‹ Mémoires d'un imbécile: écrits par lui-mêmeChapitre 48 sur 98 · A EDOUARD · texte numérisé non relu

A EDOUARD

Eh bien ! nous serons Gaulois , mon cher Parisien , et nous tâchei-ons , les miens et moi , quand vous viendrez , de vous tenir en gaîtè. Du reste, voici que la ferme est en pleine allégresse, Got^otine vient de mettre au monde un petit' Gaulois des mieux constitués. Tu penses si la maison est en joie! Les aînés, surtout les fillettes, celles de Désir autant que les nôtres , en sont dans un vrai transport. Et les mères! que ne peux-tu voir Goi^otine et Toinette fêter le nouveau-né ?

Crois-tu le père moins heureux? Ah! que tu te tromperais , mon ami ! dans toute vie bien organisée, l'enfant, en naissant, apporte à sa famille des trésors de rajeunissement, de joie, de force. 11 y a , pour les père et mère , alors un épanouissement, un redoublement de forces cérébrales et

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I iO HÉIIOIBES D'ON lUBtelLE.

nerveuses que quelque jour la science observera et décrira sans doute ; mais qu'en attendant, moi, patriarche gaulois . je signale à ton attention.

C'est peut-être une découverte importante que j'indique ici aux physiologistes ; wais, découverte importante ou bêtise , je te dis la chose en riant de tout mon cœur , de ce bon rire qui , je crois , n'a été nulle part mieux connu , mieux pratiqué que chez les Gaulois,

Mais ne voilà-t-il pas que Désir est dépité de me voir prendre le pas sur lui en infanticuhure, et qu'il nous promet , lui aussi, son petit Gaulois pour le printemps prochain. On verra bien.

Sais-tu , cher Edouard , quel me paraît être aujourd'hui le premier des devoirs civiques ? C'est d'avoir beaucoup d'enfants. Nous en voici en tout dix à la ferme. C'est trop peu I et quelque- Ibis j'en rougis. Mon père en avait eu dix-neuf; et moi, fils indigne, je n'en suis encore qu'à sixî Désir en est honteusement à quatre. Le misérable! je l'en humilie tous les jours.

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