‹ Mémoires d'un bourgeois de ParisChapitre 48 sur 71 · IV SI · texte numérisé non relu

IV SI

« Je VOUS dirai que M. H... T... , demeurant rue Saint- Denis^ Tient de faire l'offre de cinq cent mille francs à mad.. ./artiste^ pour qu'elle figure à la place de madame la duchesse de Berry. Cette femme est pleine de détours. Elle connaît tout Paris. Elle dit que M***, feutier du roi^ a dit à deux de ses amis : Il nous faudrait cin^ cent ndlk ffoncs, et nous serions sûrs d'avoir la tête de Louts-Philippe, »

Les noms propres sont en toutes lettres.

Voici ime autre note dans laquelle on fait jouer à madame la duchesse de Berry un rôle étrange; inventions absurbes écrites pour la plupart sans orthographe, ou dans des termes fort peu inte.lligibles :

a Chez le baron D... , il y a un imprimé, et sûrement plusieurs, pour engager à venger la mort de Pépin... Là, il y aurait une grande dame qui est l'idole de leur parti. Ce serait la mère de Henri. Elle-même viendrait à Paris deux ou trois fois la semaine.

D Les jeunes gens qui ramassent les billets jetés par la croisée, hors la barrière de l'Étoile, sont tous munis de poignards.

' » Le rendez-vous des gros bonnets s'assemble chez un restaiurateur, rue Royale, au coin du boulevard, près et en face l'église de la Madeleine. 11 y a un ancien avocat qui Cbt le moniteur de cette réunion, et le baron D... en est aussi. Le moniteur doit se nommer L... Là et chez D... ils se disent qu'il ne fiiut pas s'inquiéter de mourir^ mais qu'il faut vaincre avant tout. 11 y a un

certain nombre de pairs qui se sont marqués pour recevoir le sort qu*on compte faire subir au roi. »

Les pièces qui suivent ne sont pas moins curieuses : elles contiennent des noms que je supprimé, et qui sont portés par des familles honorables. Certes, ces personnes seraient bien étonnées d'apprendre de quelles infamies on les accusait traîtreusement.

c( On Signale une dame de V... qui demeure à Versailles... comme ayant tenu des propos qui expriment la haine la plus violente contre le roi et décèlent les vœux les plus horribles. Elle a un fils qui s*exerce beaucoup au tir au pistolet. 11 parait qu'elle n'a pas craint de dire qu'elle encourageait son fils à se livrer à cet exercice afin qu'il apprit à se servir de cette arme contre Philippe. ( C'est ainsi qu'elle s'exprime en parlant du roi.) Sur l'observation qui lui fut faite qu'un tel attentat ferait courir de grands dangers à celui qui entreprendrait de le commettre, elle répondit qa^elle sacrifierait volontiers dix enfants, si elle les avait, 'pourvu gwe Philippe mourût,

» Il y a quelques indices qui porteraient à croire que de la poudre (60 livres environ) et un p^tit arsenal de quelques fusils, carabines et pistolets, sont cachés dans la maison habitée par madame de V... »

a 11 y a une machine dite des colonies^ instmment qui atteint de fort loin et sans explosion, déposée dans une maison des Champs-Elysées; elle est peinte en rouge et renfermée dans une mallo. La machine se monte et se démonte èf volonté par le moyen de vis, de manière

qu'on paisse la transporter de part et d'autre avec toute la promptitude possible.

yt 11 existe une caricature qui représente la tète de Fieschi^ une pomme tombée qui figure celle de Pépin ; mais la poire n'est pas encore descendue : il faut qu'elle tombe pour venger la pomme. Cette caricature a été portée rue du Bac^ n» 16^ il y a quatre jours.

» Puis les meneurs se vantent d'avoir une grande quantité de gardes nationaux. sur leurs listes/ dont ils auraient signé de leurs mains leurs noms. »

« Eue Notre-Dame-des-Champs^ il y a une maison dans laquelle se réunissent trois fois la semaine un assez grand nombre de personnages. De ce nombre^ cinq se sont présentés^ par leur délibération^ être déterminés à exécuter l'horrible projet d'assassiner le roi. D'après cette démonstration^ les cinq ont tiré au sort pour celui qui serait spécialement cbaigé de porter le coup à Louis-Philippe, et qui doit se rendre partout où il se trouvera, afin de guetter le moment opportun. C'est un second Fieschi. .Cependant on a promis a celuici une garantie qu'il serait préservé de toute poursuite, qu'il serait délivré. Il est grand, mince, et l'on croit qu'il est âgé d'environ trente-cinq ans. r>

a Aux Champs-Elysées, dans la maison no 248, près d'un carrossier et à côté d'un marchand de vin, il se trouve un dépôt d^armes, de poudre et de machines meurtrières. Deux jeunes Anglais y vont tous les matins. On ajoute qu*un semblable dépôt existe dans une maison no 119, également aux Champs-Elysées.

» M. de P... veut faire son entrée triomphale àBruxel-

les. Le 24 du courant, il a dîné chez... et deux autres personnages qui se vantent d'établir une république universelle, et que dans six mois il ne restera plus un souverain sur terre. »

Tous ces avis de meurtres, d'assassinats, arrivaient directement à M. Athalin; mais la police du ministère de rintérieur et celle de M. Gisquet, qui n'étaient pas inaclives^ venaient aussi grossir chaque matin le portefeuille du général. Il ne devait voir autour de lui que poignards, pistolets, machines infernales, traîtres et conspirateurs!

M. Gisquet lui écrivait, le 10 février 1836 :

« Le renseignement suivant, qui m'est parvenu il y a quelques jours, a fixé mon attention :

» Le 26 juillet dernier, un individu, vêtu avec assez d'élégance, prit un cabriolet de remise rue du Bouloy, n® 23, pour faire différentes courses dans la capitale et aux environs. Il se rendit d'abord à la Chapelle-Saint- Denis, chez un tonnelier marchand de vin, avec lequel il eut une conversation assez animée. Le cocher, qu'on avait invité à se rafraîchir, entendit la personne dont il s'ajgit dire au tonnelier: Nos affaires vont très-bi^, très-bien.

)> De la Villelte, on se rendit rue du Temple, on traversa ensuite le boulevard, en passant devant la maison où Fieschi avait établi son horrible machine, et après avoir gagné l'île Saint-Louis par le pont Louis-Philippe, on revint dans le quartier Saint-Honoré, où le cocher

fut congédié rue de Valois, en face la cour des Fontaines.

» Pendant ces différentes courses, Tindividu ne cessa d'exprimer, en termes virulents, sa haine pour le roi et le gouvernement de juillet. Le cocher a retenu, enire autres, les propos suivants : Londs-PbiHppe est vn lâche. Il la sautera^ le scélérat ! Il faudra qu'il la danse, U la dansera.

« Le cocher, que cet ensemble de circonstances aTait frappé, étant retourné depuis à la Chapelle, a demandé à une femme qui travaiUe chez le tonnelier le nom de la personne qu'il avait menée le 26 juillet; cette femme lui répondit que c'était M... de.. , etc., etc.^ »

Cet homme, suivi avec tant de soin, traqué, observé par toutes les polices, auquel on prêtait de si affreux propos, une conduite si incroyablement imprudente, était un des principaux fournisseurs de la liste civile de Louis-Philippe.

Dans une autre lettre, le révélateur avait trouvé moyen de glisser le nom de M. Thiers^ avec des réflexions dont, aujourd'hui, il n'est plus guère possible d'appi'écier la portée ou la perfidie.

« Les conspirateurs viennent de changer d'avis pour l'edfiploi de leur machine, parce qu'il est trop difficile de la transporter où ils voudraient, afin de saisir l'occasion propice à leurs infernaux projets. Us ont des hommes dévoués, et qui suivent partout où l'apparence du succès leur paraîtra exécutable. Il ne faut point sortir, d'ici à dimanche au moins, des Tuileries.

» Thiers monte un parti, se vantant qu'il a une poli-

tique plus profonde et plus ëtendue que qui que ce soit en France; et Fon ajoute qu'il y â dans la maison du roi une image parfaite du duc d*Aigremônt. v

11 faut tenir entre ses mains la preuve écrite de ces dénonciations stupides pour y croire. Çà et là on rencontre des lettres burlesques. Tel est ce billet adressé par la poste à Madame Adélaïde^ et dont je conserve Torthographe :

A MADAHE LA PBINCESSE ADÉLAÏDE d'oRLÉAKS, SOEUR DU ROI DES FRANÇAIS, AU CHATEAU DE NEUILLY.

« C'est à. votre frère que j'adresse ce qui suit: » L'éclairé vous a plus d'une fois prévenus avant que de faire éclater sa foudre. C'est maintenant à vous à méditer avec le ciel ! s'il en est encore temps, et à profiter de la leçon dé" Mgr l'archevêque de Paris, insérée dans sa lettre qui a commandée le Te Deimi dans toutes les églfses de son diocèse !

Y> Jamais malavisé ne fut «sans peine. »

Les dernières pièces de ce dossier d'une matinée de M, Athalin, comme renseignements historiques, ne manquent pas d'un certain intérêt. Yoictun rapport fait pour le roi sur l'exécution d'Alibaud :

« Je descends die' cheval et je m'empresse de vous adresser quelques d(^tails sur la fin d'Alibaud. Il a été exécuté ce matin à cinq heures précises. Il a été conduit au supplice avec un voile noir sur la tête. Pendant les préparatifs, il a conservé tout son calme et n'a prononcé

que ces paroles : Fati^-t7 donc tant de cérémonies pour conduire un homme à réchafaud ?

» Il a monté les marches de Téchafaud avec fenneté. et a écouté avec attention la lecture de son jugement faite par Thuissier de la cour des pairs.

)> Lorsqu*on lui a ôté son voile^ il a prononcé à haute Toix^ avec un ton assuré^les paroles suivantes : Je meurs pour la liberté! Adieu, mes camarades.

T» Le nombre des curieux était peu considérable. Quelques centaines d*invidus se trouvaient à chacune des principales avenues, en arrière des troupes qui les occupaient.

» A trois heures et demie du matin, à Tarrivée de mon détachement, fort de cinquante chevaux, qui a stationné sur la place Saint-Jacques avec les autres troupes, il ne se trouvait pas cinquante curieux sur ce point. L'indifférence était le sentiment qui semblait animer les spectateurs. 11 n*a' rien été remarqué de Tintérêt dramatique qui animait la foule immense accourue à Texécution de Fieschi.

n Je ne puis m*empêcher de faire TafQlgeante réflexion que le calme froid du régicide; à ses derniers moments, prouve évidemment qu'il était arrivé au plus haut degré de fanatisme politique.

D Hier, M. le préfet de police me laissa entrevoir quelques craintes sur des tentatives de désordre. Paris a été fort calme toute la nuit, et n*a pas cessé de Têtre jusqu'à ce moment.

» P. S. Les troupes sous les armes représentaient six mille honmies environ. L'attitude des troupes a été satisfaisante. )» '

Voici encore d'autres pièces éparses et dé. dates di- Yerses : •

PREMIÈRE DIVISION MaiTÀIRE. — ÉTÀT-4fAJ0R GÉNÉRAL. « Paris, le 4 avri 1832, à huit heures et demie da soir.

» L'ordre vient de se rétablir. Les places de Grève, du Ghâtelet, et les quais sont en partie évacués. La foule se retire et tout paraît rentrer dans la tranquillité. Du reste, les mesul'es sont prises pour qu'elle ne soit pas troublée cette nuit.

Y> Le général Pajol. x>

« Serait-il possible, monsieur le général, qu'une main amie visitât la voiture du roi à l'instant où Sa Majesté est prête à y monter ? II serait aussi à désirer que ce soin fût inaperçu des gens du roi. Leur amour-propre blessé pourrait être funeste en grossissant le nombre des ennemis.

y> Vous m'avez promis discrétion sur mes avis, monsieur le baron : j'y compte. Le moment est affreux. Je continue mes relations avec M, le ministre ; mais j'ai pensé que vous étiez plus à portée, par votre présence continuelle, de veiller a ce soin. »

Sur cette note le général A tbalîn avait écrit au crayon :

« J'ai écrit, le 26 février 1837, à M. le marquis de Strada, pour lui donner communication du premier paragraphe de ce billet. Déjà le matin même il avait

été convenu avec lui qu*H ferait lui-m6me la visite dont il s*agit. »

Au milieu de tous ces rapports, de tous ces avis, anonymes ou signés, de toutes ces dénonciations de complots, de meuiires, d'assassinats, on trouvé aussi des lettres d*amoureux, de fous. Le général Athalin avait aussi mission d'intercepter au passage ces témoignages passionnés d*ardeiu*s aussi folies qu'extravagantes. Une de ces lettres est demeurée entière, mais j*ignore à laquelle des filles de Louis-Philippe cette incroyable lettre était adressée :

« Ma princesse,

» Le bon la Fontaine a dit avec raison : Quand Vamour parait y on peut bien dire adieu prudence l

» Je n*ai pas eu la plus moindre raison de prier Votre Altesse royale de m*accorder la faveur de lavoir à Saint- Rocb, quand il ne peut m'être permis d*être admis auprès d'elle que sous les yeux -de sa royale famille. Ce qui sera beaucoup mieux, je pense, cependant.

» Je suis venu à Saint-Roch, mais impossible d'y aborder ni d'y circuler. La foule partout, partout de la garde et des sergents de ville.

)} Mais l'amcmr ne perdra rien pour nous avoir ofiiert des entraves. Il n'en sera, j'espère, que mieux récompensé.' Ainsi, ma divine princesse, je prends la liberté de proposer à Votre Altesse royale d'ajourner nos chères délibérations jusqu'après la fête des Rois^ du 8 au 10 janvier.

» Biaintenant, discms du fond de nos âmes : JkmîM

sdlvum foc regem, etc.^ etc.^ jusqu'à ce que Sa Htgesté et toute la famille royale soient de retour du parlement. Je vous y accompagnerai de cœur et d'esprit, et je prie Dieu de vous préserver de tous dangers et accidents.

y» En sortant de Saint-Roch, je suis venu dîner au Palais-Royal. C'est de là que j'écris à Votre Altesse royale, afin qu'elle ne se couche qu'avec la certitude de mon fidèle et bien sincère attachement à l'illustre fille de nos rois, à celle que j'affectionne et que j'estime au plus haut degré.

0» Dans une petite lettre que j'ai écrite hier à la hâte à Sa Jdajesté le roi, j^i terminé par des compliments détaillés pour les membres de sa famille, et je crois avoir omis M. le général baron Athalin.

» Je vous prie, ma princesse, de réparer mon étourderie, et de dire à Sa Grandeur tout ce que votre royal cœur lui suggérera pour moi auprès de M. le général.

» Permçttez, ma princesse, que je fas§e à Votre Altesse royale une tendre confidence, dont je la prie d'avance de ne rien dire à pei*sonne. La voici : ^

D Je désirerais que Leurs Bfajestés voulussent bien consentir à nous marier avant les jours du carême, de manière que ce soit précisément pour nous le carême qui serait ce temps du mariage qu'on appelle la lune de miel,

i> Mais, pour de saintes âmes comme les nôtres, la lune de miel durera toute la durée de notre existence. Telle est aussi l'opinion de ma princesse.

y> Vers la fin de 1836, dans une anecdote russe sur la révolution de 1830, que j'ai adressée à Sa Majesté le roi, vive la conclusion de cette anecdote ! je préludais déjà

à Tespoir de nous yoir un jour unis par les liens du plus glorieux hyménëe.

» Depuis cette époque, ma divine princesse. Votre Altesse royale n'est jamais sortie de ma pensée, malgré le nombre très-grand de lAariages projetés et abandonnés.

» Mais je suis si accablé de soins, d'occupations, d'études^ de courses, de voyages, etc., etc., que mes tendres'amours ont été beaucoup trop négligés. -

D Cependant, en réunissant le bon vouloir de Votre Altesse royale avec le mien, *Aous poiu'rons toujours, tout en nous aimant bien et infiniment beaucoup, vaquer encore avec régularité aux divers soins que la divine Providence nous a départis.

» Le travail a cela d'agréable qu'il fait passer le temps sans ennui, et c'est beaucoup.

» Si Votre Altesse veut bien ne pas s'en fâcher, je reprends une seconde feuille de papier, afin de prolonger l'entretien en si aimable compagnie, et avant de parcourir cette ribambelle de journaux qui doivent achever ma soirée.

» Je possède un secret très-essentiel et qui ne peut qu'intéresser le beau sexe : c'est Fart de rétrograder dans le chemin de la vie, secret rempli de charmes et de jouissauces.

Y) Depuis longtemps, tous les douze mois, je rajeunis d'une année ; c'est au point que je ne me trouve jamais mieux qu'avec l'extrême jeunesse. C'est pourquoi, ma divine princesse, je viens aux pieds de Votre Altesse royale la supplier d'être ma compagne dans

ce joli pèlerinage qu'on entreprend gaiement de moitié^ où

L'amour, Testime et l'amitié Sont les compagnons da voyage.

Ainsi dit la romance.

» De longtemps Votre Altesse n'aura besoin de ce secret^ mais je là mettrai en possession de le communiquer à d'autres.

» Ainsi, ma princesse, Votre Altesse royale voit que je m'oppose à ce que ces ducs et princes étrangers viennent nous enlever la plus belle de nos roses, la fine fleur de notre aimable jeunesse.

i> Si je suis assez heureux pour que le Moniteur leur transmette cette nouvelle, il y en aura quelques douzaines de bien mystifiés.

)) Dans tous les cas, si Leurs Majestés daignent m'accorder une si grande faveur, je justifierai aux yeux de tous mon empressement et mon zèle pour m'en rendre digne.

)) J'ai l'oreille de Sa Majesté l'empereur de Russie. Ce monarque connaît la droiture de mes sentiments et toute l'admiration que je n'ai cessé d'avoir pour feu l'empereur Alexandre et pour elle. Avec cet appui, j'ai épargné déjà à ma patrie bien des misères et des calamités.

» De 1830 à 4834, j'ai tenu tout le Nord en respect, cela au moyen des relations les plus agréables et les plus intimes.

» Je fais compliment à votre illustre famille d'avoir un aussi joli groupe de héros. ^

3jO MEMOIRES

» A Mascara, le duc d'Orléans s*est battu comme un vrai Cosaque.

» A Gonstantine, Nemours» s'est immortalisé sur la brèche.

» Dans vingt combats^ d'Aumale a chassé les Arabes, les Arabes qui, pourtant, sont de bons et courageux guerriers.

}» Le duc de Joinville semble naviguer avec autant de talent que d'ordre et de prudence.

» 11 y a encore un jeune frère qui ne manquera pas, sans doute, de suivre la trace de ses aines.

« Et vous, mon illustre princesse, une part de glaire considérable vous est réservée : vous donnerez à tous la paix et la prospérité.

» Vous serez, enûn, la princesse de la Paix, et ce titre est légitimement dû à Votre Altesse royale.

» Pour ne pas abuser davantage du repos et de la patience de Votre Altesse royale, je ferme ici cette lettre et me dis avec tous les égaiiis et le profond respect qui lui sont dus, de Votre Altesse royale,

» Ma princesse, » Votive très-obéissant et très-afiTeotionné serviteur,

)» H... L..., prince de la Paix.

» P. S. Si Votre Altesse royale voidait avoir l'inefiTable bonté de m'accorder quelques lignes, ou bien une petite visite dans mon ermitage du Roule, afin de m'aider à passer un temps qui va être long, infiniment long?

» Aa Palais-Royal, jour de Noéi, aa soir. »

Dans une autre liasse échappée aux flamme?, j'ai rc*

D'UN B0l>R6E0IS DE PARIS 351

tro^ivé la pièce suivante, dont les copies avaient été répandues dans Paris et dont quelques exemplaires avaient été adressés à des gens. du chàteauv Elle augmentera la curieuse collection des renseignements historiques sur les dix-sept années de la royauté constitutionnelle.

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