UA JOIE CHEZ LE FERSUER
Ah ! que l'on était bien , qu'on respirait bien , que l'on rivait bien aux champs , sons les vieux arbr^ , au bord de la nvière , dans les blés et les bois ! et comme c'était gai , beau , vivant , vivifiant partout ! tons les sens à la fois tenus en éveil par les sons , les parfums , la rue I
Mais l'impression profonde, l'impression d'adoration et de respect me vint moins encore des choses que des gens.
Lorsque tous les matins , au chant du coq, au lever du soleil , je voyais papa Lagorgote donner à tous ses ordres , surveiller , diriger , activer la moisson ; lorsque je voyais les faucheux, sur un signe de sa main , enlever à la terre- ses grains , ses fourrages , qu'on portait ensuite à la grange ; quand , avec ça , je voyais au parc , à rétable , aui écuries . aux porcheries , aux basses-cours , toutes ces bètes qui lui doiauûent
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U 1IÉM0IRB3 d'un imbécile.
leur laine , leur lait , leurs œufe , leur chair , le père Lagoi^ote devenait à mes yeux comme le maître du monde.
Un jour que je le vis ensemencer uu champ , lançant son grain devant lui avec un geste plein d'ampleur et de majesté , je fus saisi d'une telle émotion , qu'il m'en est resté pour lui toute ma vie un respect que je n'eusse éprouvé (qu'on me le pardonne) pour aucun habitant des villes.
Le cher homme était , du reste, on ne peut plus digne d'estime : honnête et loyal en toutes choses ; il avait , avec cela , une sérénité , un calme, une justesse d'esprit, qu'on peut retrouver chez d'autres paysans , mais qu'à la ville il me semble n'avoir remarqués au même de^ré chez personne,
J'avais entendu dire cent fois que les gens delà campagne étaient ignorants ; mais un tel reproche ne pouvait évidemment s'appliquer au père Lagoi^ote : il savait labourer , Êiçonner , ensemencer la terre ; il savait recueillir les engrais , élever , soigner les bestiaui ; il savait tailler , greffer, écussonner les arbres ; je m'apercevais même qu'aux cas ordinaires U était un excellent