DE NEMOURS
« Le samedi 13 août 1843.
TU Je ne résiste pas, avec la permission de ton excellent père, mon cher bon Nemours, à t'envoyer la copie de ce que M. Guizot écrivait dans sa lettre de ce matin à notre cher roi, sur ton discours du Mans.
» La voici : a Monseigneur le duc de Nemours a les » deux qualités les plus rares aujourd'hui: au fond^ l'es- » pritj et dans la forme, le ton du gouvernement. Il n'y a » pas de peine à prendre pour le faire valoir. C'est un y> discours qui fait son chemin tout seul, )> Cela me fait tant de bien d'entendre ainsi paiier de toi, que j'avais besoin de t'en faire part. Toutes les santés ici sont excellentes, malgré l'alerte du feu qui a été au château cette nuit à trois heures du matin; heureusement^ cela
.n*a rien été, et ce qui prouve mon bon sommeil, c*est que je n'ai rien entendu du tout, et que je l'ignorais jusqu'à ce matin, qu'on me Fa dit. La reine te donne sûrement tous les détails, je ne veux pas t'en entretenir. Notre bonne Clémentine se porte très-bien, est très-heureuse, très-contente; notre regret, c'est que tu sois absent, ainsi que notre chère Victoire; je joins ici une lettre de son frère Léopold pour elle, que je te prie de lui remettre en lui faisant mille tendresses de ma part ; j'espère que ma lettre d'avant-hier lui sera parvenue exactement. Le beau et cher Gaston est plus gentU, plus aimable et mieux portant que jamais; il est venu ce matin me faire visite avec sa nourrice, qui est pai> faitement remise. Nous attendons ici Aumale, qui vient du Havre par mer. Je te demande avec instances, mon cher bon Nemours, de ne pas me répondre, ni m'écrire un mot. Le père me charge de mille tendresses pour toi ; tu fais sa consolation ; je t'embrasse de toute la tendresse de mon cœur. Je t'ahne ainsi que notre bonne Victoire,
Continuons à étudier Tintérieur du roi et de la famille royale.
Louis-Philippe ne lisait aucun journal français. Les appréciations politiques des journaux anglais sur son gouvernement piquaient seules sa curiosité, et souvent excitaient son indignation. « Que serait-ce donc, lui dit un jour un de ses ministres, si vous lisiez les journaux français? »
Ce qui se disait, ce qui se faisait à la Chambre préoccupait le roi le malin et le soir, le jour et la nuit.
Voici une lettre que M. Mole écrivait et adressait au roi, le 4er janvier 4839, à l'époque de la lutte contre la coalition :
a Dix heures et demie du soir, i& janvier i839.
»Sire,
D De bons députés regrettaient, ce soir, dans mon salon, que le roi ait employé le mot de factions ; ils appliquaient ce mot aux intrigues qui embarrassent notre marche, et le trouvaient trop fort et blessant. Peut-être le roi pensera-t'il que le mot pourrait être change ou placé de manière à ce qu'il ne fût pas mal inteiTprélé. » Je suis, avec le plus profond respect,
ï> Sire, » De Votre Majesté, » Le très-humble, très-obéissant serviteur et fidèle sujet.