‹ Mémoires d'un bourgeois de Paris (volume 5)Chapitre 15 sur 34 · T IS · texte numérisé non relu

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de Paris, par M. de Moray et par l'honorable M. Thiers. » Je donne le démenti le plus complet aux deux premiei-s personnages, qui se sont coalisés pour dresser un piédestal à l'un d'ci^ et calomnier les victimes de la violence et de la fourberie.

ï> Je vous prie, etc.

» Changarkier. »

On le voit, cette lettre n'est pas dictée par le désir légitime de réfuter une assertion qu'on croit inexacte, mais par un dépit politique qui ne se contient pas; elle n'explique et ne prouve rien, elle injurie.

Avant d'entrer dans l'examen de la question discutée, un mot tout personnel à M. le général Changamier.

En mars 1822, répondant à M. de Montlosier à propos d'une brochure violente que ce dernier venait de publier *, M. Thiers écrivait dans le ConstituMonnel : « Quelques hommes dépités veulent se satisfaire; ils trouvent un prétexte poiu» nous injurier ; ce que je connais de plus déplorable au monde, c'est de voir des vieillards avoir tort, et je n'ai jamais tant souffert qu'en voyant M. de Montlosier se permettre la violence et l'injure. »

M. Changamier ne m'a-t-il pas donné le droit de lui adresser à lui aussi les paroles de M. Thiers : « Quelques hommes dépités veulent se satisfaire ; ils trouvent un prétexte pour nous injurier ; ce que je connais de plus déplorable au monde, c'est de voir... je ne dirai pas un vieillard... mais du moins» un soldat qui a vieilli dans

1 Ik la Monarchie françam.

les camps^ avoir tort, et je n'ai jamais tant souffert qu'en voyant M. le général Changarnier se permettre la violence et l'injure. »

Les deux réponses de M. Thiers et celle du général Changarnier offrent, d'ailleurs, un contraste de ton et de langage; M. Thiers dénie, mais il n'injurie pas ; c'est que ces deux hommes diffèrent d'éducation, de savoir et de valeur ; M. Thiers peut oublier dans de sérieux travaux ses adversités politiques.

Les lettres consolent.

M. le général Changarnier, qui ne manque cependant pas d'un certain goût pour les études littéraires, après avoir rêvé peut-être une dictature, ne sait qu'écouter les mauvais conseils d'une ambition déçue, de la haine et de la colère.

11 est à plaindre.

Mais entrons dans le vif de la question. Bien que de nouvelles preuves, de nouveaux témoignages ne paraissent point nécessaires aux hommes politiques qui se rappellent tout ce qui s'est dit, tout ce qui s'est fait sous la Constituante, ajoutons toutefois de nouvelles preuves, de nouveaux témoignages à la déclaration si loyale et si nette de l'honorable M. le comte de Morny, président du Corps législatif.

Reprenons les paroles de M. le général Changarnier. Jb dorme le démenti le pliAS complet aux deux prc' mers personnages, qui se sont coalisés pour dresser un piédestal à l'un d'evx et calom/nier les victimes de la violence et delà fourberie.

Nous vivoiis dans un temps où Topinion publicpie ne se

laisse pas facilement duper, où les ëloges de complaisance ont moins de crédit que jamais. Je n'ai loué M. le comte de Morny qu'en racontant des faits historiques^ et si cet homme d'Ëtat est aujourd'hui sur un piédestal, c'est qu'il s'est lui-même taillé dans le marbre ce piédestal, en risquant sa vie pour la défense de la société.

Sst-ii plus vrai que M. le comte de Morny et moi nous nous 3oyons coalisés pour calomnier?

M. le comte de Morny ne m'a raconté tous les détails de la conférence dont il s'agit que peu de temps après la dissolution de la Constituante. Je viens de lire le récit de cette conférence écrit de la main même de M. le comte de Morny dans un journal qu'il tenait à cette ^[toqae. Eh bien! lors de la dissolution de la €k)n8tituante, M. le comte de Morny et M. le général Ghangarnier étaient animés des mêmes sentiments, comptaient dans les mêmes rangs à la Chambre et se serraient autour du président de la république pour le salut du pays.

M. le comte de Morny, en me faisant connaître l'entretien qui eut lieu entre M. Thiers, M. le général Changamier et lui, me donnait des preuves du dévouement courageux de ces deux premiei's personnages; il ajoutait, pour ainsi dire, un titre nouveau à ceux qu'ils avaient déjà à l'appui et aux éloges du journal le ConslUutiofi' nel que je dirigeais alors. A cette époque raconter cette conférence, ce n^était donc pas calonînier MM. Thiers et Changamier. Le récit de M. le comte de Morny n'a pu prendre un caractère fâcheux et importun pour MM. Chang^iûer et l'hiérs que parla publication tardive qui en a étéCaite»

Quant à moi, j'ai toujours entouré du plus grand respect M. le général Changarnier alors qu'il se posait comme le défenseur de Tordre et de la société. Le 4 9 octobre 1850, je publiais même dans le Constitutionnel un article signé, ayant pour titre : Le général Changarnier. Le commandant en chef de l'armée de Paris était alors sur un piédestal qu'il a lui-même brisé. Je reproduis ici une partie de cet article, parce qu'il jette aussi quelque lumière sui* la situation de M. le général Changarnier sous la Constituante :

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