‹ Mémoires d'un bourgeois de ParisChapitre 57 sur 71 · PALAIS-ROYAL · texte numérisé non relu

PALAIS-ROYAL

On peut citer, au nombre des perles de celte bibliothèque :

4,000 volumes environ de divers formats, appartejiant ù des ouvrages qui se trouvent incomplets.

La collection des Causes célèbres^ 400 volumes.

Dittionnaire de la lonversation, grand papier, riche reliure, 61 volumes.

Plusieurs portefeuilles renfermant des gravures avant la lettre,

B albums contenant SOB dessins à Uaquarelle, représentant les tableaux des galeries du Palais^Royal et de Neuilly. (Ils avaient coûté 30,500 fr., indépendamment de leur riche reliure.)

44 volumes appartenant à la collection des portraits historiques gravés, qui formait 429 volumes in-folio. Cette collection était uniaue, et avait coûté quinze années d'un travail que le roi, alors duc d'Orléans, avait préparé luimême.

3,000 livraisons environ, en feuilles, faisant partie d'ouvrages d'art et d'histoire naturelle , qui sont maintenant incomplets.

Médailles,

Le raédailUer en argent de Louis XIV, renfermé dans ^une caisse dont il ne reste qu un fragment, a été entièrementpillé.

La collection des médailles antiques est complètement perdue. Elle' se composait de deux parties, dont 1 une renfermait les médailles des peuples et des villes, l'autre les médailles romaines.

La première partie contenait 960 «nédaillea en or, en électrum, en argent et en bronze. Elle était d'un grand inték'ét. On y trouvait des médailles de quatre-vingt-trois peuples ou villes, et d'un grand nombre de rois ou chefs, de toutes les parties du monde connu des anciens.

La seconde partie, celle qui se composait des médailles romaines, n'était pas moins intéressante : elle présentait une belle suite d'empereurs, d'impératrices, de princes et de princesses, et s élevait à 843 médailles. Il y en avait de très- rares, entre autres celle de Népotien.

Un assez grand nombre d'autres médailles en argent et en bronze, la plupart moder;aes, acquises en môme temps que la riche collection des portraits de M. Marron;

Toutes les médailles en argent et en bronze des règnes . de Louis XV, Louis XVI, Louis XVIII, Charles X et Napoléon ;

Des monnaies françaises et étrangères en argent ;

Des monnaies en or offertes au roi par la reine d'Angle^ terre;

Des médailles modernes en or ;

Des cachets également en or ;

Enfin, tout ce qui avait une valeur intrinsèque a été volé.

C'est ce qui explique pourquoi les tableaux qui se trouvaient dans la salle des médailles ont été respectés, el la partie de la bibliothèque qui était attenante, préservée de la destruction. Occupés aux médailles, certains hèroi ne longeaient plus aux tableaux et aux livres.

MBDILLY.

Cette bibliothèque se composait de 9,56S volâmes : 4,661 volumes manquent. Sur les 7,874 retrouvés^ plus de 3,000 appartiennent à des ouvrages dépareillés qui perdent ainsi toute leur valeur. Nous citerons entre autres :

La belle édition de Voltaire de 4785, richement reliée.

Les Hommes illustres de Plutarque, édition de luxe, exemplaire d*artiste, avec une riche reliure. (Cet exemplaire avait coûté 12,500 fr.)

Les Galeries de Versailles, exemplaire de luxe sur papier de Chine.

La belle édition anglaise de Shàkspeare (9 volumes infolio richement reliés).

Le> Livre des Rois, collection orientale dont tous les volumes ont été mutilés.

Fjes (Hseavx d'Amérique d'Audubon, papier grand aigle ; ouvrage qije Cuvier signalait comme le plus beau monument élevé par l'art à la nature. 11 avait coûté plus (le 10,000 fr. ; il ne reste qu'un seul volume, brûlé dans les angles.

Divers ouvrages d*art et d'histoire naturelle, mutilés ou brûlés en partie.

Deux volumes de V Histoire généalogique du père Anselme, avec des notes manuscrites du roi Loul^-Philippe, et des blasons coloriés par les membres de la famille d*0 rléans.

Le volume le plus regrettable est un manuscrit du quinzième siècle, sur véhn, orné de riches peintures, et qu*on désignait sous le nom de Livre d'heures de laprin-^ cesse Marie,

Quant au magnifique manuscrit du Livre des chasses de Gaston Phœhus, comte de Fqîx, donné par Louis XIY au comte de Toulouse, aïeul maternel du roi, il ne sera pas plus perdu pour la science que pour le domaine privé, dit M. de Montalivét.

Après le sac du château de Neuilly, ce qui restait de ses livres et de ses manuscrits fut reçu en dépôt par la Bibliothèque nationale de la rue de Richelieu. Depuis, ce dépôt a été remis intégralement aux ayants droit, hormis ce précieux manuscrit. Les administrateurs de la Bibliothèque nationale au département des manuscrits en refusèrent obstinément la restitution malgré les vives réclamations de M. Yavio, préposé par l'Etat à la liquidation de la liste civile et du domaine privé. — La Bibliothèque nationale prétend que Loyis XIV n'avait pas eu le droit de disposer d'un livre de la Bibliothèque royale. — L'opinion publique jugera le procédé. — Les tribunaux, s'il y a lieu, prononceront sur le fond. — En tout cas, le manuscrit a échappé au vandalisme du 94 février.

L'évaluation établie par M. Brenot, bibliothécaire du domaine privé, se résumé ainsi :

Palais-Royal 30,800

Médailles 24,500

Palais de Neuilly 29,800

Total des pertes approximatives provenant du sac des bibliothèques privées du roi Louis-Philippe (3^ catégorie). . 85,100

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