J. Evans, Les âges de pierre, etc., ch. iv
LES AQUARELLES ARCnfiOLOr.IQCES DE M. f.UESDE
La première et Tune des plus intéressantes représente les premiers silex taillés qui aient été découverts dans les Petites-Antilles. On doutait encore fortement, il y a quelques années, de l’existence de silex taillés aux Antilles grandes ou petites, et quelques américanistes soutenaient même que les pièces de cette nature avaient toujours fait défaut dans l’archipel. M. Guesde vient nous démontrer le contraire, en mettant sous nos yeux les dessins de deux silex, Tun taillé en couteau, l’autre en forme de pointe triangulaire, récemment découverts dans une terre remise en culture aux environs de la Pointe-à-Pitre et à laquelle ou n’avait pas touché depuis une soixantaine d’années Le couteau de la Pointeà-Pitre est un silex fortement coloré de jaune et de noir; la pièce subtriangulaire, pointe de dard peut-être, a le même aspect extérieur.
Ces deux silex taillés sont, je le répète, les seuls actuellement connus, qui viennent bien authentiquement des Antilles, où d’ailleurs la roche dont on les a tirés semble tout à fait inconnue. Leur présence suflirait à mettre en évidence ces relations commerciales avec la terre ferme, dont j’ai donné déjà plus haut des preuves manifestes (pp. 22-28).
D'autres types nouveaux ont été également découverts par M. Guesde aux Petites-Antilles; ce sont des haches à bouton et à gorges préparées pour le polissage et demeurées à l’état d’ébauches plus ou moins avancées ; ce sont encore des haches polies, dont la tête présente, au lieu du bouton plus ou moins hémisphérique que je décrivais tout à l’heure, deux saillies plus ou moins nettement séparées par une dépression affectant la forme d’une cupule irrégulièrement ovalaire ou d’une rainure plus ou moins large et plus ou moins profonde. Les saillies latérales s’écartent l’une de l’autre, s’allongent, se décomposent en saillies secondaires, etc., se recourbent en crochets plus ou moins égaux qui alfectentla forme d’une tête de mammifère, d’oiseau, etc. Un trou est parfois foré avec adresse et régularité, un peu au-dessous de
1. M. Guesde a poursuivi ses recherches sans succès dans le même terrain.
Il n'y a retrouvé qu’une série de petits éclats n'offrant rien de spécifique, ainsi qu’il veut bien me l’écrire.
DKCADES AMERtCANj;
la rainure médiane, tandis que d’autres trous, destinés probablement à suspendre dos pendentifs, plumes ou cordelettes, se voient sur les côtés de la pièce un peu au-dessous de la gorge. Cette gorge elle-même peut s’allonger, se rétrécir, se cerner d’un filet en relief. Elle est, dans quelques cas , remplacée par une simple encoche (fig. 77), qui fait alors ressembler l’arme <à celles que l’on peut rencontrer dans le bassin inférieur de l’Amazone.
Fig. 71. — Hache à encoches de la Désirade.
Le corps de la hache subit aussi des variations énormes, il peut être ovoïde allongé, lenticulaire, bursiforme, etc., ou bien se