LES ANNIVERSAIRES 6T
L'équivoque dui-e encore; le peuple reproche à la liourgeoisie son inertie et son égoïsme ; celle-ci se plaint qu'il n'y a plus dépeuple. Une nouvelle théorie devient de mode: première règle de succès :*«Ne pas s'occuper de politique. '• Deuxième règle : •> 11 faut que personne ne se compromette. " Aussi, une circonspection parfaite est le trait dominant. Qui donc fait des imprudences? Où est l'éclat, le scandale d'une arrestation de Manuel?
Pauvre 24 février, nous te célébrons comme la fête des Morts
Il est des temps où Ton trouve difficilement son semblable. Mais si on la trouvé, comme on bénit le ciel qui a faii de l'amitié le grand charme de la vie ! Nous l'avons connue aux heures amères, cette consolation; à travers ce prisme, l'exil devient souriant. Oui, c'est pour les exilés surtout que Dieu a fait luire cette douce étoile au-dessus de tous les maux qui se disputent la création; cliaos social, ténèbres traversées de pâles lueurs, si lentes a surgir. Nous attendons le septième jour. L'amitié entre exilés est le pressentiment de laube nouvelle qui se lèvera sur l'humanité, alors que chacun pourra trouver dans son prochain la dignité humaine réliabilitée. Le lien moral qui unit deux amis est le premier anneau de la grande fraternité qui reliera les hommes dans un avenir réofénéré : . . .-
OÙ volontiers on les accusei-ait de nous forger det chaînes dorées.
Comment les hommes s'intéresseraient-ils encore à la vie de Tàme puisqu'on leur fait accroire qu'elle est incompatible avec le bien-être matériel? Aussi leur choix n'est pas douteux; tout effort se reporte sur les spéculations ornées d'un nom nouveau : Eévolution industrielle.
Peuples et individus redoutent la pensée, la vie politique; désormais âpres au gain, ils courent après la fortune, les veux fermés, insensibles à tous les vrais biens « sans lesquels le reste n'est rien. "
Si des voix courageuses ne signalaient le péril, sans se lasser, la liberté déserterait à jamais les rivages arides de ce vieux continent. Mais un Dieu de justice veille sur la création. Non, les cieux ne sont pas vides; osons l'affirmer, au ]'isquc d'être taxés d'étroitesse d'esprit. Il est! il existe, sans lui l'univers ne serait qu'un enfer de malédiction. Non, Dieu ne livrera pas Ihumanité aux instincts pervers. L'esprit de vie se manifestera encore aux peuples assoupis, hors de leurs voies. Les justes, les âmes vraies, qui s'inspirent d'un sentiment divin, trouveront des accents, dorineront des exemples qui réveilleront les cœurs. Le peuple aura encore ces élans d'humanité, de générosité, de noblesse qui obligent la démocratie française à redevenir la vraie chevalerie moderne.
Ces anniversaires glorieux se changeaient en dates douloureuses. On se disait : Tel jour, à telle heure, la démocratie tenait le pouvoir, elle a laissé échapper sacoaronne. Est-ce un monstrueux malentendu entre le peuple ot la bourgeoisie qui prépara la défaite?