‹ Mémoires d'un bourgeois de Paris (volume 3)Chapitre 12 sur 28 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

BÉFONSB A n. TIIERS ET CIANGARNIER.

Conférence pour an projet de coup d'État sous la Constituante, dans Tannée 1849.

Dans le chapitre précédent de ces Mémoires on lit :

«Au mois de janvier, vers la fin d'avril et au 13 juin de l'année 1849, la Constituante fut surtout menacée par les chefs du parti modéré qui dirigeaient les réunions de la rue de Poitiers. Pendant les jours difficiles de cette époque, une conférence eut même lieu chez M. Thiers, pour arrêter les moyens d'exécution d'un coup d'État. M. Thiers, le général Changarnier, M. le comte de Morny, assistaient seuls à cette conférence.

» Le général Changaniier représentait la garde nationale et l'armée; M. le comte de Morny possédait la con-

D'UN BOURQfiOIS DE PARIS 21D

nait alors comme le représentant et le chef du parti mo« déréé On discuta d'abord les noms des personnages politiques qu'il fallait avant tout faire arrêter et conduire en prison. Le nom du colonel Charras fut le premier prononcé; on décida son arrestation à Tunanimité. Le général Changarnier proposa l'arrestation du général Cavalgnac. M. Thiers flt obseiTcr que le général Cavaîgnac venait de rendre^ dans les journées de Juin^ un grand service au pays, qu'il avait su conquérir la confiance de la garde nationale, et que son attitude ne devait inspirer aucune défiance : «c 11 y a un général qu'il faut arrêter en )> même temps que le colonel Charras, ajouta M. Thiers, » c'est le général Lamoricière : celui-là est un cerveau » brillé en politique. »

» Le général Changarnier combattit toutes les assertions de M. Thiers : a Vous êtes bien bon, dit-il, de vous » préoccuper du général Lamoricière; je ne lui recon- )> nais pas la moindre importance. Le général Cavaignac » est un autre homme; c'est parce qu'il a une certaine » attitude, qui lui donne de l'autorité auprès de la garde » nationale et de l'armée, qu'il faut s'assurer de sa per- » sonne. »

» M. le comte de Morny prit alors la parole : a Dans les » jours de trouble, arrêter un homme de parti, c'est lui » rendre service ; c'est le préserver de lui-même, c'est » metti^e à couvert sa responsabilité vis-à-vis de son » parti, c'est protéger sa personne. Mon avis est d'arrêter » le colonel Charras, les généraux Cavaignac et Lamo- » ricière. » On sait qu'au coup d'État du 2 décembre, M. le comte de Morny, fidèle à son s^slèm& \ft^"^^^^, au lieu d'en arrêter trois, les fil axYfelcY \.o\3& \^^ ^vcvo^

à pefaM étedié^ c» ooap d*ttit tfeiAmeaDe wito; ladiMintionâerAtKmbléecoMttt^ kai-

Cerérïty reproduit dans les colonnes^ du journal bî Presse, donna lieu aux dénégations et aux afBnnatioos contenues dans la cofrespDndance suivante :

La 18 mars i%W, m IteitdaDs le joonal te i^raiw : < nmis recerons la lettre suifante :

< Puis, 17 mars 1855.

a IfoDaieuTy

» La Presse contenait hier la note sidyante^ sans sim §[nature :

» Nous avons reproduit dernièrement un passage des » Mémoires (TunBourgeois de Paris,o\x est dit qu'une » conférence aurait eu lieu^ en 1849^ chez M. Thiers^ » aveclf . le général Ghangamier et M.lé comte dé Momy^ » laquelle atait pour but de dissoudre par la force TAs- » semblée constituante^ et de faire arrêter plusieurs de » ses membres^ notamment le général Lamoricièrc.

» Les amis de M. Thiers, et M. Thiers luinnême^ » nient absolument cette assertion^ et afûrment que » non-seulement les détails donnés dans les Mémoires » d'un Bourgeois de Paris sont controuvés^ mais que » la conférence dont il s'agit n'a jamais eu lieu. »

À Nouscroyoiis de notre impartialité de rapporter cette » dénégation. »

. Je fis à cet article de la Presse la réponse suivante :

p'Wn Botritiois de paris iti

» omterdfiifùiiMidait (m récents, dam les ifi^^ » d^un BourgeoU de Pwnsy qu'après avoir consulté les )) documaoU les phis anlhentiques^ qu'après avoir in- » terrogé les personnes les mieux renseignées, qu'après yi être i:emoni6 aux meiUenres sources; j'ai donc le droit » de repousser la dénégation anonyme que votre impar- » tialité vous a décidé à publier^ et je maintiens tous les » détails rekliis à la conférence dont il s'agit comme » parfaitement exacts.

» Veuilles^ je vous prie, insérer cette réponse dans » votre plus prochain numéro.

B Agrées, elc.

» L. Véron,

» Député de la Seine. »

Le iO mars 19^^ onlisaîi dans le jooraal.ia Presse :

» Paris. ^ Nous recevons la réponse suivante à la lettre de M. Véron, et nous insérons Tune comme nous avons inséré l'autre :

< Pazk^ lA mm 1066.

» Monsieur,

» Vous avez bien voulu, sur ma demande, opposer D une dénégation à une assertion des Mémoires d'un » Bourgeois de Paris, qui avait été citée dans votre D joamaL €etle assertion étant reproduite, je me borne, D pour n'y plus revenir^ à conûrmer moi-même la déné- D gation que je vous avais prié d'insérer, et j'espère que n vous aaresroMigeaBGedepiMeroQttoViA^i«teDa^^^Ks& M fèmpnKbtàm omnéffK

sn MÉMOIRES

«SlVeoillez, monsieur, recoToir à l'avance mes remeiv » ciments.

» A. Tbiers. »

Le 20 mars 1853, on lisait dans le journal la Presse : «|Kous recevons les lettres suivantes :

€ J M. k fédadeur de tkVKRsm.

> Paris, le 19 mars 1855.

1» Monsieur,

» Pour répondre à la lettre signée par M. Thieré, que j» vous avei insérée hier soir, j'ai fait appel aux soave- » niiÏB de M. le comte de Momy : voici ma lettre et sa » réponse que je vous prie de publier.

» le n'i^outerai qu'une seule observation ; c'est qu*à » répoque où mes notes sur la conférence dont il s'agit » forent écrites, la situation des trois personnes entre les- » quelles eut lieu cette conférence rendait ces faits tout D simfdes, tout naturels, et leur donnait un caractère » coQq[>let de vérité.

» Agréez, etc.

» L, Véron. »

nÂM.le comte de Morny .

> Paris, le 18 mars 1855.

)> Monsieur le président, » J'ai rapporté dans les Mémoires d'un Botirgeois de

» qui aurait eu lieu chez M. Thiers, entre vous,.M.Thiers )) et M. le général Changarnier. Je prends sous ma res- » ponsabilité la publicité que j'ai cru devoir donner à ce » fait d'une si grande importance historique ; mais^ me » permattrez-vous de vous rappeler que je vous ai en- T) tendu raconter tous les détails de cette conférence p quelque temps après la dissolution de la Consiituantey 7) et de faire à ce sujet appel à vos souvenirs.

)r Agréez^ monsieur le président^ mes sentiments dé-

» voués et respectueux.

» L. Véron,

V Député de la Seine. »

ikAM.L. Féron.

> Paris, le SO mars.

» Monsieur et cher collègue, » Les faits en question rapportés par vous dans les » Mémoires d'un Bourgeois de Paris sont de la plus )) scrupuleuse exactitude.

» Votre dévoué,

y> MoRNY. »

Le 21 mars 1855, on lisait dans le journal la Presse : « Nous recevons de M. Thiers la lettre suivante :

(nAM.le rédacteur en chef de la Presse.

> Paris, le 20 mars 18Sd.

» Monsieur, -» J'ai aussi mea souyenirs qui sont v)vécVè,<iV\^ \\\aAv\-

tti MÉMOIRES

Btiaos, comme fondée de toiifpoiliUy la dénégaUcm que » j'ai oppoféean récit des Mémoim d'un Bourgeois de » Fturiê.

» raffinne qae, sot» rA«emblée constituante aussi » Uen que sons rAssemblëe législative^ j'ai toajofors.été n contraire ani mesores violentes; qae j'ai tonjoim oonad- » dèré la légalité comme la source la plus sûre ccmtre le » désordre, la sente qoi n'exposât pas à de fâcheux reloQiSy » et sortoni que jamais je n'ai voulu de rigueur» eoiiire » les personnes.

» Je ne comprends donc pas comment, avec detdiss » q[»lnions, omstarament et partout professées^ ÏW^ » pu être choisi pour discuter des propositions qui «flIlC » pour but de dissoudre une assemblée par la BoiieÉit*^ Tt d'arràtor plusieurs de ses membres. De semblahlai jt9>- Tt positions, sérieusement faites par des personnes aocré- » ditées, ayant mission de les discuter et de les adop- 1» ter^ n'ont jamais été ni apportées ni discutées chez moi.

» le voudrais bien ne pas rappeler de tels souveiiirSj » mais ce n'est pas moi qui suis sorti de ma retraite pour )) les réveiller. Dans cette retraite, oiije vis livré àTétude » et fidèle à la constante modération de mes opinions, je D croyais avoir droit à quelques égards, je ne m'attendais if> pas à être obligé de repousser de pareilles attaques! » Mais je m'arrête, et pour ce débat comme pour bien » d'autres, que je ne veux pas relever aujourd'hui, je ]» m'en réf&re au temps> juge tardif, mais sûr, des homn mes et des choses.

» Veuillez agréer> etc.

D*UN BOURGEOIS DE PARIS St5

Enfin le 23 mars^ on lisait dans le journal la Presse :

a M. le général Changarnier nous adresse la lettre suivante :

« MaliBM, 21 mars 1865.

» Monsieur le rédacteur^

» Un de mes amis^ qui vous portera ceci^ me fait con- » naître aujourd'hui les lettres récemment insérées dans » votre journal par Tauteur des Mémoires d'un Bour- » geois de Pariê^ par M. de Mom^f et par Thonorable » M. Thiers.

» le donne le démenti le plus complePaux deux pre- » mMrs personnages.

n. Je TOUS prie^ monsieur le rédacteur^ de vouloir bien » insérer cette lettre dans votre premier numéro.

» Agréez mes aincëi^s remerciments.

» Changarnier. »

Cette lettre du général Changarnier parut d'abord dans Y Indépendance belge: mais ce ne fut (|u^danâ une édition de ce journal non destinée à la France qu'on publia la lettre du général in extenso.

D'ajHrès cette édition de l'Indépendance belge, voici le texte exact de cette lettre :

€ Monsieur le rédacteur^

D Un de mes amis^ qui vous portera cecij m'a fait connaître aujourd'hui les lettres récemment insérées dans votre journal par l'auteur desAiémoires d'unBuuTu^oV^

de Parie, par M. de Momy et par l'honorable M. Thiers. » le donne le démenti le plus complet aux deux premiers personnages 9 qui se sont œalisés pour dresser un piédestal à l'un (feux et calomnier les victimes de la molenee et de la fourberie.

» Je vous prie, etc.

» CflANGARfilER. »

On le voit, cette lettre n'est pas dictée par le désir légitime de réfuter une assertion qu'on croit inexacte, mais par un dépit politique qui ne se contient pas; elle n'explique et ne prouve rien, elle injurie.

Avant d'entrer dans l'examen de la question discutée, un mot tout personnel à M. le général Changamier.

En mars 1822, répondant à M. de Montlosier à propos d'une brochure violente que ce dernier venait de publier 1, M. Thiers écrivait dans le ConstitiUionnel : « Quelques hommes dépités veulent se satisfaire; ils trouvent un prétexte pour nous injurier ; ce que je connais de plus déplorable au monde, c'est de voir des vieillards avoir tort, et je n'ai jamais tant souffert qu'en voyant M. de Montlosier se permettre la violence et l'injure. »

M. Changamier ne m'a-t-il pas donné le droit de lui adresser à lui aussi les paroles de M. Thiers : a Quelques hommes dépités veulent se satisfaire ; ils trouvent un prétexte pour nous injurier ; ce que je connais de pk^ déplorable au monde, c'est de voir... je ne dirai pas un vieillard... mais du moins un soldat qui a vieilli dans

les camps^ avoir tort^ et je n'ai jamais tant souffert qu'en voyant M. le général Ghangarnier se permettre k violence et l'injure. »

Les deux réponses de M. Thiers et celle du général Ghangarnier offrent, d'ailleurs, un contraste de ton et de langage; M. Thiers dénie, mais il n'injurie pas ; c'est que ces deux hommes diffèrent d'éducation, de savoir et de valeur ; M. Thiers peut oublier dans de sérieux travaux ses adversités politiques.

Les lettres consolent.

M. le général Ghangarnier, qui ne manque cependant pas d'un certain goût pour les études littéraires, après avoir rêvé peut-être une dictature, ne sait qu'écouter les mauvais conseils d'une ambition déçue, de la haine

' et de la colère.

^ 11 est à plaindre.

Mais entrons dans le vif de la question. Bien que de

-t nouvelles preuves, de nouveaux témoignages ne parais-

^ sent point nécessaires aux hommes politiques qui se rap-

5 pellent tout ce qui s'est dit, tout ce qui s'est fait sous la

I Constituante, ajoutons toutefois de nouvelles preuves,

^ de nouveaux témoignages à la déclaration si loyale et si

nette de l'honorable M. le comte de Morny, président du

j Corps législatif.

Reprenons les paroles de M. le général Ghangarnier. Je donne le démenti le plus complet aux deux premiers personnages, qui se sq/U coalisés pour dresser un piédestal à l'un d'eua et calomnier les mctimes de la violence eldêla fourberie.

Nous vjvo^ doos un temps oii VoçuiM)\i^gi^>Àu{ai^'Oi^^^

MB MEMOIRES

laisse pas facilement duper, où les éloges de coinplaisaace ont moins de crédit que jamais. Je n'ai loué M. le comte de Momy qu'en racontant des faits historiques, et si cet honmie d'Ëtat est aujourd'hui sur un piédestal, c'est qu'il s'est lui-même taillé dans le marbre ce piédestal^ en risquant sa vie pour la défense de la socîélé.

Est-il plus vrai que M. le comte de Momy et moi nous nous soyons coalisés pour calomnier?

M. le comte de Morny ne m'a raconté tous les détails de la conférence^ont il s'agit que peu de temps après la dissolution de la Constituante. Je viens de lire le récit de cette conférence écrit de la main même de M. le comte de Momy dans un journal qu'il tenait à cette époque. Eh bi^ ! lors de la dissolution de la Constituante, M. le comte de Morny et M. le général Changarnier étaient animés des mêmes sentiments^ comptaient dans les mêmes rangs à la Chambre et se serraient autour du président de la république pour le salut du pays.

M. le comte de Momy^ en me faisant connaître l'entretien qui eut lieu entre M. Thiers, M. le général Changarnier et lui, me donnait des preuves du dévouement courageux de ces deux premiers personnages; il ajoutait, pour ainsi dire, un titre nouveau à ceux qu'ils avaient déjà à l'appui et aux éloges du journal le Conslitutionnel que je dirigeais alors. A cette époque raconter cette conférence, ce n'était donc pas calomnier MM. Thiers et Changarnier. Le récit de ^. le comte de Morny n'a pu prendre un caractère fâcheux et importun pour MM. Changarnier et Thiers que par la publication tardive qui en a

Quant à moi , j'ai toujours entouré du plus grand respect M. le général Changamiei* alors qu'il se posait comme le défenseur de Tordre et de la société. Le i 9 octobre 4 8^0^ je puUiais même dans le ConstUvUonnel un article signé^ ayant pour titre : Le général Cha/ngarnier, Le commandant en chef de Tannée de Paris était alors sur un piédestal qu'il a lui-même brisé. Je reproduis ici une partie de cet article^ parce qu'il jette aussi quelque lumière sur la situation de M. le général Changarnier sous la Constituante :

LE GÉNÉRAL CHANOARBriBR.

« li est une question qui préoccupe les esprits^ jette quelque inquiétude parmi les amis de Tordre^ et pèse plus ou moins sur la situation du moment. Nous voulons parler de certains faits, qu'on pourrait appeler^ pour les résumer d'un seul mot, la question du général Changarnier.

» Nous ne voulons point écrire ici une biographie. Nous passerons même sous silence la vie militaire du général Changarnier en Afrique, où ses frères d'armes reconnurent en lui tous les mérites des grands capitaines. Pour mieux étudier la part qui lui revient dans le rétablissement de Tordre et dans Tintimidation du parti démagogique^ le général Changarnier ne datera pour nous que du 46 avril 1848, du jour où, jugeant avec la rapidité de son coup d'oeil Theure de la crise et du danger, il obtint de M. de Lamartine et arracha de M. Ledru- Rollin Tordre de faire battre le rappel. De ce ^craxV^^^QxN^Y de Vordre s'était compté, la garde iiaL\ioTka!k& v^^àN. -«s^^

âSO MÉMOIRES

chef. Le général Cavaignac le comprit lorsque^ par Tordonnance du 29 juin, il appelait M. le général Charigarnler au commandement supérieur des gardes nationales de la Seine.

» Ce choix était déjà une grande garantie pour l'ordre. Louis-Napoléon Bonaparte, élu président de la république, voulut faire plus; il mit encore sous le commandement du général Changamier les troupes de la première division militaire. L'Asseimblée constituante commença à comprendre ce qu'était le général Changamier et à prendre peur de tant de régiments placés sous la main d'un tel homme. Dès lors la guerre commence, et, sur une proposition de M. de Ludre, l'indemnité de cinquante mille francs, allouée au commandant supérieur des gardes nationales de la Seine, est battue en brèche et rejetée dans la séance du 3 avril 1849, par trois cent soixante et une voix contre trois cent quatre *.

» Le général de brigade Perrot ayant été nommé pai* intérim commandant des gajdes nationales de la Seine, le général Changamier ne conserva, en définitive, que le commandement de toutes les troupes de la première division militaire.

» Dans ces temps où les flots du désordre n'étaient point apaisés, où la société était encore agitée et houleuse, l'attitude ferme et résolue du général en chef de l'armée de Paris fut décisive. Nous n'accuserons point ici les meneurs de l'Assemblée constituante de s'être réunis pendant la nuit en conciliabule, et de s'y être demandé

i On répéta dans tout Paris le mot spirituel du général Chan- ^arnier, à propos de cette suppression de traitement : Ils n'en

si; avant Ffaeure où les pouvoirs de la Constituante allaient expirer^ le salut de la patrie n'exigeait pas qu'un coup d'État fût tenté; mais ce qui est certain^ c'est que l'attitude du président de la république et la présence du général Changarnier à la tête de toutes les troupes concentrées sur Paris auraient bien affaibli les chances de succès des conspirateurs s'il s'en fût trouvé. On se rappelle le 13 juin! L'importance et le respect qui s'attachent au nom du général Changarnier résument donc avec justice les titres d'honneur et de gloire qu'il s'est acquis en montrant constamment; dans nos plus mauvais jours de crises politiques^ autant de coup^ d'oeil, de décision et d'audace que dans un jour de bataille. »

Le récit que m'avait fait M. de Momy de la conférence chez M. Thiersj m'inspirait la plus grande confiance dans le général Changarnier; aussi cet article se terminait-il ainsi:

« En résumé; le général Changarnier tient de Louis- Napoléon Bonaparte le grand commandement qu'il occupe. L'usage qu'il en fera a pour gamntie son honneur. Entre le président de la république et le général Changarnier; il y a une solidarité de sentiments et de dangers ! C'est pourquoi nous ne craignons pas de le dire, le général Changarnier, qui compte déjà plus d'un service rendU; aidera puissanunent le président de la république à sauver la France; la société; la civilisation tout entière. »

Uà!iihBmeu$ement, M. le général C\i\dx%«xiÀ»s ^^^oss^.

vite un démenti aux prophéties, aux espérances eu CùnsHiutionnel.

Sous la Constituante^ la situation politique de M.Tbiers était la même que celle du général Changarnier.

Le président de la république, jiouvoir nouveau, se trouvait placé en face d'une Assemblée qui loi était hostile, et cependant, pour éviter tous conflits^ il n'avait d'autre ressource, d'autre expédient que de s'entourer de ministres parlementaires. Dans cette Assemblée^ par sod attitude courageuse et réactionnaire, M. Thiei's se pkce à la tête du paili modéré. Alarmé des dispositions et des projets presque publics de la Constituante, estimant que le ministère parlementaire, dont faisaient cependant partie MM. Barrot et Passy, n'était point à la hauteur du danger présent, M. Thiers ne voit alors une ancre de salut que dans le président de la république. Il s'intéresse à toutes les combinaisons, à toutes les entreprises que conseillaient les périls menaçants, et sans établir avec le prince Louis-Napoléon des communications directes qui eussent pu les compromettre tous deux dans la Chambre, il noue avec le président de la république des relations presque quotidiennes dont M. le comte de Morny était^l'intermédiaire. Peut-être même M, Thiers pourrat-il se rappeler sa correspondance de ce temps-là avec le représentant du Puy-de-Dôme. Cette correspondance suffirait à fournir la preuve de l'honorable et courageuse complicité qui existait alors entre M. Thiers et M. le comte de Morny, pour sauver la France.

Ne sait-on pas que la Constituante conçut le double projet de mettre en accusation le président de la répu-

roger à Theure où ses pouvoirs allaient expirer? Dans cette sinistre prévision^ tous les hommes de cœur dévoués à l'ordre se rapprochèrent comme pour se sentir les coudes^ et dans ces circonstances^ la conféi*ence sur un projet de coup d'État entre M. le comte de Morny, MM. Thiers et Ghangarn>er n'était qu*une mesure de prévoyance; c'était même une bonne action au point de vue de tous les intérêts du pays.

Alors que les meneurA de l'Assemblée constituante se réunissaient chaque nuit pour se demander si le salut de la république n'exigeait pas qu'ils tentassent nn coup d'État^ qu'ils missent en prison le président de la république et ses ministres, M.Thiers, dans son haut bon sens^ pouvait-il penser que la légalité fût alors la ressource la plus sûre contre le désordre ^'l Combien d'honnêtes gens^ combien d'hommes politiques étaient alors convaincus de la nécessité de se défendre non par la légalité^ mais par la force f Les plus courageux s'y préparaient; M. le général Ghangarnier, M. Thiers^ M. le comte de Morny, furent de ceux là.

Mais pour maintenir par des preuves la véracité de mon récit, rappelons surtout à M. le général Ghangamier des faits publics qui sont encore aujourd'hui dans la mémoire de tou3.

M. le prince Napoléon Bonaparte^ dans la séance du 3 janvier 1851 de l'Assemblée législative^ interpelle le ministre de la guerre^ M. le général Schramm^ et s'exprime en ces termes * :

1 Voir la lettre de M. Tbiers insérée dans la Preâse le 21 mai 1855.

3 Moniteur du 4 jativier 1 851 .

« C'est avec un profond étonnement et, je dois le dire, avec un profond chagrin que j'ai lu hier, dans un journal semi-officiel {la Patrie), un article qui m'a profondément peiné, comme Français et comme membre de cette Assemblée. Je vais vous donner communication de cinq articles extraits de l'instruction générale et permanente donnée par le conunandant en chef de l'armée de Paris; cette instruction contient vingt-six articles.

» PLUSIEURS voa. La date, la date l » M. CRÉMiEux. C'est permanent.

» M. NAPOLÉON BONAPARTE. Je liS.

» 1. ^'obtempérer à aucune réquisition qu'après awir reçu l'ordre du lieu^nant général.

» n. Ne pas écouter les représentants.

r> IV. Fusiller à l'instant les traîtres.

» XX. Tout ordre qui ne provient pas du général en chef est nul; rejeter les conseils donnés par tout officier étranger au commandement des troupes engagées. Il n'y a d'exécutoire que les ordres du général en chef et de ses agents réguliers.

» XXI. Toute réquisition, sommation ou demande d'un fonctionnaire civil, judiciaire ou politique sera rigoureusement repoussée. »

Au milieu d'une grande agitation de l'Assemblée, M. le général Changarnier demande la parole et s'exprime ainsi :

(( Mon honorable ami, M. le général Schramm, rainistre de la guerre, veut bien me permettre de donner

trouver, attendu que l'instruction signalée par le journal la Patrie n'existe pas.

» UNE VOIX A GAUCHE. Elle u'existo peut-être plus, mais elle a existé.

» M. LE GÉNÉRAL CHANGARNiER. SI elle avait exlsté, elle existerait encore. Je déclare que non seulement les articles cités par la Patrie ne sqnt pas textuels , mais qu'il n'y a rien de pareil dans les instructions permanentes ou transitoires émanées du quartier général du commandant en chef de l'armée de Paris.

» Dans aucune de ces instructions permanentes ou transitoires^ le droit constitutionnel de l'Assemblée de requérir les troupes n*a été mis en question.

» 11 est très-vrai que lorsque l'administration présidée par mon honorable camarade Cavaignac m'a appelé au ccHmnandement en chef de la garde nationale, j'ai cru devoir publier une instruction qui, peu de temps après, a été textuellement reproduite pour l'armée, lorsque Tarmée a été à son tour placée sous mon commandement. Dans cette instruction, je prends toutes les précautions nécessaires pour l'exacte transmission des ordres et pour maintenir l'unité du commandement durant le combat,

» M. LE PRÉSIDENT. Voilà le mot.

« M. LE GÉNÉRAL cHANGARNiER. Ccttc instiniction a vingtneuf mois de date, et les administrations qui se sont succédé l'ont toutes approuvée. Elle était du reste imprimée. »

Le lendemain de cette séance, la Patrie Té.^Qw^^5^. ^s^ cas iennes à M. le général ChangaTme.¥ ;

p Et qu'ont dune de si étrange les articles que nous avons cités, articles textuellement extraits, nous le répétons, d*une instruction générale et permanente, qui aujourd'hui même encore est à Tordre du jour de Taitnée. Depuis quand n'est-ce pas le devoir du soldai fidèle de fusiller les traîtres? Que deviendrait donc Funité du commandement dans le combat et hors du combat, si le premier fonctionnaire venu pouvait disposer d'une partie de la force armée? Où en serait la discipline, si tous les ordres donnés aux tmupes ne devaient pas émaner du général en chef? Et depuis quand, enfin, un représentant est-il à lui seul l'Assemblée tout entière ? Quoi ! les soldats devraient obéir à chaque représentant ! Ce serait la confusion des confusions ; car il y aurait autani de volontés que de représentants.

» Ah ! ce n'était pas pour désavouer des instructions aussi sages, aussi prudentes, aussi conformes à l'esprit et à la discipline militaires, aussi utiles au salut de l'ordre et de la société que M. le général Changarnier aurait dû monter à la tribune; c'eût été pour les défendre avec la loyauté du soldat et du citoyen. Cest le cas de dire ce que Voltaire disait de Dieu : Si ces instruclions n'existaient pas, il faudrait les faire, car non-seulement nous affirmons qu'elles existent, mais nous les louons, nous les approuvons sans réserve, et au fond du cœur il n'est pas un seul militaire, digne de porter Tcpauletle et l'épée, qui ne pense de même. Et cependant M. le général Changarnier, qui les a données, les a désavouées. Il est vrai que ce désaveu a été porté à la tribune avec tant d'embarras, il est vrai qu'il a été entouré de tant d'am-

que nous pardonnons Yolontiers à M. le général Changamier un démenti injuste et immérité^ qui a dû coûter beaucoup à sa loyauté de soldat.

» Quoi ! M. le général Ghangarnier a pu dire à la face du pays et de l'Assemblée que les instructions dont nous avons cité un extrait n'existaient pas, n'ont jamais existé ! Mais nous les avons lues, ce qu'on appelle lues, de nos propres yeux, dimanche matin ; nous les avons eues entre nos mains pendant plusieurs heures ; nous en avons pris une copie exacte et complète sur un original signé de l'un des généraux de brigade de l'armée de Paris, qui les a transmises directement aux officiers des troupes placées sous son commandement. Dira-t-on que ce général de brigade a imaginé des instructions pareilles? Qui oserait supposer qu'un général de brigade appartenant à l'armée de Paris, dans laquelle M. le général en chef maintient avec tant de rigueur les règles de la plus sévère discipline, aurait pu prendre sur lui de donner des instructions aussi graves, s*il ne les avait pas reçues luiHfnème de son supérieur hiérarchique ?

» D'après ce que nous affirme une personne digne de toute confiance, la pièce dont nous avons extrait les cinq articles que nous avons publiés est le résumé écrit des ordres verbaux donnés par M. le général Ghangarnier aux généraux de brigade placés sous ses ordres. Ceux-ci les communiquent aux chefs de corps lorsqu'ils viennent en garnison à Paiis, et nous savons, de source certaine, , que ces mêmes instiiictions ont encore été transmises, il y a à peine un mois, à des officiers nouvellement arrivés.

» Cette pièce est entre nos mainft •, hoxjû ^çwttt\s5»&>

118 MËIIOIRES

nous devrions la publier en entier pour notre défense, mais nous avons promis sur notre honneur de ne pas donner d'autres articles que ceux déjà cités. Nous ne portons ni Tépaulette ni Tépée^ mais quand nous donnons notre parole^ nous la tenons.

» Nous laisserons triompher nos adversaires^ et dussions-nous rester seuls à porter le front aussi haut qœ le cœur^ au milieu de la défaillance et de la faiblesse universelle^ nous maintiendrons mêpue contre M. le général Changarnier la véracité de nos afûraiations et l'exactitude de nos citations. Ce n'est pas nous que la perspective d'un triumvirat africain peut effrayer. Il nous importe peu que M. le général Changarnier donne aujoard'hiii la main aux généraux Cavaignac et Lamortcière^ qu'il écrasait hier de sa supériorité, et qull briserait demain, s'il le pouvait, sous sa dictature. Nous ne craignons pas plus les Cromwell que nous n'aimons les Monck. FussionsHfious au pied de la tribune, à la barre de l'Assemblée, nous dirions : Oui, ces instructions ont existé; oui, elles existent encore; oui, les citations que nous en avons faites sont exactes ; car il y a quelque chose qui est au-dessus de tout : c'est la vérité.

» Amédée de Céséna. »

A la négation publique, au démenti du général Changarnier, j'oppose encore les faits suivants :

Au mois de mai 1849, un ordre du jour ayant pour but de soustraire l'armée à l'autorité que voulait s'arroger rAssembléc cunstituaiite fut communiqué aux colonels

Reibell^ mais en simple lecture^ comme Tavait prescrit le général en chef, et non par écrit, comme c'était Tusage. Le colonel de Goyon demanda cependant à prendre copie de cet ordre du jour, ce qui lui fut accordé. 11 n'y eut pas lieu d'appliquer Tinstruction du général en chef; mais ce qui est positif, c'est que quand cette instruction parut dans les journaux, sous la signature du général Reibell, comme ordre permanent donné au ^^ de hussards qui avait remplacé les lanciers en i 850 à Paris (colonel Bertin Devaux), M. de Goyon reconnut parfaitement les instructions dont il avait pris copie au mois de mai 1849.

Ces faits ne sont-ils pas une preuve que, malgré la dénégation du général Changarnier, les instructions n'étaient pas seulement données pour être exécutées durant le combat ; mais qu'elles constituaient, au contraire, une instruction permanente pour les troupes de la 1" division militaire, instruction, d'ailleurs, comme on l'a dit, pleine de prévoyance pour le maintien de la discipline et pour soustraire Tannée à des ordres arbitraires et à d'incessants embauchages.

A-insi, M. le général Changarnier, qui nie la conférence pour un projet de coup d'État, niait aussi les instructions qu'il avait données comme commandant en chef de l'armée de Paris.

Poursuivons :

Alors que TAssemblée constituante semblait vouloir se proroger, alors que Ton rappelait Tavlicle de la constitution obligeant Tarmée à répondre aux ordres du président de TAssemblée, qui ne se souvient que M. le général Chanjpaniier, mandé par M. Marrasl, çtèsvtovV. ^<^\^

Constituante^ refusa de se rendre près de ce dernier; il ne lui envoya^ comme par dédiin^ qu'un de ses aides de camp ; mais à ce fait connu je puis ajouter de nouveaux faits qui furent rapportes presque publiquement par M. le général comte de Goyon après la dissolution de la Constituante.

A la veille de l'expiration des pouvoirs de cette Assemblée, M. le capitaine d'état-major Robinet vint de la part de M. le général Changarnier trouver M. de Goyon, alors colonel du ^^ régiment de dragons ^

« Mon colonel, dit M. Robinet, le général Changarnier me charge de vous demander si avec votre bon l'égimenty commandé par vous, vous vous feriez fort d'entrer dans un club, dans une réunion, dans une cissembUej avec la même puissance d'action qu'un bataillon d'infanterie ?

— Oui ; certainement, répond le colonel de Goyon, et peut-être même avec plus de puissance d'action, par cette raison que j'ai dans mes pistolets une arme plus maniable que le fusil et que j'ai dans mes sabres une longue baïonnette plus à craindre que celles placées au bout des fusils de l'infanterie. Je me charge donc au besoin d'entrer dans un club, dans une réunion, dans une cissem'

1 Ce régimeut ucoupiit le quartier du quai d'Orsay^ voisin de la Chambre des députés; ses escadrons avaient résolument marché dix-sept foisdontre Témeute, soit dans les déparlemenls, soit à Paris. Le colonel de Goyon et son régiment avaieul toujours montré un dévouement si héroïque à Tordre et au salut de la société, que les orficiers de la 10^ légion de la garde lUlioniili; dduncicnt un banquet au coinnol et aux officiers

biée, le sabre d'une main et le pistolet de l'autre, et je garantis le succès.

— Cest bien, mon coloneî, je vais rendre compte de notre entretien au général commandant en chef. » M. Robinet part au galop et revient peu de temps après.

(( Le général Changarnier s'attendait à votre réponse; il me charge de vous dire qu'ayant, lui aussi, sa baïonnette dans son ép^e, il vous prie de lui faire donner douze pistolets de votre régiment S pour ^tre ainsi que son état-major armé comme vos dragons.

— Je vais vous envoyer les douze pistolets dès mon retour au quartier du quai d'Orsay. » (Cet entretien avait lieu chez M. le comte de Goyon, rue d'Astorg.)

tt Je suis à cheval, reprit l'ofûcier d*état-major, le général est pressé, ne pourriez-vous pa^ me donner un ordre écrit pour que ces pistolets nous fussent remis ? »

Ainsi dit, ainsi fait.

Les douze pistolets sont portés chez M. le général Changarnier; le colonel du 2™® dragons se rend immédiatement au quartier pour se tenir prêt à exécuter les ordres qui avaient été annoncés avec tant de précision.

L'ordre définitif ne fut pas expédié. La dissolution de l'Assemblée constituante rendit inutile le coup de main; cependant le général Changarnier garda les douze pistolets, il n'en fit la remise que lorsqu'en avril 1850, le 2* régiment de dragons quitta Paris pour se rendre à Lyon.

1 Chaîne rég^imënt possède des ariitie» ^'(\ëm«iiVKa^%k.

Sif MÉMOIRES

Si je n*ai pas^ ûma^ la première édition des Méimi d'un Botirgnm de Park^ raconté tes faits à prupos i projeta dé €QUps d'Étal, c'est que je ne supposais | que M. le gênerai Changanaîer rae mettrait dans k cessîté de fournir des preuve» d'une conférence el d' t reprises que lui conseillait alors son patriotiâoie.

Ces Faits, dont aucune des minuLieus^cs cii constan n*est omifie, attestent plus qu'une conférence pour projél de coup d'État, ils attestent un coup d^Ètat déci On a fait ciioti du régiment et du colonel; le,9 an sont prêles \ le général Cbaogarnier emprunte me douïe pistolets pour que les oftitiers de san étal-m£ puissent attaquer et se défendre comme de simj ilragons.

Certes, on ne se préoccupe de tous les détails à\ rution d'un pareil coup de main, qu'après s'être c cei'té avec les honmies politiques dont les conseiL l'iippui étaient, avant et après j indispensables au sw d'un Si audacîeujt 18 brumaire; ne fallait-il pas en a^ cnnléré avec un représentant du pi'ésident de la ri biique^ avee les çber^ du parti modéré dans la Chamb Je me résume : la Constituante voulait ne pas mou Pendant qu'elle se préparait ii de^ complots^ on confér on s'aimait pour se défendre j contérences, projets coups de main, tout cela n'est pai seulement vxaij n tout cela est même Tiaisemblable.

Sans doute, je regrette de surprendre en défaut inéoioire M, le général Cbangamier i je regrette m^ bien sincèrement de rappeler ici tous ces îait^ porsout qui se rattachent cependant à i'iu^ioire; mais j'ai nui un récit sans mayYaise pensée, sans perlide^ intentio

On nie ce récit^ des mots injurieux sont prononcés^ je n accuse donc pas^ je nie justifie; il y va de l'honneur d'un écrivain de prouver qu'il ne calomnie point, qu'aucune passion, qu'aucun intérêt ne peut l'entraîner à altérer la vérité.

Ajoutons qu'on a le droit de ne tenir aucun compte iVan démenti qui n'est qu'un outrage fait sciemment à la vérité par uu personnage intéressé à la trahir. Quand il s'agit d'un fait et surtout d'un fait historique^ on ne met pas la main sur la poignée d'une épee, on la met sur sa conscience !

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