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nous a été confiée ; le procédé litho-photographique, auquel la Revue a bien voulu recourir sur notre demande, réunit à la fidélité incontestable de l'image tracée par la lumière la solidité et la durée de l'impression lithographique.
En étudiant avec quelque attention la planche ci-jointe (1), on reconnaîtra que l'instrument au moyen duquel a été obtenu le cliché était bien placé en face et au niveau du bas-relief, et que par suite toutes les larçeurs nous sont exactement données. Il n'en est pas tout à fait de même des hauteurs; la surface du rocher étant inclinée en talus, il résulte de cette disposition une légère déformation. Étant donnée la disposition des lieux, qui offre, à ce qu'il parait, de très-grandes difficultés à l'emploi de l'appareil photographique, il était peut-être bien difficile d'éviter ce petit défaut ; M. Clarke, nous le savons, s'est donné toutes les peines du monde pour que le cliché fût pris dans les meilleures conditions possibles. Il n'y aurait que très-peu de chose à faire pour redresser la figure, l'inclinaison du talus étant assez faible, et pour obtenir ainsi, dans un dessin, des rapports tout à fait exacts. Même en tenant compte de cette altération, quelque légère qu'elle soit, on peut reconnaître et affirmer, d'après cette image, que le dessin de M. Kiepert, quoiqu'il pèche en élargissant, en alourdissant un peu trop la figure, se rap-
(1) Planche l.
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proche beaucoup plus de la vérité que celui de M. Texier (i).
Quand on a sous les yeux la photc^raphie que nous reproduisons et qu'on la rapproche des deux figures de Ghiaour-kalé et de celles de Boghazkeui (2), on est aussitôt frappé d'une ressemblance qu'auraient pu contester ceux qui se seraient appuyés sur le dessin de M. Texier. Malgré la diffé* ronce des armes (l'arc et la lance ne se retrouvent point à Ghiaour-kalé ni à Boghaz-keui) (3), il y a tant de rapports que l'on ne saurait, à ce qu'il nous semble du moins, conserver aucun doute sur l'origine commune de tous ces monuments sculptés sur le roc. Le mouvement de la figure est identique à celui des figures de Gbiaour-kalé et de Boghaz-keui; c'est le même bonnet, orné aussi d une espèce d'uréus ; c'est la garde de l'épée, qui a même forme et est indiquée de même manière ; c'est la tunique, qui offre le même aspect et qui descend jusqu'au même point ; c'est enfin la chaussure, si curieuse et si caractéristique. Mais ce qui est encore plus important, ce qui fait
(1) M. Kiepert parait avoir pris le contour de Tare, qui eist incomplètement évidé dans sa partie inférieure, pour le contour de la figure même. De là un épaississement sensible du corps.
(2) Explorât, archéol. de la Galatie., pi. 10, 30-52.
(3) M. Hyde Clarke nous fait remarquer que les armes du pseudo-Sésostris, comme il rappelle, sont celles-là môme que porte le roi sur certaines dariques. Il y en a où Tare et la lance occupent juste la place que leur assigne Hérodote dans la description qu*il f^t de la figure que l'on a cru reconnaître dans le monument de Nymphi.
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etacore sur Tobservatetir qui d quelque habitude des questions d'art uue impression plus profonde, c'est la ressemblance complète des proportions, l'identité de style qui existe entre tous ces basreliefs de l'Âsie-Mineure. Non seulement ils sont tous ainsi dessinés, à plat et sans modelé, ou avec un modelé si faible qu'il n'en subsiste rien aujourd'hui, au centre d'une aire, d'une sorte de niche, creusée dans la surface du roc ; mais c'est la même attitude donnée au corps, les mêmes dimensions proportionnelles des différentes parties, la même manière de représenter soit le nu, soit le vêtement. Or, on le sait, les peuples chez qui l'art est encore en enfance, une fois qu'ils ont adopté une manière plus ou moins exacte de représenter la figure humaine et ses accessoires, ne s'en écartent plus tant que leur civilisation ne se perfectionne pas ; ils la reproduisent indéfiniment, sans s'essayer à la varier, sans que l'on puisse trouver, dans les œuvres successives de cette plastique rudimentaire, ces différences toutes personnelles, ces diversités infinies d'interprétation qui supposent un art trèsmaitre de lui-même, très-sûr de lui et des moyens qu'il emploie. Au début de toute plastique et dans la première période de son développement, on arrive vite à une certaine forme conventionnelle, toujours la même comme proportions, comme attitude et comme costume. Le peintre ou le sculpteur se sent encore inhabile à imiter le modèle
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SOUS tous ses aspects et dans la succession de ses changements possibles ; il figure donc toujours le corps posé et yétu de même ; et, quels que soient les défauts de cette représentation, elle suffit aux esprits naïfs à qui elle s'adresse ; bien des peuples ne dépassent point la période où l'art répète indéfiniment cette sorte de type abstrait, signe plutôt que copie de l'objet figuré. Or, il suffit pour s'en convaincre de rapprocher les différentes figures que nous avons indiquées et de les mesurer de l'œil : des rochers de la Cappadoce à ceux de la Lydie, un même type avait été adopté, une même convention avait cours, était comprise et acceptée par toutes les imaginations. Cette interprétation, on ne saurait trop le répéter, diffère à tous égards de celle qui avait prévalu en Egypte ; elle a bien plus de rapports avec celle où s'était arrêté, à une époque qu'il est difficile de fixer avec précision, l'art assyro-babylonien.
On s'est appuyé, pour confirmer l'assertion d'Hérodote et l'origine ^yptienne du bas-relief, sur le prétendu cartouche hiéroglyphique qui se trouverait entre la tête de la figure et la lance. II y a déjà longtemps, comme nous l'avons constaté, que les égyptologues ont déclaré ne pas reconnaître dans les signes qu'on leur présentait un groupe d'hiéroglyphes lisible. Notre photographie prouve d'ailleurs que l'on a singulièrement exagéré la netteté que présentent ces signes. D'après le
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dessin de M. Texier, ils seraient aussi visibles, aussi bien conserves que Tare, par exemple, ou la lance ; or, tandis que ces deux accessoires se distinguent aisément et paraissent ressortir sur le fond, on voit seulement, dans notre planche, qu'entre la tête et la lance se trouvaient certains signes ; mais quelle était au juste la forme de ces signes, c'est ce que l'on ne saurait déterminer, même sur l'épreuve directe, un peu plus nette et présentant de plus vives arêtes (1). Le seul fait certain, c'est l'existence en cet endroit d'un groupe de signes ; or, cette disposition est loin de prouver Torigine égyptienne. Nous avons trouvé à Boghazkeui, devant des ôgures où ne se retrouve certes aucun souvenir, aucune imitation de l'Egypte, des groupes de symboles auxquels on aurait pu prêter tout aussi bien qu'à celui de Nymphi le caractère d'un groupe d'hiéroglyphes ; tantôt ils sont isolés dans le champ où se détache la figure ; tantôt ils sont renfermés dans une sorte de cadre qui affecte
(1) Voici ce que nous écrit à ce suget M. Hyde Ckrke, qui a visité plusieurs fois le monument avec des érudits et des connaisseurs anglais, français, allemands : c Pour la question des hiéroglyphes, tous ceux qui, dans ces derniers temps, ont examiné le monument, sont d'avis qu'il n'y a point là d'hiéroglyphes, et qu'il n'y en a jamais eu ; il y a des emblèmes assurément, comme sur d'autres monuments de ce genre. Pour la question de cartouche, dans l'état délabré du monument, je n'ose affirmer positivement; mais mon impression est contraire au cartouche. Je ne pense pas qu'il y ait une simulation du cartouche, ni rien qui rappelle l'Egypte. » M. Waddington, qui a vu, lui aussi, le monument, est tout à lait du même avis.
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