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la forme d'une ëdicule (1). Quelques variëtës que l'oD puisse d'ailleurs relever dans la manière dont sont placés et groupés ces symboles, ce qui ressort de cette comparaison, c'est que la présence, dans le champ du bas-relief, de certains signes groupés à peu près comme le sont les hiéroglyphes dans l'écriture hiératique de l'Egypte ne nous autorise aucunement à parler d'influence ou d'imitation de l'Egypte, encore bien moins à attribuer à des artistes égyptiens l'ensemble de l'ouvrage. Cette combinaison, cette manière de placer et de grouper certains signes, était, nous le voyons par les bas-reliefs de la Ptérie, dans les habitudes des rudes sculpteurs qui nous ont laissé ces étranges monuments des vieilles monarchies de la péninsule (2).
Avant de quitter le monument de Nymphi, faisons une dernière remarque. Hérodote parle de deux monuments de Sésostris, comme il dit, dont l'un se trouverait sur la route de Smyme à Sardes, et
(1) Voir Exploration archéologique de la Galatie, pi. 44, 45, 47, 48, 50. Dans le mieax conserré des bas-reliefis assyriens du Nahrrel- Kelb (F de la planche des Monumenti inediti) plusieurs emblèmes sont riéunis, dans le champ, devant la tète de la figure.
(2) Il nous semble apercevoir un certain rapport entre le peu que nous distinguons des emblèmes ou signes gravés devant la figure de Nymphi et les moins ef&cés des signes qui forment un grand tableau, composé de plusieurs longues lignes parallèles, sur un rocher de Pterium (Exploration archéologique de la Galatie, pi. 35). Nous tenons à la disposition du savant que tenterait cette comparaison les photographies originales, toii^^'i^^ ^^ P^^ P^^ nettes que la reproduction litho-photographique, et plus susceptibles d'être étQdiée9 à la loupe.
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Fautre sur celle d^Épbèse à Phocée. On a généralement r^ardé le guerrier de Nymphi comme représentant le prétendu Sésostris de la roule de Sardes ; celui de la route d'Éphèse serait encore à trouver, en admettant que le temps ne Tait point détruit. Selon toute apparence, c'est le contraire qui est vrai, et il faut renverser la proposition « Il suffira de jeter les yeux sur la carte de M. Kiepert pour douter que le monument dit de Nympbi soit sur la route de Smyme à Sardes, et, comme nous en avertit M. François Lenormant, qui a visité le prétendu Sésostris, cette impression est bien plus vive encore quand on se trouve sur le terrain et qu'on parcourt ce canton. La route moderne de Smyme aux ruines de Sardes, qui ne peut s'écarter sensiblement de l'ancienne route, suit la vallée du Nif-Tchaif qui est dirigée de l'est à l'ouest. Le basrelief se trouve à une grande heure de cette route, dans le ravin latéral de Karabéli. Ce ravin est dirigé du sud au nord, et le bas-relief n'est visible que quand on s'est engagé dans cette goi*ge, où coule un petit affluent du Nif, et qu'on l'a remonté jusqu'à une certaine hauteur. Jamais la route de Smyme à Sardes n'a pu pénétrer dans celte gorge, et il serait étrange qu'Hérodote indiquât comme se trouvant sur cette route un bas-relief qui aurait été caché à plusieurs kilomètres du chemin, dans une étroite brèche de la montagne. On se demande aussi pourquoi l'antique conquérant, quel qu'il
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soit, aurait ëté cacher ce monument de son passage et de ses exploits dans un ravin détourné et où personne n:'aurait passé. Tout s'explique si Ton admet que c'était la route directe d'Éphëse à Phocée qui traversait la goi^e de Karabéli. Que l'on regarde l'excellente carte à laquelle il faut toujours renvoyer pour tout ce qui se rapporte à la géogira* phie de l'Asie-Mineure, et l'on se convaincra que cette route d'Ëphèse à Phocée a dû passer par un des ravins qui sont parallèles à celui de Karabéli. La présence dans celui de Karabéli du guerrier qui a vu Hérodote nous prouverait que de toutes ces gorges qu'a pu suivre la route d'Épbëse pour venir couper, en quelque point voisin du bourg actuel de Nymphi, la route de Smyrne à Sardes, c'est la gorge de Karabéli qui avait été préférée. Il serait curieux de chercher, par une exploration attentive de tout ce district, s'il existe encore quelques vestiges de l'ancienne voie, et d'examiner si l'étude du terrain conflrme la conjecture que nous a suggérée notre savant ami^ M. François Lenormant.
Si l'on conservait quelques doutes sur l'origine de la figure de Karabéli, et que l'on inclinât encore à l'attribuer à FÉgypte, on n'aurait, comme contreépreuve, qu'à examiner les dessins qui nous ont fait connailre les monuments, certainement égyptiens, qui, sur la côte de Syrie, au Nahr-el-Kelb et à Adloun, rappellent les conquêtes et le passage
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de Rbaindès(i). On verra combien, dans ces basreliefs égyptiens de Syrie, tout diffère de nos basreliefs de TÂsie-Mineure. Ce n'est plus ni le même style, ni les mêmes proportions dans les figures^ mais quelque chose de bien plus élancé, de bien moins trapu ; ce n'est ni la même pose, ni le même ajustement. Le cadre des bas-reliefs égyptiens a aussi un tout autre caractère ; au Nahr-el-Kelb, au lieu d'une niche grossièrement pratiquée dans le rocher, nous trouvons un élégant édicule que surmonte un entablement ; cet entablement est formé d'une sorte de frise que remplit le disque ailé, et d'une corniche que caractérise la goi^e égyptienne. Comment le conquérant qui, pour perpétuer le souvenir de ses victoires, aurait, en Syrie, fait tailler dans le roc, avec un soin extrême, des bas-reliefs du plus pur style égyptien, accompagnés de longues inscriptions hiéroglyphiques, se serait-il contenté, en Asie-Mineure, d'une figure exécutée dans un tout autre style, avec bien moins de soin et d'art, où rien, ni la décoration, ni les proportions, ni le costume, n'eût été égyptien ?
(1) On trouvera ces dessins, à une grande échelle, dans les MonU' menti ineditide rinstitat archéologique, 1838, pi. 21 [Annali^ L X, p. 12) ; dans Léon de Laborde, Voyage de V Asie-Mineure et de la Syrie^ pi. 31, 32, 33; dans Lepsius, JSgyptiacfie Denkmœler^ partie III, pi. 197. — On les trouvera réduits dans le Monateberichle de r Académie de Berlin, juin 1854, et dans deux planches ajoutées par M. de Bertou, l'auteur des premiers dessins publiés par Tlnstitut archéologique, à un article qui se trouve dans la onzième année de la Revue archéologique (1^* série). Cet article a pour titre : Lettre à M, de Saulcy sur les monuments égyptiens du Nahr^l'Kelb.
BAS-REUEF DE imiPHI. ii
Sans parler du prétendu cartouche, rinscription, aujourd'hui disparue, qu'Hérodote nous assure avoir été gravée sur le baudrier, d'une épaule à l'autre, nous est encore une raison de douter. On l'a déjà remarqué, ce n'est point ainsi que l'artiste égyptien disposait les textes hiéroglyphiques ; ce n'est point cette place qu'As occupent dans les bas-reliefs du Nahr-d-Kelb, qui, suivant l'historien, appartiendraient à la même époque et au même rè^ne que celui de Karabéli (1).
L'opinion qu'Hérodote repousse avec une certaine vivacité était donc la vraie ; ils ne se trom*
(1) Hérodote parait avoir été frappé de la diiférence qu'il y avait entre les figures qu'il avait vues en lonie et qu*il attribuait à Sésostris, et celles qu'il avait remarquées • dans la Palestine syrienne, » comme il dit. L'inscription qui se trouvait, affirme-t-il, sur la poitrine du guerrier de Nymphi, ne contenait ni le nom, ni la patrie du conquérant représenté. En admettant donc que Ton ait donné à, Hérodote une traduction fidèle, et non purement arbitraire, de cette inscription écrite dans un système de signes dont Hérodote lui-même n'avait pas la clé, rien dans cette inscription n'autorisait Hérodote, lui-même a l'air de le sentir, à reconnaître ici Rhamsès ; c'est de sa part une attribution qui s'explique par l'impression que lui avaient foite les récits des prêtres relatifs au victoires de Sésostris. c Vous retrouverez, lui avaient-ils dit, jusqu'en Colchide, les traces du passage de Sésostris. » Ainsi averti et prévenu, Hérodote ne pouvait manquer de les retrouver; partout où s'offrait à lui une de ces images de conquérant taillées dans le roc, il croyait aussitôt reconnaître Sésostris. Il ne put pourtant s'empêcher de remarquer que les bas-reliefs de la Syrie étaient accompagnés d'inscriptions qui donnaient le nom de Sésostris (il avait sans doute appris en Egypte à reconnaître les cartouches de certains rois), tandis qu'en lonie le conquérant ne se nommait pas, et que ceux-ci pouvaient voir une statue de Memnon dans ce qui, pour Hérodote, était un Sésostris. Qu'on relise avec attention le chap. 106 du liv. il, et on se rendra compte des différences qu'Hérodote avait observées entre les bas-reliefs authentiques de Rhamsès en Syrie et les pseudo-Sésoatris d'Ionie.
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paient pas ceux <}ui, dans le guerriar armé de Tare et de la lance, aimaient mieux voir Memnon que Sésostris ; pour leur donner raison, il suffît de traduire leur assertion dans le langage de la science moderne. Memnon, dans les traditions deTépopée, c'était un roi d'Assyrie (1); or, quel que soit le souverain ou le peuple qui ait été ici représenté, il est certain que dans c^tte 6gure, comme dans celles que nous en avons rapprochées, Tinfluence qui se marque de la manière la plus évidente, ce n'est pas celle de l'art égyptien, mais celle de cet art assyrien qu'ont fait connaître à l'Europe les découvertes de MM. Botta et Layard (2).
L'impression de ce travail était déjà terminée quand nous avons reçu de M. Hyde Clarke une
(1) Les Grecs appelaient sans doute statues de Memnon les sculptures assyriennes ou médiques qui repràsentaient le type aiiyour^ d'hui si bien connu de nos archéologues, le roi, coiffé de la tiare, avec le grand nez busqué, la chevelure et la barbe frisées. Ceux des Grecs que leurs aflkires ataient conduits à la cour du grand roi s'étaient familiarisés avec ce type dans les palais de Ninive et de Babylone; en le retrouvant sur les rochers de la Syrie et de rAsie-Mineure, ils lui avaient donné le nom du héros qui représentait pour eux, dans sa légendaire splendeur, la puissance de la lointaine Assyrie.
(3) Nous sommes heureux que nos impressions et nos conjectures soient en parfait accord avec celles de M. Clarke: c Mon humble avis, nous écrit-il, est que ce monument n'est pas proprement assyrien, mais qu'il se rattache au style, à Tart de TAssyrie, que peui-étre il représente un type allié, mais indépendant. 9
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pfiotogrephie de la célèbre figure du mont Sipyle, entre Magnésie et Smyme, oii on a cru reconnaître la Nk>bé dont parlent Sophocle et Ovide. Nous aurions cherché à mettre cette épreuve sous les yeux des lecteurs de la Revue ^ si die avait pu, comme celle du guerrier de Nympbi, leur apprendre quelque chose; mais cette figure colossale est tellement fruste que, si Ton n'était pas averti d'avance de ce que l'on doit chercher dans Timage photogra* pbique, au premier abord Tœil ne s'y retrouverait pas et ne saurait on se prendre. L'habile artiste, M. Svoboda, s'était pourtant arrangé pour obtenir son cliché au meilleur moment de Tannée, quand il y a sur la gigantesque statue le moins d'eau coulant le long du roc, et le moins d'herbe attachée aux anfractuosités de la pierre.
Le seul renseignement que l'on puisse tirer de cette photographie, c'est que la figure était, comme nos bas-reliefs de Boghaz-keui, de Ghiaour-kalé et de Nymphi, taillée au centre d'une sorte de niche pratiquée dans la surface du roc. Il y a là le même procédé, la même disposition générale. Seulement le relief de la Niobé est bien plus fort ; c'est presque une ronde-bosse. Quant à trouver dans cette masse, qui donne certainement Tidée d'une femme assise, un simple accident du roc, un lusus nalurœ^ c'est là une manière de voir à laquelle, nous assure M. Glarke, il faut tout à fait renoncer ; les traces du travail humain sont évidentes, nous
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dit-il, pour quiconque a tu le monument. La photographie même, attentivement étudiée, suffit à donner cette impression. C'est là tout ce qu'on peut affirmer. Dans l'état où les siècles ont mis cet étrange monument, il parait difficile que la science aille plus loin, et qu'elle arrive à déterminer quels étaient le style et le caractère de cette figure, quels en étaient les attributs, et quel nom il con* vient de lui donner (1).
(1) M. Texier croit reconnaître dans cette figure une statue de Cybèle dont parle Pausanias (III, 22). Voir son Asie^Mineure (Univers pittoresque), p. 266. Cette figure colossale a été donnée par Steuart (A Description of some ancient monuments stUl exisHng in Lydia and Pkrygia, ^, Londres, 1842).
BRONZE D'ASIE H I N EU RE I Bastt i= Loi
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