‹ Mémoires d'un imbécile: écrits par lui-mêmeChapitre 55 sur 98 · CE QU ETAIT LE JEUNE HOMME · texte numérisé non relu

CE QU ETAIT LE JEUNE HOMME

Le malheureux paraissait épuisé d'émotion , de fatigue , de feini. On retendit sur un lit . on lui fit prendre du bouillon chaud , du vin. Notre belle-sœur, qui l'examinait attentivement , toutà-coup s'écria :

— Vraiment! oui! c'est Amèdèe, notreneveu, le fils de votre frère Urbain!...

Urbain , dont je n'ai pas encore parlé , était le plus jeune de nos frères ; c'était aussi le seul qui ne se fût pas établi à Paris. Il avait épousé , dans une ville de province , la fille d'un architecte , auquel il avait succédé , et nous ne l'avions revu que bien peu depuis lors. Sa situation de fortune était restée toujours très précaire ; cependant son fils unique , Amédée , avait été mis au collège ; mais il en était sorti dés la rhétorique , renonçant aux examens , qui , dans l'état de gène

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où se trouvait son père , l'auraisnt mené trop loin , et puis le dégoût l'avait pris des piètres leçons qu'on recevait dans son petit collège. Il avait du goût et des dispositions très prononcées pour la physique. Un opticien, dont son père était l'ami , l'avait recommandé à un riche constructeur d'appareils électriques à Paris ; Amèdée , ■ entré dans ses ateliers comme simple ouvrier, s'y était feit remarquer par son travail intelligent. En peu de t«mps , en effet , il était devenu un électricien habile Il avait maintenant vingt-quatre ans.

Voilà ce que savait de lui notre belle-sœur.

Mais comment se trouvait-il au milieu de nous dans cet état déplorable î Nous l'ignorions , et lui-même ne pouvait nous l'apprendre , car il continuait de rester évanoui.

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