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tenl des empreintes de date impériale, à l'exception de l'exemplaire semblable au nôtre, qui a été récemment déposé au British Muséum l. Deux autres exemplaires, semblables à ce dernier, me sont signalés par M. Léon Renier comme recueillis par l'Académie royale d'histoire, à Madrid. Mon savant confrère m'apprend aussi que l'inscription de notre monument a été publiée par M. Mommsen, mais sans commentaire, dans le Rheinisches Muséum *. Elle l'a été aussi, mais avec une fausse interprétation, en Angleterre par M. Way. Quelque notoriété qu'attestent ces renseignements, il ne me parait donc pas inutile d'attirer plus spécialement l'attention de la Compagnie sur une pièce si remarquable par son état de conservation ot par son ancienneté.
Ce bloc a environ la forme d'une moitié de cylindre, avec une hauteur de 0», 08 centimètres, sur une longueur de 0,23 et une largeur de 0,90 sur sa base plane. L'inscription est en relief, et elle occupe un espace creux de 0,22 ; les lettres ont environ 0,014 de hauteur; elles sont d'une forme grasse et assez régulière.
Le texte, ainsi conçu :
M.P.ROSCIEIS.M.F.MA1C c'est-à-dire : Marcus [et] PuUius RoicieU Marci fitieis M<rc[ieis]
se recommande à l'attention des antiquaires par deux particularités qui, sans être tout à fait nouvelles, sont cependant assez rares pour mériter quelque explication.
C'est d'abord la forme du nominatif archaïque Roscieis
1 Voir le Mémoire intitulé : Enumeralion of blocks or p'tgs of lead and tin% relies of roman metaUurgy, discovered in Great-Brilain (extrait dit Journal archéologique, t. XVI), par M. A. Way. J'en dois la connaissance al obligeance de M. Cbaboiiillet, conservateur du Cabinet des médailles.
1 Nouvelle série, t. IX, p. 455. Un cinquième exemplaire, acheté aCarthagene, par M. Aug. Le Barbier, pour le compte du gouvernement français, a été envoyé à Paris par ce voyageur; il est aujourd'hui déposé au Musée de Saint-Germain.
386 XVI. NOTES ftUH DIVERS MONUMENTS
pour Rosciif pluriel qui s'accorde avec les prénoms Marcus et Publius notés ici par leurs deux initiales M et P. Celte forme du nominatif pluriel de la seconde déclinaison, longtemps méconnue 1 et quelquefois prise pour un daiif f, est un signe d'archaïsme à pou près incontestable, et dont nous avons jadis apprécié toute la valeur à propos d'une inscription du temple de Cora Il est d ailleurs conûrmé par remploi de la diphthongue AI pour AE dans la syllabe initiale du mot MAIC[IEIS]. Cela ne permet guère de reporter l'inscription à une époque plus basse que le siècle de Sylla.
Le second fait à noter dans notre petite inscription, c'est l'usage , d'ailleurs très-grammatical , pour les noms romains, soit écrits en lettres latines fc, soit transcrits en lettres grecques \ de faire accorder plusieurs prénoms au singulier de personnages appartenant à la môme famille avec le nom, mis au pluriel de cette famille.
Quant aux deux frères entrepreneurs dont le nom se lit sur cet intéressant spécimen de métallurgie, il me parait difficile, sinon impossible, de les rattacher avec certitude à l'une quelconque des familles déjà connues, soit par les auteurs, soit par les inscriptions, où figurent, tantôt réunis 6, tantôt sépa-
1 Elle l'est, entre autres, par l'éditeur anglais de notre texte dans la dissertation citée plus haut, p. 385. Voir les exemples réunis plus haut, p. 378, elles précieux Mémoires de M. Pr. RilschJ sur les plus anciennes inscriptions latines de l'Italie, surtout le Mémoire intitulé : Monwnenta epigraphica tria iBerlin, 1852), p. 14, et une note du même savant dans le Hheinisches Muséum, nouvelle série, t. IX, p. 15G. Cf. -Alomrasen, ibid., p. 454, et l'ouvrage du même savant, intitulé : Unterital. Dia'.ekltn, p. 227, oit l'on voit que la déclinaison osque possède des formes analogues.
* C'est ce qui était arrivé au savant M. Letronne dans un article de la Revue archéologique, III* année, p. 394
Voir plus haut, p. 580.
* Par exemple, daus Orelli, Inscr. lut., nos 4377, 557G, etc.
* Par exemple, dans le Corpus inscr. grœc.,*? 2285. Cf. plus haut, p. 371. 4 Je n'en connais que l exemple qui m'est signalé par mon savant coti-
D'L'PIGRAPHIE LATINE.
rés, les noms Ro*ciu* et Marins ou MœeHiutK Je ferai seulement sur le nom do ces personnages une remarque qui n'est pas sans importance : c'est qu'ils indiquent évidemment des Romains de condition libre, et que, par conséquent, ils se rapportent, selon toute vraisemblance, à deux personnages de la classe des chevaliers. Oa sait que, surtout vers le temps de Svlla et de la jeunesse de Cicéron, les chevaliers avaient la haute main, à Rome et dans les provinces, sur toutes les affaires de finances. On sait, de plus, que l'Espagne, depuis longtemps célèbre par la richesse de ses mines, fut envahie après la prise de Numance par les spéculateurs italiens *. Rien n'est donc plus naturel que de voir deux publicains, du nom de Roscius, exploiter, vers ce temps, des mines d'argent dans une province espagnole. On peut admettre encore queLucius Roscius /Blianus Ma?cius Celer, consul tuflectus sous le règne de Trajan (an de Rome 852), fût un descendant de la famille équestre dont deux membres ont inscrit leur nom sur le plomb dont il s'agit. Ce progrès de la fortune d'une môme famille n'aurait rien d'extraordinaire ; mais il vaut mieux s'arrêter en deçà de conjectures dont aucune preuve certaine ne vient appuyer la vraisemblance.
Le caractère archaïque du monument des frères Roscius
frèr* M. L. Renier, comme reproduit deux fois dam le recueil d'Orelll , d° 350», d'une manière incomplète, et plus exactement no 4953, d'après Amaduzzi {Anecd. M.% t. IV, p 520), qui l avait collatiouoé sur le monument original. Au reste, M L. Renier pense que MAIC n'est point ici l'abriviation de Maevii Ou MaecUH, qui, suivant lui, ne peut être un surnom ; il y voit le no» de la tribu Naèctat à laquelle auraient appartenu les deux frères.
t Voir, dans le seul recueil de Mommsen. *• 6'»5 : L Roscius JSIlâniis : n»8l6 : Roscius L. P. ; n° 6709 ^1V) : L. Roscius; n<»6700 (VI) : P. Roscius Crescens, etc. Le nom Mœcilius se trouve sous sa forme grecque M*i«Xtov, dans uue inscription d'Athènes, publiée par VÈyhimiride archéologique, n° 2083.
> Voir les témoignages réunis dans la dissertation de Garofalo (Caryopbilus), De anliquis aurï, argnli - pUmbique fodini^. 16 et suif.