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Mémoires d'archéologie et d'ethnographie américaines

Je me propose de grouper sous ce titre une série de notes ou de petits mémoires, consacrés à la solution d’un certain nombre de problèmes plus ou moius difficiles (jui se sont successivement posés, pendant (pie je classais les importantes colleclious américaines du Musée du Trocadéro.

Les auteurs qui ont écrit sur le passé dos peuples du Nouveau Monde s’étant bien moins préoccupés, pour 1a plupart, d’étudier enolles-mtMnosles civilisationsqui florissaient avant l’arrivée dos Européens, que de cbercber dans les divers monuments qu’elles nous ont laissés des documents à l’appui de quelque tbèse pliilosopbique ou religieuse, la littérature archéolo(j\(pie proprement dite est relativement pauvre dans toute l’Amérique espagnole.

Quand on a cité les mémoires de Marquez ou ceux de Gama, auxquels il manque d’ailleurs un grand nombre de planches, quand on a mentionné les livres d<î Dupaixet de Nobel, quelques études insérées par llumboldt dans les Vues des Cordillières, et quelques pages do Brantz Meyer et de Waldeck, quand on a énuméré enfin les travaux plus récents de Ramirez, Orozeo y Borra, Doutrelaine, Guillemin-Tarayre, Brasseur, (’-bavoro, Mendoza, Sanchez, Cbarnay,Valenlini, l*ulnam, etc., on a à peu près épuisé la liste des auteurs qui ont utilemeut abordé l’étude des anli(juités rnpxicaines.

On trouve, dans ces écrits de valeur très inégale, dos études quelquefois remarquables sur certains monuments importants de Tart aztèque, temples ou statues, picores de sacrifice, ebrono-

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DÉCADES AMÉRICAINES

grammes, etc., mais on y chcrchorait vainement des représentations fidèles, des descriptions exactes, dos déterminations précises applicables au plus grand nombre des petits objets que rapportent do l’Anabuac les voyageurs et les arcbéologues. Ij’ethnograpbie détaillée dos peuples anciens du Mexique est en grande partie à faire. Il existe fort beureusement sur ce curieux et intéressant pays des sources d’informations d’une valeur tout exceptionnelle. Je veux parler d’une part des manuscrits indiens, moins rares qu’on no se l’était pendant bien longtemps figuré, et de l’autre des relations castillanes ou aztèques, contemporaines de la conquête, qui se retrouvent et se publient peu à peu à Mexico comme en Europe.

J’ai puisé largement à ces deux sources d’informations, et i’espî-re avoir réussi, dans les pages qui suivent, à éclaircir un certain nombre de points, restés jusqu’à présent obscurs, dans rctbnograpbie des peuples civilisés de l’Analmac.

Sur l’Amérique TiOntrale nous possédons aussi des manuscrits fort instructifs; la description des monuments anciens de l’istlimc a été poussée assez loin sans être complète, mais l’ethnograpliic détaillée est moins connue que celle des régions mexicaines.

Sauf quelques localités bien circonscrites, telles que Palenqué et Soconusco en (’biapas; Tikul, Cbicbcn Itza, etc., en Yucatan ; Tikal, Santa Lucia Cosamabualpa en Guatémala ; Omctepec, sur le lac de Nicaragua et divers points du Ebiriqui, on connaît mal les anciens centres de la civilisation indigène. L’étude de la côte du Darienet du bassin de la Cauca est moins avancée encore.

Les nombreuses fouilles exécutées dans le Condinamarca et dans les régions voisines ont rarement été suivies avec une attention suffisante : Uricoecheact M. Posada Arango sont à peu près les seuls (jui aient publié des renseignements détaillés et précis sur l’ethnographie des anciens Muizeas ou Cbibchas.

En E(}uateur, l’archéologie promet aux chercheurs bien des découvertes fructueuses, et les récentes explorations ont amené des découvertes fort intéressantes, demeurées pour la plupart inédites jusqu’à l'heure actuelle.

Au Pérou enfin et en lîolivie, si l’on a beaucoup écrit sur les

IN rRODUCTION

choses (lu passé depuis Garcilasso de la Vega et Zarale, jusqu’à MM. Ries et Stübel, on a rarement serré de près l’oliservalion ethnographique. Doinhey, par exemple, qui a tant vu de choses remarquables pendaut ses voyages à l’intérieur du pays, n’apoint éprouvé le besoin de donner la nomenclature exacte des localités d’où proviennent les objets qu’il envoyait au Cabinet du Roi, et nous pourrions citer des ouvrages tout récents qui, malgré leur apparente exactitude, fourmillent d’erreurs de détail et négligent souvent les questions les plus importantes.

Les anciens peuples sauvages des deux Amériques sont relativement mieux connus que les nations civilisées dont nous venons de parcourir la liste.

Les Etats-Unis et le Canada au Nord, le Brésil ef la République Argentine, au Sud, possèdent des archéologues et des ethnographes nombreux et éminents, qui ne perdent aucune occasion de pcu’fectionner l’étude du passé dans leurs contrées respectives.

Les beaux travaux de ^IM. Moreno, Amegbino, etc., ont laissé très peu à faire sur le territoire argentin, etgràce à Lund, à Ratb, à M. Neto et à ses collaborateurs, on commence à connaître fort bien les antiquités du Brésil.

Nous laisserons donc do côté, dans ces décades, les régions atlantiques de l’Amérique méridionale, et si nous consacrons deci delà quelques pages à l’archéologie du Nord américain, ces courtes études seront bien plutôt destinées à résumer, à l’usage de nos lecteurs européens, les remarquables ti'avaux de Squier et Davis et de leurs nombreux successeurs, qu’à aborder l’examen des problèmes, presque tous résolus aujourd’hui, que peuvent soulever les rares documents inédits qui nous sont parvenus des Etats-Unis on de l’Amérique anglaise. x

Il nous arrivera quelquefois de parler aussi des populations disparues des Antilles. Les antiquités de Porto-Rico sont à peu près les seules qu’on ait étudiées en détail dans ce grand arcliipel, et l’on peut, presque à coup sûr, renvoyer au catalogue de ]\I. Otis T. Mason chaque fois qu’il est question de cette îb‘. Mais les terres voisines sont beaucoup moins connues et grâce aux documents rassemblés par M. Deboux, à llaïli, M. Ciuesde

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ol quelques autres, à la Martinique, à la Guadeloupe, etc., il nous sera possible d’ajouter quelques données nouvelles et intéressantes à l’ethnographie des anciens Cihouneys.

Nous nous proposons enfin d’aborder l’examen de quelques questions archéologiques relatives aux bassins de la Haute Amazone et de l’Orénoque, à l’aide des matériaux recueillis par notre regretté Crevaux.

Ce vaillant explorateur nous avait fait promettre, en quittant pour la dernière fois la France, de publier, s’il ne revenait point, l(‘s documents ethnograpbiques qu’il avait si laborieusement rassendilés. Nous ne faillirons point à cette tâche, et c’est à sa chère mémoire (|ue nous dédions ces décades.

PREMIÈRE ÜÉCADE

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