UNE LEÇON BIEN COMPRISE
Mais les grandes vacances arrivèrent , et je ne revis pas mes amis , je ne revis pas la ferme ; et voici quelle en fut la cause malheureuse.
La distribution des prix allait avoir lieu , lorsqu'un de mes frères , qui venait d'achever sa rhétorique , tomha malade et mourut en quelques jours.
Je n'insisterai pas , lecteur , sur cet événement : vous avez eu vos peines , il est inutile d'y en ajouter d'autres. Je dois vous dire pourtant que celui de mes frères qui venait de mourir était un des bons élèves de sa classe; il obtint, en effet , à la distribution des prix , les principales nominations ; mais ce triomphe ne de^'ait être , à dix-sept ans , qu'un triomphe posthume.
La mort inopinée de ce garçon plein de vie , intelligent et laborieux , jeta mon père dans un
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accablement silencieux qui me surprit et m'émut, plus même que ne le firent les larmes de ma mère,
A quel point nous avons été chers à nos parents, nous ne l'apprenons qu'en ayant, à notre tour , des eniants. Cependant je commençai de comprendre jusqu'où allait pour les siens l'affection de mon père. D'ailleurs , j'avais moimême , et nous avions tous du chagrin de la
mort de ce frère Je sus ainsi combien sont
profonds les attachements de Êimille. J'avais fermé l'oreille , dans mon énonce , à bien des leçons , mais celle-ci fut entendue et comprise.
Ma mère , deux on trois jours après la catastrophe, nous recommanda de ne iaire aucun projet de sortie pour les vacances qui allaient commencer, parce qu'elle tenait , nous dit>-elle , à nous voir chaque jour réunis autour de notra père.
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HËHOIBES d'un IlfBÉCILE.
DNE BONNE VISITE.
J'eus pourtant , dans ces tristes vacances , un jour de grande joie. Lagorgote , un matin , arriva chez mon père. J'appris par lui que tout allait bien à la ferme ; je le questionnai sur les gens, sur les bètea ; mais , lorsqu'il partit, combien j'eus le cœur gros de ne le pouvoir suivre! Je le chargeai de complimenta pour toute la iamille ; je l'accompagnai jusqu'à son auberge , où je le vis monter dans la chère carriole. J'embrassai Coco , le petit cheval bai sur lequel j'avais pris, avec Désir, mes premières leçons d'équitation , et tout bas je lui recommandîu , au doux animal , de saluer pour moi bien amicalement la Noire et la Barrée , mes vaches £ivorites.
Cette entrevue avec le fermier eut pour moi le