SÉANCE DU MARDI 26 JUIN
Préaidence de M. DaverhouU. .
Un de MM. les secrétaires fait lecture d'une adresse des citoyens <l^ Moniigny au roi , par laquelle ils se plaignent du renvoi des ministres ^^ iriutes.
On demande la mention honorable.
M. Hua. — 11 ne faut pas se bâter de décréter la mention honorable
« il les prend sur le tait. Ah I les honnêtes gens! » Et on riait à gorge déployée. Mais de Tautre côté , c'étoit un lonï^«*rre d'imprécations : C'est une calomnie , c*est une horreur^ àVordref et quelques-uns crioient encore : A l'Abbaye, « Comment I à l'Abbaye? Mais un député ne pourra donc « plus dire son opinion? Nous soutenons celle-là , il faut « nous emprisonner tous. » Oui, disoient aussi les impartiaux , nous voulons la liberté des opinions, et », ajoutoient-ils en se tournant du côté gauche, a nous saurons IsL maintenir. » Au milieu de ce tumulte, je reviens tranquillement à ma place ou je reçois les compliments de mes amis : a Ce grand diable do Hua , qui est-ce qui auroit dit a qu'il est méchant ? Il Içur a poussé une fière botte. Mais a vous êtes donc sorcier? Vous avez remué le centre , il a a pris parti pour vous, il s'est fâché tout rouge. Il vient de a déclarer bravement qu'il maintiendroit la liberté des opim nions. Il y a de quoi rire jusqu'à demain ^ »
Ce moment d'hilarité fut le dernier. Les nuages s'amon-
d*uoe adresse en faveur de minisires dont les comptes ne sont pas examinés et qui, peut-être, loin d^avoir mérité les regrets de la nation, ont plutôt emporté son argent.... (De violents murmures interrompent Torateur.)
Plusieurs membres demandent qu*il soit rappelé à Tordre.
L* Assemblée passe à Tordre du jour et ordonne la mention honorable. 1. Dans une autre occasicn, M. Hua s*opposa également aux entraînements du côlé gauche, à la séance du lundi au soir 25 juin 1792.
(Jlfoni/etir, T. Xll,p. 761.)
Le secrétaire lit une adresse du conseil général delà Commune de Lyon (qui critique le renvoi des ministres), dont voici Textrait :
t Législateurs ! la France avait des ministres véritablement amis de la liberté et du bien public. Leurs premiers pas dans le ministère nous présageaient le règne de la prospérité. Déjà la paix et la tranquillité succédaient aux divisions qui nous dérhirent depuis si longtemps !... Par quelle fatalité nous sont-ils donc enlevés ? Comment ceux qui ont obtenu la confiance de la nation ont-ils pu perdre celle du roi ? Quelles peuvent être les causes
celoient , la faction scélérate étoit à la veille de faire un coup. Vous croyez que c'est des Jacobins que je parle? Non c'est de la Gironde. Elle veut se venger du renvoi des ministres , porter non pas le massacre (ce sont les Jacobins qui tuent) , mais la terreur au château. Je ne sais cooiment s'y prenoient ces coquins , mais en deux heures ils faisoient mouvoir vingt mille hommes. Les faubourgs Saint- Antoine et Saint-Marceau , quartiers aujourd'hui si paisibles ' , étoient alors le foyer de toutes les insurrections.
Le 20 juin 1792, les ouvriers du faubourg Saint-Antoine se rassemblent. On leur avoit dit qu'il falloit s'insurger. Ils
d'un renvoi si brusque et si inattendu ?... La proposition de former auprès de la capitale un corps de '20,000 hommes, Textinction de rinfôtne agiotage, ce fléavi de la fortune pulilique , seraient-ils le sujet de cette disgrâce ?... Ah ! si ce sont là leurs crimes, ils n*ont qu'à s'en félicit :r !
« 11 est temps de prouver que s'il existe une loi constitutionneUe , qoi ^ donne au roi le droit de suspendre la volonté de tous, il en est une qui est la première de toutes, c'est le salut du peuple. Celle-ci vous com-^ mande de donner au gouvernement une assiette plus stable.
c Daignez pourvoir au danger qui menace la patrie, prenez des mesure» fermes et vigoureuses; nous vous répondons de l'assentiment des Françaîi Verser leur sang pour la liberté et le maintien de nos lois est l*uniqae vœv qu'ils brillent de remplir. »
On demande la mention honorable de l'Adresse au procès-verbal.
M. *'* — Au roi appartient le droit de donner ou de refu>er sa sanetioK aux actes du Corps législatif; mais les signataires de l'adresse disent qo le salul public est la première loi... (On applaudit.)
M. Hua. — Je suis furcé de rappeler que le salut du peuple est dans 1 Couiffitution seulement. l\ faut donc la respecter. Je regarde comme enne mis de la Constitution ceux qui réclament sans cesse contre Faction d' Pouvoir exécutif ou du Corps législatif.
Il est possible que les signataires de Tadresse aient été induits <*n erreoai et que leur patriotisme leur ferme les yeux sur les vrais principes. Je dii que l'adresse est inconstitutionnelle en ce qu'elle inculpi; le Pouvoir ex cutif... (On murmure.)