SAC- DU CHATEAU DE NEUILLT, DU PALA1S-R0TAL ^ ET DU RAINCY
Pendant trente années, prince ou roi, Louis-Philippe
s'est plu à embellir par de grands travaux le Palais*Royal et le château de -Neuilly. En quelques heures, le fitiit de tant de soins et de dépenses a été détruit, anéanti !
Le château de Neuilly, résidence favorite de Louis- Philippe et de sa famille, a été incendié et ruiné de fond en comble : ce qui restait des bâtiments, le parc et ses iles, a été vendu par lots aux enchères.
Monseigneur le duc de Montpensier habitait en dehors du château principal , et dans le parc , le pavillon de Wurtemberg : ce pavillon a échappé par hasard à la destruction et au pillage ; il est resté intact.
Monseigneur le duc d'Aumale occupait, à l'extrémité inférieure du parc, le château de YilUers : ce château a été incendié et entièrement détruit.
Je ferai connaître ici en chiffres la valeur approximative de cette immense destruction ^
Chaque évahiation partielle rappellera, par quelques détails, la disposition, l'aspect des prmcipaux appartements et du château de Neuilly.
Je reproduis les divisions de cette espèce d'inventaire des parties détruites du domaine privé pendant la journée du 24 février 1848, divisions adoptées par M. le comte de Montalîvet :
lo Bâtiments. 4® Mobiliers.
2<» Objets d'art. 5» Écuries.
30 Bibliothèques. 6<^ Caves.
1. J'emprunte ces renseignements historiques à l'ouvrage si rnrirnx il« M. le comte de Nonialivet : LouiM^Philippe, — Litu civile.
BATIMENTS INCENDIÉS ET ENTIÈREUENT. DETRUITS
Grand cfjnHeau,
Après avoir traversé la. cour d'hooneur, on se trouvait en face d'un porche d'ordre dorique grec, au-dessus duquel étaient sculptées les armes de la maison d'Orléans, et qui donnait entrée dans la grande antichambre des valets de. pied. — A droite et à gauche régnait un double portique du même ordre, qui servait à mettre en communication les ailes latérales du château.
Total de Vestimation du porche milieu et
des deux galeries 111,840 »
Après le péristyle venaient deux antichambres.. La première, celle des valets de pied, était décoréedans le style de Louis XIV. et la seconde, celle des valets de chambre, était ornée de colonnes en stuc d'ordre ionique.
Total pour les deux antichambres. . . . i)8,i64 SO
Venait ensuite le salon des étrangers, qui prenait toute la largeur du château. "Son magnifique 'plafond, son parquet en marqueterie, les sculptures, les arabesques et les do> rures dont il était couvert, ses dimensions enfin en faisaient une pièce splendide. Il était spécialement destiné aux audiences.
Salon des étrangers 100,868 j
La salle de billard, richement décorée, était placée entre le salon des étrangers et le grand salon de réception. La famille royale s'y réunissait souvent après le dîner, surtout dans les premières années qui ont suivi 1830.
Salle de billard 46,888 »
J reimter, . . . 387,060 SO
', Report. . . . 387^060 50
Le salon de rôceptioo, décoré d^nn ordre corinthien, était la plus grande et la plus belle pièce du château. S^ lambris étaient en stuc précieux ; ses voussures et son plafond étaient ornés de peintures et de sculptures dorées; c'est uans ce salon que se réunissait chaque soir la famille royale tout ' entière. Le roi et les princes s'entretenaient avec les visiteurs, pendant que la reine et les princesses, assises autour d'une tàbh, tra- , vaillaient à des ouvrages précieux, destinés pour la plupart à des œuvres de charité. — On pouvait admirer dans le salon de réception une magnifique mosaïque représentant le temple de Pœstum : elle avait été donnée en présent par S. S. le pape Grégoire XVI a la reine Marie-Amélie. -Cette vaste mosaïque, ouvrage d'art inappréciable, a été sauvée en grande partie. Les belles mo- • saïques, présent du roi de Naples, oui décoraient la cheminée, ont été complètement brisées et détruites.
Salon de réception 170,678 »
A côté du salon de réception s'ouvrait une pièce servant de bibliothèque, qui contenait un grand nombre d'ouvrages de prix.
Pièce servant de bibliothèque. .... 34,330 50 /Éppartement de la reine.
Le salon dé la reine ou de famille était orné de tous les portraits des princes et princesses. C'est dans ce salon, sur un grand divan adossé à la chambre de la reine, que le roi allait prendre place toutes les fois que les personnages politiques admis aux soirées
A reporter, / . . . 588,969 i
Report 588,969 »
de la famille royale réclamaient de lui une conversation particulière. Cette pièce communiquait avec le grand salon, la bibliothèque et l'appartement de la reine.
Salon de la reine, ou de famille 45,888 »
La vaste et belle chambre à coucher de la reine, à la suite du salon de famille, était richement décorée dans le style de Louis XV.
Elle aidait vue par deux fenêtres sur la grande pelouse du parc, et par une fenêtre latérale sur un berceau de verdure où les princes et les princesses, enfants, avaient jogé sous les yeux de leur auguste mère. Ces vues fai- #
saient de cette pièce une des plus agréables du château et celle que la reine aifection-
, nait le plus. Vers le fond de la chambre à coucher, à gauche, s*ouvrait un petit salon, visité souvent par la reine : c'est là qu'était déposée, à côté des couronnes décernées aux
- princes, pendant le cours de leurs études dans les collèges de Paris, la couronne offerte au roi, alors duc de Chartres, par la 'Ville de Vendôme, témoin de son courage et de sa générosité.
Enfin, à côté de cette pièce était une charmante salle de bains, décorée avec un goût exquis par Laffitte.
Chambre à coucher de la reine, dépendances et acce-soires 1.^1,064 j
Mie oauche.
Le rez-de-chaussée de celte aile contenait une vaste salle à manger, décorée avec une magnificence toute royale ; ses faces latérales
^ reporter 768,994 •
¥m MÉMOIRES '
Report 768,9i! »
étaient ornées de peintures représentant les flears et les oiseaux des différent^; pays de la terre, avec des encadrements allégoriques.
A la suite se trouvait la chapelle, restaurée et agrandie depuis 4830, et plus loin une petite galerie en pierre, reliant Taile gauche avec l'aile dite des Princes.
Total pour Vaile gauche. 4!i9,600 »
Bâtiment d'ai/e dit des Princes,
Ce bâtiment était affecté dans toute son étendue à rhabitalion du duc de Nemours, de madame la- duchesse de Nemours et de leurs enfants. Il était clos à son extrémité, du côté de la cour du petit château, par>le jardin des petits princes. La décoration intérieure de ce bâtiment était des plus remarquables. Les principales pièces étaient revêtues de lambris et de pcTrtes en bois «ndlgènes, avec incrustations d*arabesques en bois précieux des îles; un grand nombre de panneaux étaient ornés par de belles peintures à Vhuile faites sur glace.
Totalpourlebàtimentd'aileditdesPrinces". i86,7î)o »
Pagode du pnnce de Joinville.
Cette tour ou pagode s'élevait à l'une des extrémités du petit jardin de monseigneur le duc de Nemours. Elle faisait partie des appartements de monseigneur îe prince de Joinville, situés au premier étage dans le bâtiment dit de la Pagode. Son architecture dans le style de la renaissance^ et la ri-
A reporter 1,683,346 »
D'UN BOURGEOIS DE PARIS SîW
je cominence à le croire. Ces gens-ci sont le grand pénitencier moral. Ils absolvent tous les nombreux péchés de Tabsurdité passée. Quant à moi^ mon opinion est arrêtée, ceci est impossible. C*est une querelle de principes en Angleterre. Ici, il faut que l'Europe soit bouleversée, que les Anglais gardent leur constitiition, et que nous finissions le drame bourgeois que nous suivons depuis quarante ans. Les accidents de cette lutte de la raison conk*e le cauchemar peuvent se prolonger ; n^ais enûn il faudra conclure.
)) Je vous écris comme les paysagistes anglais pour leurs plans, par couches. Vous voyez la marche des travaux avant que d'arriver au complément de l'expédition. Ainsi vous voyez, mon cher, l'exemple avec les variantes. ' Vous pouvez juger l'inconséquence des ministres, leur petite finesse, la décision de la Chambre dont le thème est écrit d'avance, n'écoutant rien, inutile insouciance, parce qu'elle ne comprend rien, et devant trouver le puits de l'astrologue de la fable en faisant sans prévoii* des rêves de vanité.
» Les affaires d'Angleterre s'assombrissent ce soir. Le lafayettisme y dominé. Quelle calamité ; Quel roi fol I on devrait amener la régence de la reine; elle a du cœm* et la raison. » ^
t( La séance a été favorable au ministère. Le Périef
a fait un discours moitié raison, moitié métaphysique. Ce serait trop tard, même quand il serait compris. Le tninistère Grey doit périr, ainsi que celui-ci, par les mêmes causes; mais avec des effets différents.
Report ^,84 9,046 »
et richement décoré à iMntérieur : il a été
estimé à 348,760 »
BATlttENTS SACCAGÉS.
•Mie droite du grand château i
Cçtte aile, qui comprenait Vappartement personnel du roi, celui de S. Â. R. Madame Adélaïde et la salle du conseil, n a pas été incendiée; mais elle a été saccagée au point qu'il n* y est pas resté une porte, uqe croisée, une cheminée, une glace intacte.
Le cabinet du roi était l'une des pièces les plus modestes du château. C'est là que Louis- Philippe passait la phis grande partie de ses journées. Il y avait réuni un grand nombre de souvenirs de famille anciens et nouveaux.
Petit château.
Le petit château de Neuilly était consacré à l'hahitation de S. A. R. madame la duchesse d'Orléans et de ses augustes enfants, le comte de Paris et le duc de Chartres. 11 a été saccagé comme l'appartement du roi. On peut voir encore, dans le voisinage du petit château, le jardin particulier de monseigneur le comte de Paris. Le jeune prince y a souvent travaillé sous la direction deM. Mathieu, * jardinier, qui lui enseignait Thorticulture. Ce jardin contenait des modèles de construction pour les fortifications, les canaux, Us écluses de navigation, etc. Les matériaux préparés pour ces constructions étaient placés par le jeune prince sous la direction d un appareilleur chargé de lui donner des leçons.
Le petit monument, en pierre et en mar-
/I reporter, .... SJ,867,796
Beport 9,867,796 »
bre, de Diane de Poitiers, la serre chaude, divers pavillons et fabriques du parc ont été également visités par les démolisseurs.
Total des dévastations dans les bâtiments saccagés 95,000 >
Enfin les châteaux de Neuilly et de Vil- Jiers contenaient 514 glaces de toutes grandeurs ; pas une seule n a échappé. Elles ont été évaluées ensemble à iOi,450 »
Évaluation totale des b&timçnts incendiés* entièrement détruits ou saccagés par les bandes du 34 février (!»» catégorie). . . 3,065,346 >
Cette évaluation a été établie par M. Lefranc, architecte du domaine privé. M. Labrouste, architecte du gouvernement, délégué par la commission des dommages et par M. le ministre de Tintérieur, en a contrôlé tous les détails.
DEUXIÈME CATÉGOBIE. — OBJETS d'aRT.
Les objets d*art qui garnissaient en si grand nombre le Palais-Royal et le cnàteau de Neuilly appartenaient tous au domaine privé. ^
c Je me bornerai, dit M. le comte de MontaUvet, à donner le tijste et douloureux détail de toutes les portes faites par les arts, autant que par le domaine privé, au Palais -Royal et dans le château de Neuilly. La liste en sera longue ; mais j'ai cru devoir la consigner ici avec les noms glorieux ou modestes des artistes, et le sujet de chacune de leurs œuvres. Louis-Philippe avait voulu perpétuer le souvenir de ces noms et de ces œuvres en leur ouvrant Tentrée de ses galeries. En les inscrivant sur le registre des destructions du 34 février, je poursuivrai raccomplissément de cette généreuse pensée autant que Taura permis Tinvasion des oarbares. »
M-i MEMOIHES
Je publie au chsi^iire Appendice cette liste de tableaux détruits ou endommagés.