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longuement médités, soit improvisés avec génie devant des dangers inattendus. Cet homme, c'est Dupuytren.
Jl y a toujom's de la grandem- dans ces existences entièrement dévouées à d'incessants devoirs, à des études sans relâche, à des recherches sans fin. Ceux qui s'élèvent ainsi au-dessus de leurs rivaux par le caractère, par la passion du travail et du succès, ceux-là ont bien droit de prétendre pendant lem' vie aux premières places dans les académies, dans les écoles, et, après leur mort, à tout ce qu'on appelle la gloire, à ces monuments, à ces statues de bronze et de marbre, enfin à tous ces honneurs publics qui éternisent le souvenir d'une vie utile et illustrée. Parmi ces hommes éminents, les uns lèvent la tète avec dignité, avec fierté même; d'autres ajoutent à tous leurs mérites celui de la modestie ; mais tous les hommes supérieurs ont un vif sentiment secret ou avoué de leur personnalité. 11 faut honorer les gi-andes et nobles ambitions. En pensant ainsi, je dégage tout d'abord la vie et la mémoire de Dupuytren de bien des insinuations calomnieuses de Tenvie.
Dupuytren était né en 1777, dans l'arrondissement de Saint-Yrieix, département de la Haute-Yienne. Il fit à Paris les plus brillantes études. Ce fut en 1800 qu'il fut appelé à l'Hôtel-Dieu comme chirurgicm en second. Le chirurgien en chef était Pelletan.
En 1808, Dupuytren pai^int à se faire nommer chirurgien en chef adjoint. Du titre de chirurgien en second au titre de chirurgien en chef adjoint, il y avait une grande distance; Dupuytren tenait à la qualité du titre.
On accusa Dupuytren de som-des et incessantes menées contre Pelletan, Il est vrai que dès qu'il fut chirur-
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gicn en chef adjoint, Dupiiytren désirait vivement n'avoir personne devant lui, et que plus tard, chirurgien en chef, il ne voudra avoir personne derrière lui.
Vers la lui de l>îi4, Dupuytren fut nommé chimrgien en chef de FHôtel-Dieu.
11 y eut lieu de nommer un chimrgien en second. In concom's s'éleva entre Marjolin et Béclard : Marjolin remporta.
Le premier jour de son entrée à l'Hùtel-Dieii, Marjolin était là dans une salle, confondu avec les élèves, attendant avec anxiété l'arrivée de Dupuytren. Dupuytren paraît, et au lieu de tendre la main à son collègue: a Monsieur, lui dit-il, prenez un tablier et suivez la visite. » Il y avait bien loin de l'intelligence de Marjolin au génie de Dupuytren. Marjolin, découragé, demanda et obtint du conseil d'administration des hospices un service à l'hôpital Beauj on; comme chirurgien, il y fit bien peu parler de lui.
Dupuytren, pendant de longues années, régna seul à r Hôtel-Dieu. Il donna un tel éclat à l'enseignement chirm-gical de ce vaste hôpital, que tous les chirurgiens éminents du monde entier tenaient à honneur de venir assister à ses hautes et brillantes leçons. Son langage était clair, concis, simple. 11 faisait preuve d'une mémoire prodigieuse. Je l'ai entendu dans une de ses leçons cliniques citer La Fontaine avec à-propos et sobriété.
La science ne possède que peu de travaux écrits de la main de Dupuytren. Ses leçons furent recueillies et publiées par un de ses élèves ; mais on n'y sent pas revivre la parole du maître.
Dupuytren, d'une taille élevée, aux lèvres bien des-