CLASSE DE LA LANGUE ET DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISES
Le grand prix de première classe pour l'auteur du meilleur poème épique ne fut pas décerné. Le jury désigna à l'empereur, pour quelques distinctions particu-
lièrcs, l'auteur de la traduction en vers de VEnéide et du Paradis perdu, l'abbé Delille.
Le grand prix de première classe pour l'auteiu' de la meilleiu'e tragédie fut décerné à }i[. Raynouai-d pour sa tragédie des Templiers. Le jury signala comme dignes de distinction et d'encouragement la Mort de Henri lY, de Legouvé, et Artaœerce, de Delrieu; des mentions honorables furent accordées à la tragédie d'Omasis, de M. Baour-Lormian, à la tragédie de Pyrrhus, de Lehoc.
Le grand prix de première classe pour l'auteur de la meilleure comédie en cinq actes ne fut point décerné. On signala seulement à l'attention de l'empereur le Tyran domestique, en cinq actes et en vers, d'Alexandre Duval, la comédie de Duhautcours et celle des Marionnettes, toutes deux de Picai'd.
Le gi-and prix de première classe pour l'auteur du meilleur ouvrage de littératiue qui réunira au plus haut degré la nouveauté des idées, le talent de la composition et l'élégance du style, fut décerné à feu M. de Sainte- Croix pour l'£ja/?îe« critique des historiens d'Alexandre. On signala à l'attention et à Vestime de l'empereur un mémoire de M. de Villiers sur l'Histoire et linfluence de la réformation de Luther.
Le grand prix de première classe pour le meilleur ouvrage de morale ou d.'éducation fut décerné à Saint- Lambert, autour du Catéchisme universel; une mention fut accordée à M. Julien pour son Essai sur l'emploi du temps.
Le grand prix de deuxième classe pour le meilleur pi.ième eu plusieurs chants fut décerné à l'abbé Delille, pour son poème de Ylmajination. Une mention liono-
rable fut accordée à Esménard poui- son poëme de la
Navifjatioji, et à M. Perceval pour ses Amours épiques.
Le grand prix de deuxième classe pour les deux meilleurs petits poëme.> sur des sujets tire's de l'histoire de France ne fut pas décerne'. M. Victorin Fabre obtint une mention honorable pour son poëme de la Mort de Hnu-i IV.
Le grand prix de deuxième classe pour le meilleur poëme lyrique mis en musique, et exécuté sur un de nos grands théâtres, fut décerné au poëme de la Vestale, de Jouy. Une mention honorable fut décernée au poëme du TriumpJi'j de Trnjan, d'Esménard.
Nous venuns de faire connaître les décisions du jury nommé par la classe de la langue et de la littérature françaises ; mais la classe elle-même, réunie en assemblée, cassa quelques décisions du jury.
Pour la tragédie, la deuxième classe de Tlnstitut ajoute aux tragédies déjà signalées par le jury la tragédie à'Hoirdet, de Ducis, le Nestor des poètes dramatiques.
La deuxième classe signale encore, pour la comédie, la l'etite ville, de Picard, comme digne du prix.
La classe vit aussi avec surprise l'Examen critique des historiens d'Alexandre, de M. de Sainte-Croix, désigné comme digne du prix de littérature, et elle proposa le Lycée, de Laharpe, comme seul digne de ce prix.
La classe ne proposa point le Catéchisme universel, de Saint-Lambert, comme digne du prix; elle signala à l'attention de Tempereur le Cours d'instnKtion d'un sourd-muet de naissance, par M. Sicard, et les Rapports fjii phyfiiqvf ft du moral rh- l'homme, par Cabanis.
Lu ( la-so n réforma point le jugement du jury pour
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le prix du meilleur poëme en plusieurs chants; elle accorda seulement une mention honorable de plus au Printemps d'un proscrit, de M. Michaud.
Le jm-y n'avait signalé qu'un seul petit poëme se rattachant à l'histoire de France, la Mort de IL-nri IV, par Victorin Fabre : la seconde classe de ^Ia^tilut signala de plus à l'attention de l'empereur le poëme de BeJymce, ou la peste de Marseille, par Millevoye; les Tombeaux de Saint-Denis, par M. Tréneuil ; les Poésies nalionaks, par M. d'Avrigny.
On comprend que le jury et la classe des sciences mathématiques et physiques soient toujours d'accord et que, pour les œuvres littéraires et d'imagination, le jury et la classe de la langue et de la littérature françaises ne rendent pas toujours les mêmes arrêts.
CLASSE d'histoire ET DE LITTÉRATUKE ANCIENNES.
Le grand prix de première classe poiu- la meilleure histoire, pour le meilleur morceau d'histoire, soit ancienne, soit moderne, fut décerné à VHistoire de Vanarchie de Pologne, par Rulhière. Les ouvrages de MM. Sismondi, de Ségur et Lacretelle, furent jugés dignes de mentions honorables. La classe entière de Thistoiie adopta les jugements du jury ; mais elle réclama de plus des mentions honorables pour VHistoire critique de la hépublique romaine, par >L Lévesque, et pour VHistoire du Bas-Empire, par M. Ameilhon.
Le sixième grand prix de deuxième classe pour la meilleure traduction en vers de poèmes grecs ou latins fut décerné à M Tissot, pour sa traduction en vers des
Eijlo'jiij's d^ Yiiijilf. Une mention très-honorable est accnrdée à la traduction des mêmes E'jlo'jues par M. Firmin Didot.
Le deiLxième grand prix de deuxième classe pour le meilleur ouvrage de biographie est décerné à la Vie de Tmdon, par M. de Beausset.
Les neuvième, dixième, onzième et douzième grands prix de deimème classe pour les traducteurs de quatre ouYi-ages en langues orientales ou en langues anciennes, furent décernés à la traduction du Traité d'Hippocrate i^ur Voir, les deux et les eaiu:, par M. Coray;
Ln second, à la traduction du manuscrit d^Ahoul-Eassan sur Lastronomie des Arabes, par Sédillot;
Un troisième, à la traduction du poème persan de Mf^j/uji-iin et LeïJa, de Bjarny, par M. de Chez y;
Et le quatrième, à la CJiristornatliir de M. de Sacy.
Des mentions honorables furent accordées à MM. Caussin et Langlès et à M. Pérard.