‹ Mémoires d'histoire ancienne et de philologieChapitre 56 sur 102 · L.AQVILLIVS.O.L · texte numérisé non relu

L.AQVILLIVS.O.L

MODESTVS. M AGISTER QVINQVENNALIS COLl.KGII . FABRORVM TIGN VARIORVM . OST1ENS1VM . LVSTRI .II ISDEM.AVGVSTALIS.FECIT.S1BI, etc*.

> Storia deW Arte, t. Kl, p. 50. éd. Rom., in-4. « Viaggio, ele , t. II, 209, suivi par M. Orelli, n» 3808. J At chitettura romana, parte III, p. 65. * Griller, p. 360, n« 2.

D'ÊPIGRAPHIE latine. 3Ki

Il me semble, en effet, que tout indiquera ici aux connaisseurs une inscription de l'époque impériale. Le titre seul d' Augustalis , comme il ressort de nos Observations récentes sur ce sujet dans lo tome troisième de la Revue, ne peut remonter au delà des dernières années du principat d'Auguste. Peut-être isdtm est-il une faute du graveur lapidaire, ou bien du copiste 1 ; sinon, il y faudrait reconnaître un de ces archaïsmes d'imitation, assez fréquents sur les marbres, où, en général, ils sont faciles à distinguer des archaïsmes réels et sincères s.

Le nominatif masculin singulier ou pluriel a laissé aussi quelques traces dans les auteurs : « ques, nous dit Festus \ antiqui dixerunt (pour qui) ; inde declinatum remanet datwo OUiBUS. » Varron nous a conservé ce fragment des Annales d'Ennius :

Decem coclites, ques roonlibu' sumrois Rhiphaeis fodere \

Et un passage, malheureusement un peu obscur, du grammairien Charisius semble nous montrer que César, dans son livre de Anuiogia, conseillait l'usage du nominatif pluriel iisdem pour iident ou idem pour éviter la confusion avec le nominatif singulier idem 5.

» Le texle de Muralori, p. 521, 3, porte idem, au Heu de isdem.

* Eisdem pour idem daus Orelli, n° 548 (monument en l'honneur de Va lériusPublicola), appartient à une inscription que l'on s'accorde à regarder comme apocryphe.

* Au root Ques, page 69 du manuscrit, reproduit parOrsini; 261, ëd. Millier.

* De Lingua latina, VU, 71, éd. Mûller.

5 I, p. 86 : « /* homo idem coropusitum facit, nisi quia (quod ?) Cœsar, libro secundo, singulariler idem, pluraliter iisdem dicendum affirmât; sed cousueludo hoc non serval.» C'est probablement par la même particularité qu'il faut expliquer celte phrase d'un poêle contemporain de Sylla, où Noniusqui la cite (IX, p. 500,éd. Merc.) voit un accusatif pour un nominatif: Quot lœtitias insperalas modo mihi inrepsere in rinum. O. Uurnouf, Gramm. lat., § 120.

.182 XVI. NOTES SUIt DIVERS MONI MKMS

Pour revenir après un si long détour1 à 1 inscription do Terracine, les rapprochements qui précèdent circonscrivent l'époque dans les limitas do laquelle on peut la placer. Quoique les Sulpicius Galba possédassent au premier siècle de notre ère une belle villa auprès de Terracine *, ce n'est certainement pas à cette période que peut appartenir le consul qui a lait faire la mosaïque récemment découverte : il faut remonter plus haut dans la généalogie de la famille Sulpicia. Sous la république, le dernier consul qu'elle nous offre est Ser. Sulpicius Galba, consul en b 'iT» avec L. Hortensius, puis avec M. Aurélius Scaurus, et ainsi contemporain de plusieurs des monuments où nous avons relevé le trait d'archaïsme dont la mosaïque de Terracine a fourni un nouvel exemple". Mais on peut, à la rigueur, remonter jusqu'au célèbre orateur Ser. Sulpicius Galba, consul avec L. Aurélius Cotta en 609, ou môme jusqu'à P. Sulpicius Galba, fils de Ser. Galba, consul en 553, avec un autre Aurélius Cotta ; car on remarquera que, le prénom n'existant plus sur le monument en question, M. Mclchiori était libre de restituer p. au lieu de sek. Celle dernière année serait celle du commencement de la guerre avec Philippe, et de la représentation de Ytipidicus de Piaule \ Il reste à savoir maintenant si les

1 Je crois devoir réparer une omission qui m'est échappée lors de la rédaction de celle notice il. Henzcn a public, dans le Builclin de l'Institut archéologique de Rome (1H45. p 71 cl suiv.). une inscription de Sora qui offre encore deux exemples du fait grammatical signalé ici, et U cette occasion il en a rassemblé quelques autres exemples qui ne m'étaient pas tous connus. Sa liste, d'ailleurs, omet quelques-uns de ceux que j'ai relevés plus haut. On pourra donc compléter les deux listes l une par l'autre.

* Suétone Galf a, c. iv : c Sergius Galba imperator, M. Valerio Messalla, Cn. Lcntulo consulibus natus eslIX kal. januarii in villa colli snperposita prope Terracinam sinislrorsum Fundos pelentibus. »

1 C'est precicement sous les consuls de nî"> qu'a été écrite l'inscription n» '2487 d Orelli qui porte luise* magistreis, pour ni magistri.

* Voir K. W. Fischer, lioemische Zeittafeln (Alloua, 1840), p 96.

b'ÉPlGRAPHIK LATINE. 3S3

caractères de l'écriture et ceux de l'architecture permettent d'attribuer à ces ruines une aussi haute antiquité, c'est ce que nous ne saurions dire ; nous croyons, du moins, avoir établi quo l'inscription de Sulpicius Galba peut désormais compter parmi les plus anciens monumonts de la langue latine, et qu'elle constitue, dans la question archéologique soulevée par les découvertes de Terracine, un argument do quelque importance.

Nous n'ajouterons plus qu'une courte remarque sur la restitution de M. Melchiori. Lucarc est l'expression consacrée pour les marchés qu'un magistrat romain concluait, au nom de l'Etat, avec un rcflemptor. Mais rien ne prouve que Galba, faisant paver en mosaïque Féditicc décrit par le savant italien, agit avec un caractère public, et qu'il ait conclu un marché de ce genre. Aussi, quelle quo soit l'opinion des juges compétents sur l'attribution qui est faite de l'édifice au culte de Minerve, il nous semble qu'au lieu de aed. minervae. locavit, on ferait mieux de lire simplement kacivndam cvravit, ou plutôt coeravit selon l'ancienne orthographe, ce qui, d'ailleurs, convient très- bien pour le nombre des lettres. On connaît l'inscription du pont Fabricius, à Rome, dont voici les trois premières lignes :

l.fabricivs.c.f.cvr.viar.

FACIVNDVM. COERAVIT. . . .EIDEMQVE

PROBAVEIT (sic) ».

De môme Q. Lutatius Catulus, en 675, ayant reconstruit le Tabularium du Capitolo, y inscrit la formule tacivnu. cvrav. Enfin, à Herculanum, deux magistrats macellvm. ne. sua. vecunia. fnciuiulum. curaverunt. ElDEMQae. VRonarunt s. De toute façon, si l'on maintient le mot locavit, on pour-

1 Orelli, n» T»0, Cf. n» 5-270.

Page 1