XVI. KOTBS SUR DIVERS MONUMENTS
« Je pense qu'il n'y a pas lieu de soupçonner que la
pierre qui contient cette dédicace au Génie des Trésors offre deux inscriptions distinctes Tune de l'autre ; les deux inscriptions, au contraire, n'en ont jamais fait qu une seule. La première mention que je connaisse de ce monument se trouve dans V /œnologie de César Ripa ( liv. Il, p. 273, éd. de Padoue, 1624 ; liv. 11, p. 241, éd. de Venise, 1669 ), qui le dit placé dans un jardin derrière le monastère de Sainte-Suzanne, et qui n'en omet pas la dédicace. Mais, quoiqu'il avertisse que cette dédicace se trouve sur un côté de la base, cependant telle était la négligence qu'on mettait alors à reproduire la disposition des lignes conformément aux monuments originaux , que Ripa représente la dédicace comme faisant suite à l'inscription qui est sur la face antérieure.
« En 1699, Fabretti reproduit l'inscription de la face antérieure, l'ayant vue apparemment, puisqu'il la place m kortis Negronm. Mais il n'aperçut sans doute pas la dédicace, dont il ne dit mot, ce qui la fait convaincre de négligence par le docteur David, auteur de Y Index des Inscriptions de Fabretti, qui se conserve dans la bibliothèque Ottobonienne , annexée à la Vaticano (n° 112, p. 504). C'est par David que j'ai eu le premier indice de ces consuls, et je n'ai pas hésité à les accepter, parce que la découverte faite par Marini {Atti$ des noms de M. Civica Barbants, dans un
» C'est le fragment d'une grande dédicace, déjà publiée par Maftei et Donali, et qui offre les restes d'une date doublement marquée par les consul* et par l'année de Rome :
M .GVICA.BABBAR [O.KTj R^TLO.COS.AJfNO.TBBIS.CONDITAK.
Par une coïncidence singulière, celle date esi peut-être celle de la célèbre mosaïque de l'alestrine. Voir l'inscription bilingue du temple de Sérapis, à Frénésie, dam le Mémoire de Barlbélemj {Acad. du inscript., t. XXX, p. 512), dans le Recueil d'Orelli, n« 1895, et dans le Corpus roacrïpt. grmc., n° 5996. [E. E.]
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garantissait à mes yeux la réalité de ce collège de consuls. D'ailleurs personne ne s'imaginait de chercher des monuments lapidaires dans un livre comme celui de Ripa, et Y Index de David n'ayant pas été publié, la remarque faite par cet auteur est resiée inutile, et l'exactitude bien connue de Fabretti a fait que Winckelmann et Visconti s'en sont remisé son autorité sans se donner la peino d'un nouvel examen. C'est ainsi qu'il est arrivé que Mélilius, le collègue do Barbarus, demeura ignoré du public jusqu'en 1820, époque où Fea, dans ses Nuovi frammenti, n° 33, le relira de l'oubli, on se référant à l'autel antique dont nous parlons l. Du reste, autant que je me rappelle la topographie de Rome moderne, la diversité des places qu'on assigne à celte pierre provient de la diversité des possesseurs successifs du jardin où elle resta négligée jusqu'au temps où, par la dispersion du patrimoine des Belloni, elle vint aux mains de Jcnkins. Je sais bien que dans ma jeunesse je fis des recherches pour la trouver, mais on me répondit que mes recherches étaient inutiles, puisque les pierres de cet Anglais avaient passé les monts, hormis un petit nombre, que depuis, en effet, j'ai vues au Vatican. Il est donc naturel que l'autel en question se trouve aujourd'hui dans le palais du Louvre, et son rapprochement dans ce Musée avec d'autres pierres de la collection Jenkins est une preuve de plus que le monument de Paris est identique avec celui que Ripa a le premier fait connaître. Cependant il m'a été fort agréable de pouvoir confirmer l'exactitude de la leçon par l'autorité de votre témoignage.
« Reste la difficulté de faire accorder les noms de l'affranchi impérial C. Julius Satyrus avec les dernières années d'An-
1 Hais, en reproduisant oc texte, Fea ne tient pas compte de V observation qu'il a pourtant recueillie dans Ripa, que les roots DED1C, etc., ne lisent sur un côlé du monument, non sur la face antérieure. Au reste, Ripa lui-même se trompe en disant que les mots sont sur la face laléraJe de gauche; c'est sur celle de droite qu'il fallait dire. (E. E.]
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tonin le Pieux. C'est sans doute une règle généralement observée que les affranchis prennent le premier nom de leur patron ; mais j'ai toujours pensé qu'il n'y a pas de règle si bien fondée en archéologie qui ne soit sujette h quelques exceptions. Le cas en question est moins insolite pour les affranchis des particuliers, et nous nous en étonnons moins après les exemples fournis parCicéron {ad Attic, iv, 15) des deux affranchis de Pomponius Atlicus, dont l'un avait reçu le prénom de son maître et le nom de famille de l'oncle de son maître, Cécilius, tandis qu'à l'autre Atticus avait donné le prénom de son ami Cicéron et son propre nom Pomponius1. Les exceptions sont plus rares pour les affranchis des empereurs; toutefois, môme pour eux, il en existe quelques-unes.
« Dans ce nombre je ne compte pas ceux où, pour sauver la règle, il suffit de lire WGustae au lieu d'WGusti. Par exemple :
«ANNIA. AVG. LIBERTA. NEMA ( Muratori, 933, 14), que l'on peut attribuer à l'une des Faustine, l'aînée de ces deux princesses s'appelant Annia Faustina.
«C. POPPAEVS. AVG. L. HERMES ( Mommsen, Imcr. regni neapoi., n° 2643), que l'on peut rapporter à la femme de Néron.
« Je me suis autrefois appuyé de l'exemple : L. VIBIYS. AVG. L. FLORVS (Mommsen, n° 7133), pour appuyer l'opinion que le père de Sabine, femme d'Hadrien, se nommait L. Vibius, de quoi je trouvais un grave indice dans les noms
* « De Eutychidc graturo, qui, vetere praenomine, novo noraine, T. erit Csecilius; ut ex me ei ex te junclus Dionysius, M. Pomponius. Valde mehercule roihi graturo, si Eutychidcs tuam erga me benevolentiam cognoscel, et suara illam in raeo dolore cju-TriOuav neque lum roihi obscuraro neque post ingratam fuisse. » Cf. IV, 8 a b. ; 11 et 16; V, 9, qui montrent l'affection de Cicéron pour ces affranchis. H. le comte Borghesi pouvait ici renvoyer a sa mémorable dissertation Délia gente Arria Romana (Milan, 1817), p. 59 et sutv., où il a recueilli de nombreux exemples de la transmission, souvent irrégulière, des noms dans les familles d'affranchis. [E. E. J