‹ Mémoires d'un imbécile: écrits par lui-mêmeChapitre 56 sur 98 · SUITE DU PRECEDENT · texte numérisé non relu

SUITE DU PRECEDENT

Son premier mot, en reprenant connaissance.

fut celui qu'il avait dit en entrant :

— Mon oncle !

Des larmes descendaient le long de ses joues ; il reprit :

— Mon oncle , ne me grondez pas !

— Les circonstances, il me semble, grondent assez autour de toi sans que je m'en mêle ; mais comment te trouves-tu ici à cette heure et dans un tel étatî

— A peine ai-je moi-même le souvenir exact de ce qui m'est arrivé. J'ai passé, je crois, en quelques semaines , par quatorze prisons ; j'ai été violenté, foulé aux pieds, enchaîné (voyez mes poignets). Par quelle circonstance extraordinaire me suis-je échappé au moment d'être transporté àCayenne? C'est encore un problème.

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IM UÉMOIBES d'un imbécile.

Dans la cour d'une prison de province, je me trouvais, ne sais comment, à l'écart de mes camarades ; je me mis tranquillement à marcher vers la porte ; elle était entr'ouverte ; je l'ouvris tout-à-Mt, me voilà dehors. Je continuai comme quelqu'un qui, sans se presser, vaque à ses affaires, et je sortis de la ville sans que personne eût pris garde k moi. Je marchai toute la soirée, toute la nuit , à travers la campagne ; mais où aller? Retourner à Paris était impossible. Chez mon père ? On ne manquerait pas d'y faire des recherches. Je devais même éviter les villes et les bourgades de quelque importance. Un mendiant que je rencontrai eut pitié de moi et me donna du pain. Je m'avisai alors que , de l'endroit où j'étais , il n'y avait pour venir chez vous que quarante lieues ; je les ai feites à, pied , en trois jours , sans autres ressources que mon morceau de pain , qui m'a duré jusqu'à ce matin.

Maintenant, oùmecacherai-je? et que faire en attendant que l'on m'ait oublié? Voilà sur quoi , mon oncle, j'attends votre conseil, résolu de partir pour l'endroit que vous m'indiquerez

Je croyais le récit terminé , mais il le reprit

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