‹ Mémoires d'histoire ancienne et de philologieChapitre 25 sur 102 · DE LA LETTRE DE CHASGE · texte numérisé non relu

DE LA LETTRE DE CHASGE

qu'arrivé en Chypre, il dégagerait la fiole en payant vingt mines. Car, grâce à son symbolon, il aurait abondance de toutes choses, et, en particulier, d'argent, sur tout le continent [d'Asie]. Aristophane cependant, sur ces paroles de Démus, malgré mes prières, malgré ce gage de la fiole d'or et cet intérêt do quatre mines à toucher, déclara qu'il n'avait pas d'argent ; il jura même qu'il avait fait des emprunts au dehors, qu'autrement il aurait très-volontiers encaissé cette [fiole et attendu l'effet du] symbolon, et qu'il nous aurait accordé ce que nous lui demandions1.» Que pouvait être ce symbolon, ou signe de reconnaissance, sinon une pièce qui accréditait l'armateur athénien auprès des agents du grand Roi e tsurtout auprès de ses officiers de finances?

La lettre de créance, qu'elle qu'en fût d'ailleurs la forme, ne se montre pas moins clairement dans un acte par lequel les Athéniens constatent leur alliance avec un roi de ^idon, acte qui paraît être du quatrième siècle avant 1ère chrétienne *. Là il est dit, en effet, que la République et le roi des Sidoniens feront, chacun do son côté, exécuter un symbolon, qui servira d'introduction aux agents de Straton auprès des Athéniens et aux agents d'Athènes auprès de Straton.

I Discours XIX (Sur les biens <T Aristophane), § 25, passage oh je ne vois pas que les plus habiles éditeurs aient réussi à combler la lacune ou les lacunes par quelque conjecture acceptable : A^ao; «yàp é nupiXâu-cu;, Tpujpapxô» «« Kûirpcv tâtrfrii peu rcpoatXôûv aÙ7<j>, Xt'fuv 5ti fXaêt cup£cXov

«apà paaiXéuc toû fiefctXcu, ©taXyr» xfu<"îv ÀpiaTGoâvinv Xctêeïv

îxxjxiSuuL p.và; irc' aùrîi 4; fyoi àvxXîaxtiv *tç Ta rii; TpiyjpxpjHa;' tireur. ii ttç KùïrpGv àotxctTO, Xuatcdeu àïrcocùç eûccat jxvà;* tvcXXwv -jàp i^aOwv xai aXXo>v xai xpripartiiv tùrcpTiaitv âià tô <jÛ|aSoXcv tv •nâax rp ipztx^hy Àpt<rroçavTi; TCtrjv xxcûuv piv Taûxa Aiiaou, £itpivcu epsu, (j.eXXuv $'â!-uv tô x?u<^'^» Tiaaxpaç $i pâ; to'xcv Xifysaôat, tùx ton tïvxi, âXX' upvus xai îrpoa^t^avtlaOat toi; â/Xcôiv, t7ïii£»i r^Ktn S» ivôpwTtu)"» â-ftiv

t» tùôù; txswo (lacune?) xô oÛ|a6oXgv xai x*?£oaaôai Âp* a è^toptOa.

* Corpus inscr. grœc, n° 87. Cf. ci-dessus p. 12.

iU V. SI LES GRECS ONT CON.NU LA LETTRE DE CHANGE.

Enfin je puis, à ce propos, rappeler un petit monument que j'ai, le premier, fait conuailre il y a quelques années, je puis surtout rappeler plusieurs des papyrus du Louvre, dont en ce moment notre confrère, M. Brunet de Presle , prépare la publication 1 ; on y verra, en eiïet, le mot xj/mbolun employé pour désigner plusieurs espèces do chartes-parties, qui figurent parmi les procédés de la comptabilité publique sous les rois grecs de l'Egypte.

De tcllos analogios entre les procédés anciens et nos procédés modernes, en matière de finances, autorisent peut-être à espérer que tôt ou tard on retrouvera aussi chez les Grecs anciens quelque chose qui pui'sso vraiment s'appeler une lettre do change.

1 Voir, pour ces derniers faits, le morceau VII, § 2.

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