I.KS AQUARELLES ARCHÉOLOGIQUES DE M. GUESDE
raccourcir, preiulre au tranchant la forme d’un demi-cercle et se transformer ainsi en l’une ou l’autre des armes décrites chez les Indiens des provinces de Pernambuco, etc.
Ces modifications dans les formes que peut revêtir l’instrument essentiel des anciens habitants de la Guadeloupe, s’explicjueraient par les origines multiples de ces insulaires. On sait, en effet, que si les indigènes primitifs du groupe des Petites-Antilles semblent apparentés de près aux Indiens des Grandes-Autilles, à ceux de Haïti, par exemple, ou de Porto-Rico, et se rattacher dans une certaine mesure à la grande famille Maya, des tribus venues du sud, et auxquelles il faut réserver le nom de Caraïbes, abusivement appliqué aux populations toutes entières de l’archipel, ont anciennement subjugué les premiersbccupants.
Fig. 18. — Fragment de roche gravée de la Guadeloupe (coll. L. Guesde).
Les relations de ceux-ci avec leurs voisins des grandes îles du nord-ouest se manifestent dans la collection de M. Guesde, par la présence de statuettes en pierre, dont Haïti a fourni les similaires, par l’existence de gravures sur rochers, comme celles de la figure 78 et de la planche VI et qui olfrent de grandes analogies
DECADES AMERICANJi
avec certaines autres découvertes à l*orlo-Rico; par la trouvaille d’un petit modèle d’édicule sur plate-forme avec un escalier, sorte de diminutif des temples yucatèques, etc.
11 serait trop long de détailler, dans cette courte notice, les sujets représentés dans les nombreuses aquarelles, peintes avec une extrême habileté par M. Guesde. Il me suffira de dire que ce patient investigateur a recueilli tout le matériel industriel utilisé par les anciens habitants de la Guadeloupe et des îles voisines, qu’il nous met tour à tour sous les yeux la pierre à polir, les haches, les molettes, les brunissoirs, les pesons, les pilons, les mortiers, etc., etc., bref une ethnographie toute entière, dont quelques types seulement nous étaient plus ou moins familiers.
L’œuvre que poursuit .AI. Guesde à la Guadeloupe depuis près de vingt années est particulièrement recommandable et les amis de nos études ne peuvent pas manquer de s’intéresser à ce travailleur isolé qui a su si bien utiliser, au profit de la science de l’homme, les loisirs que lui laissent de temps en temps ses occupations administratives.
LA DENT D ÜR DE TEPITO
LA DENT d’or DK TEPITO
M. le D' Nicolas Léon, de Morelia, vient de publier une courte étude sur les mutilations ethniques en , usage chez les anciens habitants du Michoacari*. Ce travail est accompagné de deux planches, qui montrent, vu de face et de profil, un crâne découvert dans une fouille pratiquée en 1886 par D. Francisco Plancarte, alors directeur du Collège de San Luis de Jacona*. Les incisives et les canines de la mâchoire supérieure de ce sujet* présentent toutes une rainure ou encoche longitudinale de 0“,003 à C“,00d de hauteur qui entame le bord libre des dents et leur donne, suivant la comparaison de M. Plancarte, la forme d’une queue d’hirondelle.
Fig. 79-80. — La dent d’or de Tepito (vue de profil et de face, grand, nat.)
Ce genre de mutilation, dont ïéul nous a offert un autre spécimen, un peu différent, se retrouve tout à fait identique sur uue pièce archéologique de la collection Pinart au Musée du Trocadéro.
C’est une dent d’or (fig. 79-80), qui a fait partie d’un collier trouvé à Tepito (Mexico). Cette dent, qui mesure 0®,024 de lon-
1. Dr Nicolas Léon. Anomalias y mutilaciones etnicas del systema dentario entre los Traascos Pre-Colombianos. Morelia, 1890. br. in-4®, 4 lam.
2. Jacona est tout proche et un peu au sud de Zamora, chef-lieu de district de l’Etat de Michoacan.
3. Sur la lithographie une incisive inférieure, la centrale droite est entamée, tandis que la canine supérieure du même côté ne l’est point. Certains détails du dessin autorisent à croire qu’il y a eu quehjues inversions, quand on a replanté les dents, avant de copier la pièce pour M. Léon.