‹ Mémoires d'outre-tombe, Volume 3Chapitre 34 sur 40 · PREMIERE BRANCHE · texte numérisé non relu

PREMIERE BRANCHE

. VES. BARONS BK OHATlABBaiAflD.

Tai dit dans le texte que la famille des Chateaubriand se partagea eu trois branches : on trouvait dans la première (celle des barons de 'Chateaubriand) ce Geôfifroy V qui passa avec saint Louis en terre sainte, et dont les armes ' de pommes de pin d^or furent changées en fleurs dé lis sans nombre, comme je Tai rapporté»

Geoffroy V, délivré de sa captivité, vint un soir frapper à la porte de son château : sa femme Sibylle mourut de surprise et de joieeriTembrassant. En mémoire de son esclavage,' Geoffroy fonda une maison de religieux de la Trinité pour secourir les captifs chez les Sarrasins. Belle et première aventuré dans îa branche afaiée.

La lignée des barons de Chateaubriand dura

ne MÉMOIRES D*OUTRE-TOMBE.

trois cent cinquante ans et finit dans la per* sonne de Geoffroy IX, tué au siège de la Roche- Derrîen le 20 de juin 1347; il combattait pour Charles de Blois contre Jean de Montfort. Ce Geoffroy IX avait épousé Isabeau d'Avaugour, dont il n'eut point dVnfanls. Son héritage fut dévolu à Charles de Dinan, héritier de Thomase de Chateaubriand, flile de Geoffroy VII, mariée en 1315 avec Roland de Dinan. Celte Thomase eut pour arrière-peiît-fils le fameux Jehan deTinténiac, qui remporta le prix de la valeur au combat des Trente. Tous les biens des barons de Chateaubriand, et entre autres la baronnie de ce nom, passèrent de la maison de Dinan dans celle de Laval, de celle-ci dans la branche aînée des Montmorency par le connétable, et de cette dernière dans la maison de Condé.

L'aventure de la comtesse de Chateaubriand appartient aux Monimorency-Lavàl, devenus barons et comtes de Chateaubriand par alliance. Tai vu dans ma jeunesse, entre les mains de

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mon père et de mon frère, force mémoires que leur envoyaient des archivistes et des hommes de loi pour venger la mémoire et Thonneur du comte de Chateaubriand. Ils poussaient leur zèle jusqu'à nier les liaisons de la comtesse de Chateaubriand avec François I*'. Ils ne remarquaient pas que si cette histoire touchait au nom de la famille Chateaubriand, elle ne touchait pas à son sang : Françoise la coupable, et peut être la victime, était la dame de Foix, et le comte de Chateaubriand était Jean de Laval. Au surplus, les peuples pardonnent aisément des faiblesses qu'ils partagent ; Tamour des femmes, quand il ne descend pas trop bas, n^a jamais nui dans les Gaules : Charlemagne a été absous; les galanteries de Philippe-Auguste, de Charles VII, de François I®% de Henri IV, de Louis XIV, de tous les chevaliers, depuis Du<^ nois jusqu'à Bayard, ont bravé auprès de la nation les moralités dés historiens. Je ne sache pas un Français qui ne reconnût volontiers Âspasie pour sa grand' mère, eût- il à choi*

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sir entre elle et lacqiieline de la Prudoterie, r sortie d^une m^ist^n où le yentre anoblissait, : laquelle Jacqueline ne voulut jamais ètrô<la .maîtresse d'un duc et pair. Je^ în'a^réteraî à

cette aT)en<ttre' de : la comtesse- de €lKite«a- ^ IttWttd i:. il y a lun point de critique curieux à r échûrcir.

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