‹ Mémoires d'un bourgeois de Paris (volume 3)Chapitre 23 sur 28 · SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE

1 pamphlet ni satire : la vérité sur notre société telle de grands esprits Tont faite, ious sommes tous les fils de 89 ; mais, bien entendu^ is ne voulons honorer que les sentiments d'humanité^ I les qualités d'esprit de nos grands parents. Nous ne Ions que continuer leur belle œuvre de progrès^ de i-être et de civilisation pour le genre humain tout ér, les nègres compris, 'instruction et Tégalité pour tous^ tels ont été et tels

encore aujourd'hui les vœux de la philosophie du neuvième siècle.

>iir obéir à ces vœux^ Tempereur fonda l'Université, oi de 1833 décréta les instituteurs primaires. Université a dû le rang honorable et élevé qu^eUe pe encore dans l'État à la gloire littéraire, aux trac philosophiques, aux travaux historiques de quel- ^uns de ses enfants. Certes, on n'accusera point l^ersité d'avoir refusé aux générations nouvelles le

quotidien de l'esprit et du savoir. L'Université nous id presque au sortir du sevrage, pour bourrer notre Uigence de grec, de latin> d'allemand, d'anglais, de hématiques, de géographie, d'histoire, de philosoi> de chimie, de physique, d'histoire naturelle, d'anaîe. L'ignorance est traitée comme ce cruel fléau, la te vérole, et le diplôme de bachelier es lettres ou es nces est presque imposé à tous comme\<i c^eNSS^R^ ^^

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La loi de 1833 fut^ pour nnslructioii de te pas de ftiil en avant : elle imposa à toutes 1( TobUgation d'un instituteur primaire. Les maies primaires^ oîi se forment les institut naux, leur enseignent llûstoire ancienne e1 géographie, Tarithmélique complète, les géométrie, le dessin linéaire^ l'histoire nat lyse logique et grammaticale^ la musique choses encore que nous omettons. La loi de élevé qu'à deux cents francs le minimum d des instituteurs primaires. Depuis la révolul ce minimum a été augmenté; mais il n' moins certain que, dans nos yI liages, h nombre des instituteurs ne peut gagner qui cents francs par an, y compris la rétrlbutioi et le plus souvent, ces rétributions ne peu ven qu'en nature, en châtaignes, en pommes haricots !

Dans ces derniers temps, nous nous son:

engoués d'écoles d'agriculture. De petites sont établies avec Taide du gouvernement, a de la bienfaisance et du budget, et on a tenti savants agriculteurs des jeunes détenus, qu' retenait dans une prison, mais où du moins

US voulons metlre en i*elief ; là s'arrêtent la tutelle, la ^voyance, la paternité de notre société, pour cette jeu- 5se qui, croyant tout savoir, ne peut manquer ni d'oreil ni d'ambition. Pourrait-il en être autrement dans temps où, pour un prix de thème grec en cinquième en sixième, on voit, dès Tâge de neuf ou dix ans, son m glorifié dans les gazettes?

5ous l'empire, on disait à chaque conscrit partant pour s grandes guerres : « Tu as dans ton sac un bâton de irëchal. L'égalité pour tous. » Mais les batailles meurtres où se gagnait de grade en grade ce bâton de mâchai diminuaient bien le nombre des prétendants, /aujourd'hui, ne dit-on pas de même à tous les élèves nos collèges, à tous les élèves de nos écoles primaires : égalité pour tous. Vous êtes bachelier, officier de santé, 3teur en médecine, licencié en droit; vous avez fait re stage, et vous êtes avocat? Vous pouvez devenir resentant, préfet, ambassadeur, ministre, même emsur, même dictateur! » Il y a mieux! Depuis toutes révolutions, tout le monde n'a-t-il pas été préfet, amadeur ou ministre, et depuis la révolution de 1848 -on pas même vu certains commissaires du gouver- )nt provisoire ayant plus d'amour pour la république )our la gi*ammah*e, ayant plus de prison que d'oraphe?

si on enseigne bien des choses à nos jeunes géné-

$ ; mais ce qu'on cultive surtout en elles, croyez-le

'est l'orgueil, l'orgueil le plus résistant à se lais-

armer, une ambition impossible à satisfaire, et

un besoin d'égalité poussé jusqu'à l'aveuglement^

la folie.

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: ; Croyez-vous donc que lorsque, reçu à gr

stituteiir primaire, on n'a pour vivre que cents francs par an^ on soit bien disposé à

/ dRS la morale, le statu qiu>, le respect de

tions, Tobëissance aui lois et Tamour le pli

■' : gouvernement du pays? Croyez-vous donc q

: lier, le licencié, le médecin, ravocat, le pe

tuaire, le musicien, lauréats ou non lauréa le jeune agriculteur, pauvres diables que V( le pavé de Paris sans argent et sans espérai avoir bercés des rêves les plus dorés, resi chauds amis de Tordre, les ennemis les p des clubs, des complots et des émeutes, et i toujours prêts à s'embrigader, à se disciplî chef ambitieux prêchant la démagogie et le flattant et exploitant les mauvaises passions qui n'ont d'autres conseillers que la misère o chantements d'un cœur ulcéré?

La protection, les bienfaits de la société fini nous, à cette heure décisive de la vie de 1 cette protection et ces bienfaits devraient con ne prétends point qu'on fasse trop pour les ji mais peut-être faudrait-il faire plus pour eux où ils viennent demander à la société, qui le tant de choses, remploi de leur savoir ou ( lents, une existence, un avenir, une place dan

D'UN BOURGEOIS DE PARIS S7i

épargner même la dette de la reconnaissance aux mal-

^ heureux et à ceux qui souffrent; jamais on ne s'est tant '^- préoccupé du bien-être général, de la vie à bon marché, ^ de vêtements à bas prix. C'est là de la politique, et de ^ la grande politique en face de l'accroissement si rapide ^*" de nos populations.

=^* Nous lisons dans un livre sur les colonies agricoles de "^ mendiants, jeunes détenus, orphelins et enfants trou- ^vés, publié par MM. de Lurieu et H. RomancT, le fait ^suivant :

^ « Madame Rendswoude a partagé toute sa fortune

^-^enlre les trois hospices d'orphelms du culte réformé de

ïa Haye, de Délit et d'Utrecht, pour y faire élever, d'une

manière toute spéciale, un certain nombre d'enfants du

sexe masculin.

» Les régences ou administrations doivent choisir les

Sujets les plus distingués par les qualités du cœur et de

'^l'esprit. Ainsi, complètement adoptés par l'œuvre, ces

Orphelins reçoivent une éducation appropriée à leurs

dispositions.

» On les prépare aux carrières libérales, comme la ■inddecine et les arts ; suivant le vœu de la testatrice, on ^accepte le barreau et TÉglise. L'œuvre est grande jusc^u'au bout envers ses élèves : elle les envoie, à ses frais, pompléter leurs études aux universités et même aux '.^c^les d'Italie, s'ils sont artistes. Enfin, quand leurs études sont achevées et qu'ils sont pourvus d'un état, l'in- Kl.ilution, en mère attentive et généreuse, leur donne les !«*^oyens d'attendre LE TRAVAIL, LES COMMANDES ou %^ A CLIENTÈLE. »

Nous aussi, après avoir pourvu a VVvvçXvvxcWwv ^^'î* '^>^-

Si.

%n MËMOIKES

néralions nouvelles, efforçons-nous do pourvo

VAIL, aux COMMANDES, à la CLIENTÈLE !

Au quatrième siècle, toute ropposition phi contre le christianisme déjà triomphant affecta inculte, le manteau uni et de couleur sombr( sordre des vêtements. Julien l'Apostat, discipl ëcole, n'ajouta que les brodequins de pourpre tume lorsqu'il devint césar. Comme au quatrii ne voyons-nous pas nos philosophes, nos librei nos démagogues et nos socialistes, affecter a la barbe inculte, porter la vareuse et le 1 comme on portait, en 93, la carmagnole, et ainsi publiquement, par le costume du moins, délicatesses de notre société et contre les disti: ciales qui peuvent se révéler à l'extérieur ? I de M. Courbet honore surtout les casseurs de {

Certes, au milieu d'une pareille société, tel grands esprits l'ont faite, au milieu de passion qui n'ont jamais été plus surexcitées, la loi c sera un admirable prétexte, une belle occas entraîner et pour élever jusqu'au rôle de mis; politiques ceux qui ne demandent qu'à renvei ciété sens dessus dessous. Toutes ces passions si nent et se contiendront jusqu'en l8o2; mais lei

t^ une conduite ferme, mais conciliante, vous jetteriez la S division dans les rangs de l'armée des démagogues et des ii- socialistes, et vous diminueriez de beauconp les chances ai et les dangers d'une catastrophe en 1852. Vous ramène- -it riez à la défense de la société les hommes qui n'obéis- . ^s sent qu'à des passions politiques, et dont Târae honnête >i- réprouve la guerre civile et le pillage. Une loi qui écarte (^'de Turne du scrutin plus de trois millions d'électeurs si? comme vagabonds n'est-elle pas une loi de violence et ^. de défi?

i. Nous vivons dans un singulier temps! Contre tout ac- ;^; cident, nous ne connaissons d'autre expédient que des . ^ lois nouvelles, oubliant complètement les lois qui exis- ^ tent, et qui se trouvent ainsi annulées et contredites. ^i M. Thiers appelle vagabonds, dans cette loi du 31 mai, ^i tous ceux qui ne peuvent faire preuve de trois ans de domicile. L'article 269 du Code pénal déclare le vagabondage un délit , et l'article 270 le définit ainsi : tu Les vagabonds ou gens sans aveu sont ceux qui n'ont ni do- ^ micile certain, ni moyen de subsistance, et qui n'exer- .^ cent habituellement ni métier ni profession. »

l Ainsi, devant la police administrative et devant la po- ^ lice judiciaire, il faut trois conditions pour constituer le ^ vagabondage : défaut de domicile certain , défaut de »^ moyens de subsistance ,. défaut de métier ou de profes- ;;^; slou habituclle. Supprimez une seule de ces trois condij^ tions, il n'y a plus de vagabonds.

j-i La police administrative est impuissante à prévenir les [^ délits, et est contrainte par notre Code pénal de ménayip ger certains malfaiteurs qui se sont placés eu dftVvQ^ ^^ OÊ la sociélé. Elle peut bien saisir \c Wtv^vV. e.\T«xv\.Q5i^^^^

m MÉlfOIBES

de CBMamne 6d oonmiHie, cberchant ehaqiio nir «

1^ dam Boe fane IsoUe, mmidiant ea nounitandi-

imÊÊa^YoetÊàoaé&qaâqaeêrciB; mais kmgùflfc

de niis et des grandei TiBes, les phu nombrandb

plus à craindre, ea pajant chaque soir un garni i4

eenHmeSi on en payant trais Ihûics noe qoinainB A*

iranee, ont «n AmMIs esrleiii».

y Ainsi, d'an cMë, le Gode pénal ne donne ancmiHVi

de poiBsaine et de saisir les vagabonds^ ennemis akè

I j la société; deTantre^ laloi du 31 mai, loi ayeugleAfl

{\ Ta oootie sonbot, interdit raooès da scrutin à Imk

eatmboniis qui ne peufent point prouver troitssfe

domicile, Tsgabonds parmi lesqnela on compte néei

m rement les plos iMNooiêtes gsns dn monde, les piMi

voués à Tordre et à la prospérité du pays. Cert ïkm

sage et prévoyante législaticNi ! On exclut éoi wi

universel une foule de citoyens paisibles; mais «<

'[ garde bien de priver des droits de la liberté indivièiÉ

' ( les ennemis de la tranquillité publique, de tout goait

nement, ces véritaUes vagabonds qui grossissait ànf

année les statisti^es criminelles, et qui constitoeotei

population si nombreuse des réddwistes.

Mais sortons des textes et tenons à nos hommes dtW au pays^ un langage plus élevé. Pour expliquer tootMlf révolutions de ce monde^ toutes les invasions de lad» rie qui ont sévi sur l'humanité^ il faut s'en prendre li passions, aux folies des hommes, aux fautes de ceax^ se sont élevés jusqu'au faîte du pouvoir, ou reccwiiiK* dans ces immenses catastrophes de l'histoire, la maisi Dieu, qui protège ou bouleverse les empires^ suivant ii

D'UN BOCKGCOIS DE PARIS Si75

ttez-voas qœ, s'interdisant la guanre d'Espagne^ sant la guerre de Russie^ et négociaot la paix^ !ur Napoléon serait mort sur le trône^ laissant ;o de sa couronne et de sa gloire à ses descen-

ttez-vous que Charies X, s'arrêtant devant la sides ordonnances de juillet, négociant avec Top-

parlementaire ou faisant appel au pays, eut sa race illustre l'héritage de ses vertus et de sa e?

ttez-vous que Louis-Philippe, sans les banquets, uit point son abdication, ne parlant point pour sgociant avec la Chambre des députés ou avec le vrait encore sur le trône, honoré, estimé de tous, ré de ses fils?

ttez-vous, en un mot, que, sans ce délire d'amui perdit l'empereur, la France n'eût point été par l'Europe; que, sans les ordonnances, la ré-

de Juillet n*eût point éclaté; que, sans l'abdicaa fuite de Louis-Philippe, nous n'eussions point ris parla révolution de février 1848? Si vous z tout cela, prenez garde de commettre à votre ces fautes qui perdent les nations et ruinent les

Que tous ces exemples fameux vous éclairent retiennent; appelez-en à votre sagesse, à votre devant de si terribles responsabilités; craignez, itenant la loi du 31 mai, de faire comme Louii^- !, comme Charles X, comme l'empereur Napode donner vous-mêmes le signal d'une rév'>la- , n'ayant plus de trône à rcaven5«t,%'<twv^'^^^]'^^ idlc, à la civilisation, et aiVkev«JA. \xw u^àij;»^^

fois sur la France cette ruine et cette honte : des barbares.

Si Yous pensez^ au contraire^ que la main d( donne et dirige les destinées des empires^ et d i-évolutions pour l'avenir de tous et pour les { la civilisation, respectez les décrets d'en haut lutter avec impuissance contre le suffrage uni venez point provoquer de ces guerres civiles q tent tout sur leur passage, le foyer, la fam autels.

KIN Ut: CINQUlEMt: ET DKRNlKn VOI-rWE.

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