‹ Mémoires d'archéologie et d'ethnographie américainesChapitre 3 sur 43 · UN INSIGNE DES PONTIFES AZTEQUES · texte numérisé non relu

UN INSIGNE DES PONTIFES AZTEQUES

mesure 23 mm. dans son plus grand diamètre et se trouve percée d’un trou rond de 8 mm. de diamètre ; enfin la portion basilaire, irrégulièrement ovale, haute de 37 mm., perforée d'un trou en 8 de chiiïre do 10 mm. de haut, 4,.'î mm. et 3 mm. de large, se termine par une soie amincie, qui ne mesure que 11 mm. de longueur '.

Or la planche XV du Codex Rancirez met en scène un objet très semblable à ceux que nous venons de décrire et de figurer. Ce curieux dessin, que nous reproduisons ci-dessous (fig. 2) a

Fig. 2. — Inauguration du canol delCoyobuacan, à Tenochlillan, parle roi Aliuitzotl. {Cod. Ra7nircz, pl. xv.)

pour sujet l'inauguration du canal qui conduisait à Mexico les eaux de Coyobuacan. Le roi Aliuitzotl, qui fit exécuter ce grand travail, se voit à gauche de la figure, revêtu de ses ornements royaux, portant en tète la couronne, et chargé du tilmolli,

sorte de manteau brodé noué sur l’épaule droite. A ses pieds les eaux s’échappent tumultueusement, pour se rendre à Tenoebti-

1) Ces deux pièces portent, la première le n“ 8086, la seconde le n® 8087 du catalogue du musée. Elles font l’une et l’autre partie de la collection Pinart.

DÉCADES AMÉRICAINES

tlan (Mexico) symbolisé à droite du dessin par ses armes parlantes, le nopal (?ioc/////) sur la pierre [tetl), plantées dans la lagune.

Au milieu du tableau, de l’autre côté du canal, le clergé mexicain, représenté par trois de ses dignitaires, procède à la bénédiction dos eaux. Le prêtre de droite, le dernier du cortège sacré, est un prêtre de rang inférieur; ses cheveux longs et toulTus, massés en bandeaux épais, sont reliés vers la nuque par des bandelettes de coton ou de cuir'.

Le mot tliUiquo qui surmonte son profil indique qu’il est peint de noir, suivant le rituel ordinaire®.

Il porte pour tout costume et pour tout ornement une ceinture ou maxtli, dont l’extrémité tombe jusque vers ses genoux et un gros collierde pierres rondes; sa fonction consiste à égorger une caille qui palpite entre ses mains*... descahezando codornices.

Un autre personnage sacré qui le devance représente l’orchestre religieux... timendo caracoles. Ce musicien nu, comme le simple prêtre qu’il précède, porte le même collier et la même chevelure, mais sa tête est surmontée (l’un triple éventail de ]>apier et une sacoche à glands, que remplit sans doute le copal, lui pend sur le liane gauche; il souffle dans un gros co(juillage [caechtli] qu’il tient de la main droite et dont on voit, du reste*, assez mal les formes.

Par (bfvant marche le tlamacazqui^ , il a la même coifiure que le joueur de conque, le même collier que ses deux acolytes; mais sa sacoche en forme de musette, est beaucoup plus volumineuse et le mot qui sert d’éticjuette (a;oc////v«///c) indique que le contenu est composé de la plante très odorante dont parle Sahagun sous le nom de xochipatli. Il est vêtu d’une mante dont les bords sont ornés desfeuilles du aroxocoyo///c'’, et balance dans la maingauebe

1) Cf. Cad. liamircz, Ed. cit., p. Ht, etc.

2) Tlilli veut, dire noir. Cf. Coil Rmnirez, p. III. Sahaf'un, pass.

3) «... Yendo los sacerdotes à la orilla del cano, quemando incienso y otros laùendo caracoles y descahezando codornices echando la sangre por los bordes el cano, y lo demas dentro del agua. » (Eit. cit., p. 72.)

4) Tezozomoc, ed. cil., ch. lxx.x, p. 561.

5) C’esl du moins ainsi que je propose d’interpréter le mot qui selit au bord de la mante de notre personnage. Lo père Diiran (II® part., cap. in), à propos du topillzin, dit : « iina mania coraila lo à manerade dalmatica, cori iimis flocndunis vcvdcs [lor orla. »

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