PREMIERE PARTiE
appétit. Nous retournâmes au bord de la mer passer une couple d'heures à recueillir des cailloux , des varechs . des coquillages et toutes sortes de curiosités inconnues , entre autres des orties de mer (Méduses) , dont nous ne pouvions, à notre grande surprise, déterminer la nature.
Notre voyage fut, au retour, aussi joyeux qu'à l'aller et ne donna lieu à aucune aventure extraordinaire. Mais ce voyage au bord de la mer eut une influence féconde sur notre vie , à Désir et à moi , et voilà pourquoi je vous l'ai raconté.
Souvenez-vous seulement des orties de mer !
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MÉ«omE8 d'un imbécile.
ECOLAGE MUTUEL.
J'avais trois semaiues encore à rester à la ferme ; j'y continuai gaîment mes apprentissages avec Désir. Mais il arriva une chose à laquelle nous n'avions point pensé : pendant qu'il me formait si bien aux travaux rustiques , moi , de mon côté , sans j prendre garde , je fis dans un autre sens son éducation.
Cela commença un matin , dans la ri\'ière où nous étions à barboter ensemble : à propos de ce fait rappelé par Désir, qu'un caillou auMÎessous de l'eau semble moins lourd qu'au-dessus , je lui expliquai que , dans l'eau , tout objet pèse en moins le poids du liquide dont il tient la place.
Un autre jour, pendant un orage , mes explications du tonnerre firent sur son esprit une si forte impression , qu'il continua plusieurs soirs ù m'interroger sur le même sujet. Je mis dans meg
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réponses un tel ordre , une t«lle clarté , 1<!8 accompagnant de quelques expériences faciles ; je savais si bien toutes ces choses , qui venaient de me valoir un prix; j'avais, d'ailleurs, un élève si attentif et si intelligent , que le résultat de ces leçons dépassa ce qu'on eût pu prévoir.
Désir m'avoua plus tard que souvent il avait passé une partie des nuits sans dormir, tant il avait à cœur de comprendre et de retenir des choses si nouvelles pour lui.
Aussi, les vacances finies, lorsque je partis, il me dit :
— Tu es lieureux-de retourner au collège !
Et moi , je réi^ondis :
— Tu es heureux de rester à la ferme !
. Peut-être semblera-t-il que nous avions raison tous les deux.
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MÉMomES d'un iubëcile.
11 me fallut passer encore deux années au collège, car je devais être reçu bachelier : mon père y tenait; et j'y parvins en effet, mais je n'y parvins qu'après deux examens manques, La préparation de ces malheureux examens me causa un cassement de tétequi eût pu me rendre fou ; il ne m'en advint, je crois, qu'une recrudescence légère d'incapacité...
Du reste. J'étais, sur plusieurs points, d'une faiblesse désespérante , et je n'eusse été reçu ni au troisième , ni au quatrième examen , si mes bonnes réponses en mathématiques et en physique, et si ma bonne conduite n'eussent rendu pour moi les examinateurs bienveillants. J'eus en littérature, en rhétorique , en philosophie, des réponses restées proverbiales et qui , je crois ,