Polémocratia auprès de Brutus, avec son fils et son trésor, ne serait que l'accomplissement des dernières volontés de Sadalas, qui, en se voyant perdu, aurait ordonné à sa veuve d'invoquer la protection de ces suprêmes arbitres et de se livrer, avec l'enfant royal, entre leurs puissantes mains. La manière dont Brutus en use avec le trésor du défunt nous indique bien que Brutus se regarde, ainsi que l'indique Dion, comme héritier et légitime possesseur. Si on n'a pas refusé de nous suivre jusqu'ici ; si l'on a consenti à admettre l'identité des événements racontés par Dion et de ceux que nous rapporte Appien ; si on admet avec nous que Dion, pour rendre son récit plus clair, a pu supposer, ce qu'aucun texte ne lui apprenait, que Sadalas aurait institué le peuple romain son héritier parce qu'il n'avait pas d'enfants, on ne sera pas embarrassé pour trouver le Cotys, fils de Sadalas et de Polémocratia, qui aurait régné en Thrace et aurait, pendant son règne, honoré ses parents en leur élevant
9ÊÊ Mvx msGMRieii» w^ mwke».
le monumem doni noqs devoiis k M. Tissot de con* aaitre l'inscription. L'enfant qui fut ameM par sa mère à Br«tas, «nfont en qui noos oroyone pcHi^ ^rreconnaitre*lefilsde Sadalas etdePaUniocratia, était trop jenne pour pouToîr tout de suite être mis à la tète de tribue indociles et sauvages ; ki psoteetion que lui aTait accordée Brutus bo dut d'aitteurs pas contribuer à hii gagner les bonaes grâces d'Antoine et d'Octave, vainqueurs à Philippe. Ce fut donc quelque autre chd^, peut-être un membre de la même famille, qui fut mis k la tête des Odryses, dont le territoire, en dépit du testament mentionné par Dion, ne devait pas être encore de si tôt réuni k l'empire. Parmi les rois barbares qui, dans la guerre d'Aclium, étaient venus apporter leur concours k Antoine, Plutarque nomme Sadalas, roi de Thrace (1). C'est ce Sadalas qui, dans les listes dressées par les savants dont nous avons cité plus liaut les ouviragœ, porte le nom de Sadalas 111. Or, après Actium, ce chef fut certaioement dépouillé par Octave; celui-ci, Dion nous le dit de la manrëve la plus formelle, dépouilla tous tes princes qqi avaient soutenu la cause d'Antoine (2). Arehelaus de Cappadoce et Amyntas de Galatie, qui sut foire défection au bon moment, furent seuls épar<gnés (3).
(i) Platareh., AiUon., 61.
(2) Dion, LI, 2.
(3) n conviendrait d>iouter à la liste de ceox que Dion cite seuls
DCux nscRimMs db tbraob. SK
Dîoii ni aucun aitf re historien ne nous ptrie du successeur de Sadalas UI ; mais en 16 av. J.-»C., Dion nous^ parle des opérattons qu'entreprit en Thrace Marcellus Lollius pour soutenir contre une nouvelle invasion des Besses tes bëritiera légitimes du royaume des Odryses, les jeunes fils de Cotys, que ne suait pas à défendre contre ces cruels ennemis leur oncie et tuteur Rbymetalkës (1). Un peu phis loin, Dion nous donne le nom d'un de ces fils de Cotys, Rhascuporis, qui fut tué par les Besses (2).
Le Cotys dont nom pouvons conclure de cette mention l'existence et le règne est celui que les modernes appellent Cotys IV (3). Après Aetium, Octave, a enlevant^ comme dit Dion, à tous les dynastes et à tous les rob les territoires et les villes qu'ils avaient reçus d'Antoine, » dut songer à cet enfant qui, demeuré dans la retraite au temps où les triumvirs, vainqueurs à Pbilippes, récompensaient ceux qui les avaient servis, avait grandi dans l'exil et pouvait passer pour un prétendant. Le souvenir de Brutus, au bout de douze ans, était
comme a^ant tu obtenir leur pardon Qt rentrer en grâce aufrif d'Octftve Hérode-le-Grand.
(1) Dion, LIV, 20.
(2) Ibid.y 34.
(3) Sur Cotys V, voir les renseignements réunis par M. E. Curtius, A propos d'inscriptions fort curieuses récemment découvertes à Gyxiqoe. iMonatsberichte de TÀcadémie de Berlin, janvier 1874.) Gç prince avait épousé Ântonia Tryphœna, fille du roi Polémon et de la reine Pjthodorîs.
224 DEinC INSGRIPTIOnS db thrage.
bien efface. L'intervention de Bnitus en faveur de Tenfant que ses parents avaient confie au peuple romain s'était bornée à donner à la mère quelques bonnes paroles et à battre monnaie avec son trésor. 11 n'y aurait donc eu rien d'étonnant à ce qu'Octave, voulant mettre à la tète des plus civilisés et des plus vaillants d'entre les Thraces un homme à lui, eût fait porter son choix sur celui dont la place avait été prise depuis Pbilippes par la créature d'Antoine, sur un Cotys héritier direct de ce Sadalas qui avait obtenu son pardon du grand César, et qui était mort en invoquant Tappui des généraux romains.
Nous n'avons réussi, en étudiant la série de ces princes thraces, qu'à réunir des vraisemblances, qu'à grouper des probabilités ; espérons que la découverte de nouveaux textes pourra fortifier et confirmer ces inductions. M. Albert Dumont, dans son exploration de la Thrace, ne parait pas avoir retrouvé de textes ou de monuments figurés qui se rapportent à ces dynasties locales. Pourtant, dès cette époque, les statues de ces princes ne devaient pas être rares. L'inscription que nous venons de commenter semble avoir été gravée sur un piédestal ; on dit à M. Tissot que cette pierre avait été trouvée, il y a vingt-cinq à trente ans, avec des fragments de sculptures, et une tête de femme ornée d'un diadème et d'un voile. Cette tête était sans doute celle de Polémocratia : il est plus que probable
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qu'il y avait là, au-dessus de cette plinthe, deux statues assises ou debout qui représentaient le roi et la reine des Odryses. Qui sait si on ne retrouverait pas ce débris intéressant dans ce musée de Sainte-Irène qui est si mai connu, et qu'il importerait d'étudier et de décrire enfln en détail (1)? On assura à M. Tissot, dans le pays, que, lors de la découverte, cette tête avait été envoyée à Constantinople.
(1) M. Dumont a essayé d*en donner tout au rooins un catalogue pro' visoire (voir Revue archéologique, nouvelle série, t. XVIII, p. 237-263); mais ce travail a dû être fait à la hâte, et n^est accompagné d'aucune planche. D'ailleurs, il date déjà de plusieurs années (18^.